La misophonie est un trouble entraînant une aversion intense envers des sons ou bruits spécifiques. La misophonie est encore trop souvent assimilée à une simple intolérance aux bruits. Pourtant, cette vision est réductrice. Les personnes concernées ne réagissent pas au volume sonore, ni à un environnement bruyant, mais à des sons déclencheurs précis : bruits de mastication, de respiration, de reniflement, de déglutition ou encore sons répétitifs produits par autrui, etc. Ces stimuli provoquent une réaction émotionnelle et corporelle immédiate, intense et involontaire.
Les origines du trouble
Toutes les sources scientifiques disponibles indiquent que la cause précise de l’apparition de la misophonie n’est pas connue à ce jour. Il n’existe pas de preuve solide qu’elle soit causée par un traumatisme ou un facteur génétique isolé de manière définitive.
La recherche montre des différences dans la manière dont le cerveau traite certains sons chez les personnes misophones, mais aucune cause claire, unique ou universelle n’a été établie par des études scientifiques à ce jour.
Par ailleurs, les personnes souffrant de misophonie présentent le plus souvent une audition périphérique normale. Le trouble ne relève pas d’une hypersensibilité auditive classique, ni d’un problème de seuil sonore.
La misophonie entraîne une réponse involontaire du système nerveux autonome
La misophonie repose principalement sur une hyperactivation du système nerveux autonome (SDA), qui interprète ces sons comme des signaux de danger.
La réponse est réflexe, rapide, et échappe au contrôle volontaire : cette réaction du système nerveux autonome (SDA) est automatique.
Elle ne dépend ni de la volonté, ni de la compréhension rationnelle de la situation. Les tentatives de contrôle ou de rationalisation renforcent souvent le sentiment d’impuissance et la culpabilité.
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Le rôle central du système nerveux autonome
Le SDA joue un rôle dans le maintien de l’homéostasie et est indépendant de la volonté. Il est constitué de deux systèmes aux actions opposées : le système orthosympathique et le système parasympathique.
Le système orthosympathique régule les réponses de survie : lutte, fuite ou sidération. En présence d’un son déclencheur, ces circuits s’activent comme s’il existait une menace réelle. Le corps réagit avant toute analyse consciente : accélération cardiaque, tensions musculaires, agitation interne, montée émotionnelle rapide.
Les facteurs aggravant de la misophonie
Fatigue, surcharge émotionnelle, pic de stress, terrain anxieux ou encore sédentarité diminuent la capacité du système nerveux à filtrer les stimuli. Le seuil de tolérance diminue, rendant les réactions misophoniques plus fréquentes et plus intenses.
Par ailleurs, plus le son est redouté, plus l’attention se focalise dessus. Cette focalisation renforce l’activation du système nerveux, ce qui rend la réaction plus rapide et plus difficile à réguler lors de l’exposition réelle.
Apaiser le système nerveux : un préalable thérapeutique essentiel pour mieux vivre avec la misophonie
La priorité est d’aider le système nerveux à retrouver des états de calme et de sécurité. Tant que le corps reste bloqué en mode danger, aucun travail durable sur le son n’est possible.
Le travail sur les sensations corporelles et la respiration contrôlée favorise le retour au présent, l’ancrage et diminue l’emballement physiologique. Il permet de réinstaller des repères de sécurité internes et contribuent à diminuer l’état d’alerte.
Sommeil de qualité, micro pauses régulières dans la journée et techniques de régulation du stress sont également de précieux pour apaiser le SDA.
Une fois que le SDA est apaisé, un travail d’exposition peut être amorcé, c’est uniquement à ce stade que les techniques de TCC et d’EMDR peuvent intervenir.
Conclusion
La misophonie n’est ni une fragilité ni un défaut de tolérance, mais l’expression d’un système nerveux en hyper-protection face à certains sons déclencheurs. Un accompagnement pertinent repose sur une compréhension fine des mécanismes neurophysiologiques, émotionnels et relationnels à l’œuvre, ainsi que sur une approche progressive et sécurisante.
L’accompagnement que je propose s’inscrit dans cette approche intégrative. Il s’appuie à la fois sur une expertise thérapeutique spécialisée dans la misophonie et sur une connaissance approfondie du trouble vécu de l’intérieur. Cette double lecture permet un accompagnement sérieux, empathique et ajusté aux réalités concrètes du quotidien des personnes concernées.
Les séances sont proposées en présentiel ou en visioconférence.
Je suis Aurélie DELMAS, psychopraticienne spécialisée dans l’accompagnement de la misophonie et atteinte de ce trouble depuis mon enfance. A l’aide de mon expertise clinique, d’outils concrets et de mon vécu personnel, j’ai créé un protocole d’accompagnement spécifique pour vous aider à vivre le plus sereinement possible avec le trouble misophone.
Les consultations sont proposées en cabinet à Bordeaux ainsi qu’en téléconsultation.
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