L’adénomyose est une affection gynécologique dans laquelle du tissu endométrial, normalement situé dans la cavité utérine, se développe au sein du muscle de l’utérus (le myomètre). Cela peut entraîner des douleurs pelviennes, des règles abondantes et parfois des problèmes de fertilité. Sa prévalence réelle est inconnue car le diagnostic reste difficile à établir. D’après l’Association française de lutte contre l’endométriose, cette maladie gynécologique touche environ 30% des femmes multipares (ayant eu plusieurs enfants) de plus de 40 ans. Quelles sont les causes de l’adénomyose utérine ? Comment se manifeste-t-elle ? Quelle est la différence avec l’endométriose ? Quelles solutions naturelles peuvent contribuer à soulager les symptômes, en complément du suivi médical ?
Définition : qu’est-ce que l’adénomyose ?
L’adénomyose est une forme d’endométriose qui se caractérise par la présence de tissu endométrial à l’intérieur du muscle utérin : le myomètre. Cette présence anormale provoque une inflammation locale, un épaississement de la paroi utérine et, chez certaines femmes, des douleurs importantes ou des règles particulièrement abondantes. “L’utérus peut doubler ou tripler de taille, mais généralement ne dépasse pas la taille d’un utérus à 12 semaines de gestation”, rapporte le Manuel MSD. Le diagnostic ne peut être posé que par un médecin. Il repose essentiellement sur une échographie ou une IRM pelvienne.
Les différentes formes d’adénomyose
L’adénomyose peut être :
- Focale : le tissu endométrial s’infiltre seulement dans une zone précise du myomètre, formant une sorte de “nodule” appelé adénomyome ;
- Diffuse : il s’agit de la forme la plus fréquente. Le tissu endométrial est disséminé dans l’ensemble du muscle utérin (myomètre), ce qui entraîne souvent une augmentation du volume de l’utérus ;
- Superficielle : l’adénomyose est dite superficielle quand elle n’envahit que les premières couches du muscle utérin ;
- Profonde : l’adénomyose profonde se traduit par une infiltration profonde du myomètre.
Quels sont les symptômes de l’adénomyose ?
L’adénomyose est le plus souvent asymptomatique et découverte de manière fortuite lors d’un examen d’imagerie réalisé pour tout autre motif : bilan d’infertilité, exploration de douleurs pelviennes, règles abondantes ou suivi gynécologique de routine. Chez d’autres, cette endométriose interne est marquée par des ménorragies (saignements menstruels importants), une dysménorrhée (règles douloureuses), et des métrorragies (pertes de sang en dehors des règles).
A noter : d’après l’Association française de lutte contre l’endométriose, l’adénomyose n’entraîne aucun symptôme dans 2 cas sur 3.
Quelles sont les causes de l’adénomyose ?
Les causes de l’adénomyose restent mal connues mais plusieurs hypothèses sont évoquées. Il s’agit probablement d’une maladie gynécologique multifactorielle :
- Des micro-lésions, des inflammations répétées, des interventions ou traumatismes utérins (césarienne, curetage…) au niveau de la jonction entre l’endomètre et le myomètre favoriseraient la pénétration du tissu endométrial dans le muscle utérin, contribuant au développement de l’adénomyose ;
- Un déséquilibre hormonal : l’adénomyose est fortement influencée par les œstrogènes, ce qui pourrait expliquer son apparition après plusieurs grossesses et son amélioration après la ménopause ;
- Un terrain d’inflammation chronique : cela pourrait favoriser la progression du tissu endométrial dans le muscle utérin (myomètre) ;
- Des prédispositions génétiques ou immunitaires : une réponse immunitaire anormale ou une prédisposition familiale pourraient encourager la survenue de l’adénomyose.
Quelle est la différence entre adénomyose et endométriose ?
L’adénomyose est souvent confondue avec l’endométriose. Pourtant, il s’agit de deux pathologies gynécologiques bien distinctes. Dans l’endométriose, le tissu endométrial migre en dehors de l’utérus, tandis que dans l’adénomyose, il reste à l’intérieur mais envahit le muscle utérin (myomètre). Cette distinction est essentielle car elle influence le diagnostic, les symptômes observés et les stratégies de traitement, qu’elles soient médicales ou complémentaires. Alors que l’endométriose peut toucher différentes zones du bassin, l’adénomyose se limite à l’utérus, mais son impact sur la qualité de vie, notamment à travers les dysménorrhées et les ménorragies, peut être tout aussi important.
Quels sont les risques d’une adénomyose non traitée ?
Une adénomyose non identifiée peut avoir des répercussions sur la santé et la qualité de vie :
- Une anémie ;
- Une diminution de la libido ;
- Une fatigue ;
- Des douleurs chroniques : dysménorrhées et douleurs pelviennes ;
- Des règles abondantes : ménorragies pouvant entraîner une anémie et de la fatigue ;
- Des troubles de la fertilité : difficultés à concevoir ou risque accru de fausse couche ;
- Une modification de l’utérus : hypertrophie et sensibilité accrue du muscle utérin ;
- Un impact psychologique : stress, anxiété et diminution de la qualité de vie.
Une consultation médicale est indispensable pour en comprendre les causes et bénéficier d’un suivi personnalisé.
Quelles solutions naturelles (naturopathie, alimentation, acupuncture…) pour soulager l’adénomyose ?
En complément du suivi médical, certaines approches naturelles peuvent aider à réduire la douleur et améliorer la qualité de vie.
- L’alimentation anti-inflammatoire est centrale : il convient de privilégier légumes verts, fruits rouges, poissons riches en oméga 3, curcuma ou gingembre, tout en limitant sucres raffinés, produits ultra-transformés et excès de viande rouge ou d’alcool.
- L’ostéopathie et la kinésithérapie du bassin permettent de relâcher les tensions, d’améliorer la circulation et de réduire les spasmes pelviens.
- L’acupuncture peut, quant à elle, diminuer les douleurs menstruelles et favoriser le bien-être général.
- La gestion du stress, via yoga doux, méditation ou sophrologie, joue également un rôle important, car le stress amplifie la perception de la douleur.
- Enfin, l’application de chaleur locale et les massages du bas-ventre contribuent à détendre les muscles et à soulager les crampes.
Ces approches complémentaires ne remplacent jamais une prise en charge médicale, mais peuvent constituer un soutien efficace pour mieux vivre avec l’adénomyose.
FAQ – Questions fréquentes sur l’adénomyose
L’adénomyose affecte-t-elle la fertilité ?
Oui, l’adénomyose peut compliquer la fertilité. L’inflammation de l’utérus et l’épaississement de sa paroi peuvent réduire les chances de conception naturelle.
Peut-on tomber enceinte avec une adénomyose ?
L’adénomyose ne constitue pas un obstacle systématique à la grossesse. Certaines femmes parviennent à concevoir naturellement ou avec assistance médicale (FIV), mais le taux de réussite peut être plus faible.
L’adénomyose peut-elle causer de l’anémie ?
Les règles abondantes et prolongées peuvent entraîner une perte de sang importante, provoquant une anémie ferriprive.
L’adénomyose est-elle responsable de douleurs durant les rapports sexuels (dyspareunie) ?
Oui. L’épaississement de la paroi utérine et l’inflammation peuvent provoquer des douleurs profondes pendant ou après les rapports.
L’adénomyose peut-elle disparaître d’elle-même ?
Non, l’adénomyose ne disparaît pas spontanément. Les symptômes peuvent néanmoins s’atténuer après la ménopause, quand les niveaux d’œstrogènes diminuent.
En résumé : ce qu’il faut retenir sur l’adénomyose
L’adénomyose est une maladie gynécologique bénigne caractérisée par la présence de tissu endométrial dans le muscle utérin. Elle peut causer des douleurs, des règles abondantes et parfois une anémie. Elle n’empêche pas de tomber enceinte, même si elle peut réduire légèrement la fertilité. Les symptômes diminuent souvent après la ménopause.
Les pratiques complémentaires peuvent accompagner la personne dans une meilleure gestion de la maladie et dans l’adoption d’habitudes de vie plus équilibrées, mais elles ne remplacent jamais un avis médical.
