Menu

EMDR et brainspotting : quelles différences ?

29 avril 2026
oeil

Vous avez peut‑être déjà entendu parler de cette thérapie où l’on bouge les yeux pour apaiser un traumatisme ou une anxiété persistante. L’EMDR est aujourd’hui la plus connue. Une autre approche, peu répandue en France, attire de plus en plus les thérapeutes : le brainspotting. Une méthode qui part elle aussi du regard… Mais qui repose sur un principe différent.

Dans cet article, découvrez comment ces thérapies par mouvement oculaire fonctionnent, et pourquoi le brainspotting, étonnamment simple, pourrait aussi vous aider à réguler vos états émotionnels ou à surmonter un événement difficile.

Qu’est-ce que la thérapie par mouvement oculaire ?

L’expression « thérapie par mouvement oculaire » désigne les approches thérapeutiques qui utilisent le regard comme point d’entrée pour apaiser un stress, un traumatisme ou une émotion difficile.

La plus connue d’entre elles est l’EMDR, pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires). Elle est aujourd’hui suffisamment populaire pour être associée à l’image d’un thérapeute guidant le regard avec ses doigts, afin d’aider le cerveau à retraiter un souvenir ou une information.

Si le terme de thérapie par mouvement oculaire est utilisé, c’est parce qu’il décrit très simplement ce que l’on observe en séance : un travail qui passe par les mouvements des yeux ou par la focalisation du regard. Il existe plusieurs méthodes, chacune avec sa logique, son rythme et sa manière d’utiliser les yeux.

L’EMDR est la plus répandue et la plus documentée. C’est elle d’ailleurs qui a popularisé cette manière d’utiliser le regard en psychothérapie. Dans la partie suivante, découvrons plus en détail l’origine de cette technique et pourquoi elle est devenue une référence dans le traitement du trauma.

mouvement par les yeux EMDR

EMDR et Brainspotting : Soulagez vos traumatismes

L’EMDR est une approche thérapeutique puissante pour traiter les traumatismes émotionnels. Retrouvez un Thérapeute EMDR à Lille, un Thérapeute EMDR à Lyon ou un Thérapeute EMDR à Nantes pour débuter votre chemin vers la guérison. Ces thérapies peuvent vous aider à dépasser les blocages du passé.

Vous recherchez un accompagnement personnalisé ? Trouvez des Praticiens en EMDR près de chez vous pour vous aider à vous reconstruire et à retrouver un équilibre intérieur.

EMDR : la thérapie par les yeux la plus reconnue

L’EMDR a vu le jour en 1987 grâce à une découverte surprenante. Sa fondatrice, la psychologue américaine Francine Shapiro, remarque par hasard que le fait de bouger rapidement les yeux de gauche à droite tout en pensant à un événement difficile diminue presque instantanément la charge émotionnelle associée à ce souvenir. Intriguée, elle approfondit cette observation et élabore un protocole précis, qui deviendra l’EMDR.

Avec les années, de nombreuses études ont confirmé l’efficacité de cette thérapie par mouvement oculaire, notamment pour traiter les traumatismes psychiques et les états de stress post‑traumatique.

Ces travaux ont conduit à une reconnaissance officielle par les autorités de santé, notamment en 2007 par la Haute Autorité de Santé qui la recommande comme psychothérapie de première intention pour le trauma. L’OMS l’approuve en 2013.

En France, l’EMDR s’est fait connaître auprès du grand public grâce au psychiatre et chercheur David Servan‑Schreiber, qui en parle dans ses ouvrages, dont le livre célèbre Anticancer. Il a largement contribué à diffuser cette méthode et à la rendre accessible au plus grand nombre.

Centré à l’origine sur le stress post-traumatique, le champ d’application de l’EMDR s’est élargi et recouvre aujourd’hui des problématiques variées : dépression, anxiété, angoisse, phobies, blessures émotionnelles, chocs, douleur chronique…

Brainspotting : une technique de régulation émotionnelle plus récente centrée sur un point oculaire

Intéressons‑nous à présent à une technique étonnante et encore discrète en France : le brainspotting. Cette technique a vu le jour aux Etats-Unis au début des années 2000, dans la continuité des travaux menés autour de l’EMDR.

Son créateur, le psychothérapeute américain David Grand, observe qu’un simple point précis dans le champ visuel peut activer une émotion, une tension corporelle ou un souvenir enfoui. Il développe alors une approche qui utilise non pas directement le mouvement des yeux, mais la focalisation du regard sur un point fixe.

Le principe est simple : le thérapeute aide la personne à repérer un « brainspot », c’est‑à‑dire un point oculaire qui active son système nerveux par une sensation, une émotion, un souvenir difficile.

Une fois ce « spot » identifié, le regard reste posé dessus, sans mouvement. À partir de cette focalisation stable, le cerveau sait où retraiter ce qui remonte, sans protocole particulier. C’est là que réside toute sa simplicité.

Rien d’autre à faire que de regarder un point fixe et se laisser traverser par les sensations éventuelles : une tension corporelle, une image qui surgit… Le process n’entraîne pas nécessairement une réaction immédiate, mais peut se manifester dans les heures ou les jours suivants, notamment au cours des rêves nocturnes.

Cette technique est souvent décrite comme plus douce, plus corporelle et plus intuitive que l’EMDR. Elle est utilisée pour accompagner le stress, les troubles anxieux, les traumas, les charges émotionnelles, un mal-être diffus, etc.

Encore peu connue en France, cette méthode gagne progressivement en visibilité, notamment auprès des thérapeutes qui travaillent sur la régulation du système nerveux et les approches psycho-émotionnelles.

Le premier ouvrage publié en France sur le sujet a été écrit par le Dr Christian Zaczyk.

séance thérapie brainspotting

EMDR et Brainspotting : deux façons d’utiliser le regard en thérapie

Après avoir présenté chacune des deux approches, voyons maintenant comment elles se déploient concrètement en séance. Même si l’EMDR et le brainspotting ont en commun le regard comme point d’ancrage, leur mécanisme et leur manière de solliciter le système nerveux sont différents.

Comment se passe une séance d’EMDR ?

En EMDR, la personne se remémore un souvenir douloureux et observe les pensées, émotions et sensations qui y sont associées. Le thérapeute guide son regard de gauche à droite, à l’aide de ses doigts, d’une lumière ou de sons alternés. Ces stimulations bilatérales activent un mécanisme naturel de retraitement de l’information. Les mouvements oculaires permettent au cerveau de diminuer progressivement la charge émotionnelle.

Une séance d’EMDR suit un protocole structuré en plusieurs phases : narration d’une problématique par la personne, préparation, retraitement, installation de ressources positives, vérification corporelle et clôture.

Comment se déroule une séance de brainspotting ?

Vous l’avez compris, en brainspotting, il n’y a pas de mouvement oculaire mais le regard est sollicité. À l’aide d’une baguette, le thérapeute aide la personne à repérer un point fixe dans son champ visuel, le spot, qui active une sensation, une émotion ou une tension interne.

Une fois ce point trouvé, le regard se fixe dessus tout du long. La séance se déroule dans l’immobilité du regard, laissant le système nerveux retraiter ce qui remonte naturellement.

Le thérapeute maintient son pointeur sur le point fixe et suit attentivement l’expérience de son patient : sa respiration, ses réactions éventuelles, ce qu’il souhaite verbaliser ou pas… Il n’analyse pas, ne cherche pas à interpréter. Pour résoudre un trauma, le cerveau n’attend ni explication ni commentaire : il a simplement besoin d’être en sécurité pour faire son travail.

Synthèse : différences entre EMDR et Brainspotting

EMDR

Brainspotting

Mouvement des yeux Mouvements bilatéraux guidés Regard fixe sur un point
Rôle du thérapeute Actif. Il guide le rythme Plus observateur. Il suit le processus interne du patient
Protocole Précis en plusieurs phases Approche intuitive, non protocolaire.
Point d’entrée Souvenir + stimulation bilatérale Souvenir et sensation corporelle + repérage du point oculaire
Rythme Cadencé, séquences courtes Plus lent, plus profond, plus somatique
Sensation en séance Activation émotionnelle et diminution progressive Activation corporelle, parfois subtile ou différée
Objectif Retraiter un souvenir traumatique Réguler le système nerveux et libérer des blocages

Retenez que l’EMDR est une thérapie par mouvement oculaire, qui agit en retraitant un souvenir perturbant grâce aux mouvements bilatéraux des yeux. Le brainspotting, lui, travaille à partir d’un point dans le champ visuel qui active une sensation interne et engage le système nerveux dans un retraitement plus corporel.

Comment s’orienter entre EMDR et brainspotting ?

Les deux méthodes ne sont pas exclusives l’une de l’autre : l’une est plus structurée, l’autre plus somatique. Le choix dépend souvent de la sensibilité de la personne, de son rapport au corps et de la manière dont elle vit ses émotions. Elles peuvent aussi compléter d’autres approches plus analytiques, comme les psychothérapies classiques.

Voici quelques repères pour vous guider dans votre choix.

  • Besoin de structure : l’EMDR propose un cadre et des étapes définies. Certaines personnes se sentent rassurées par cette procédure guidée.
  • Rapport au corps : le brainspotting peut convenir aux personnes qui perçoivent leurs émotions d’abord dans le corps, ou qui ont du mal à mettre des mots sur ce qu’elles ressentent.
  • Rythme souhaité : l’EMDR avance par séquences. Le brainspotting laisse plus de place à la lenteur et à l’exploration interne. La durée d’une séance est d’ailleurs très variable.
  • Sensibilité personnelle : certaines personnes se sentent attirées par une approche plus cérébrale, d’autres par une approche plus somatique. Le brainspotting dispense d’une verbalisation poussée, ce qui peut perturber les profils habitués à la parole analytique.

Au‑delà du choix de la thérapie par les yeux, la relation avec le thérapeute et le sentiment de sécurité en séance sont essentiels, deux conditions pour vous conforter que vous êtes au bon endroit (en plus, bien sûr, de la formation du professionnel).

 Vous l’avez compris, l’EMDR et le brainspotting ont leurs propres spécificités. Elles offrent deux voies différentes pour libérer ce qui pèse, chacune avec son rythme, sa méthode et sa manière de se relier au système nerveux. L’essentiel n’est pas de choisir une approche meilleure que l’autre, mais de trouver celle dans laquelle on se sent en sécurité et accompagné.

Parfois, il suffit d’une parole, d’un mouvement. Parfois, d’un point fixe. Et toujours, d’un espace où l’on peut se poser et être… enfin !

Pour poursuivre votre découverte, voici deux ouvrages de référence :

La Thérapie brainspotting, David Grand, Editions Guy Tredaniel

Guérir de ses traumatismes avec le brainspotting, Christian Zaczyk, Editions Odile Jacob

Questions fréquentes-FAQ

Quelle est la différence principale entre EMDR et brainspotting ?

L’EMDR utilise des mouvements oculaires bilatéraux guidés. Le brainspotting travaille à partir d’un point fixe dans le champ visuel qui active une sensation interne.

L’EMDR suit un protocole précis tandis que le brainspotting est plus libre, plus intuitif et focalisé sur les sensations corporelles.

Entre le brainspotting et l’EMDR, laquelle est la plus scientifiquement prouvée ? 

L’EMDR est étudié depuis de nombreuses années et a prouvé son efficacité notamment face au stress post-traumatique. Il est désormais recommandé notamment par l’OMS, l’INSERM et la HAS. Les travaux sont encore limités pour le brainspotting, mais se développent de plus en plus. Une étude comparative de 2017 a montré que l’EMDR et le brainspotting présentent des effets comparables sur la réduction du stress post‑traumatique.

Combien de séances sont nécessaires pour les thérapies par mouvement oculaire ?

Il n’existe pas de durée standard, ni pour l’EMDR ni pour le brainspotting. Certaines personnes ressentent un apaisement en quelques séances, d’autres ont besoin d’un travail plus progressif. Tout dépend aussi de la nature de la problématique de départ.

Brainspotting et EMDR : y a-t-il des contre-indications ?

Ces approches ne conviennent pas à toutes les situations. En cas de trouble psychiatrique sévère, d’état de crise aiguë ou de grande instabilité émotionnelle, il est préférable d’en parler avec un professionnel de santé avant de vous engager dans ce type de travail.

Quels sont les effets secondaires du Brainspotting ?

Lors de la séance, certaines personnes peuvent ressentir des inconforts physiques ou émotionnels pendant que le cerveau retraite les informations. Après, il est possible de ressentir de la fatigue ou plus d’émotivité, et de voir des souvenirs remonter à la surface. Cela prouve que le travail de traitement se poursuit. Ces effets sont temporaires. 

Trouvez facilement le praticien qui vous convient près de vous
  • Praticiens diplômés et vérifiés
  • Disponibles dans votre région
Trouver mon thérapeute
Florence Thesmar A propos de l'auteur
Trouver mon thérapeute
Trouvez facilement le praticien qui vous convient près de vous