Stress post-traumatique

Quand on traverse un événement qui dépasse tout ce qu’on pensait pouvoir gérer, il peut rester comme une onde de choc qui continue de résonner longtemps après. Le stress post-traumatique, c’est justement ce que certaines personnes vivent : des souvenirs qui reviennent, un corps qui reste en alerte, des émotions qui débordent sans prévenir. Ce n’est pas un signe de faiblesse, ni quelque chose que l’on “devrait réussir à surmonter seul·e”. Comprendre ce qui se passe, reconnaître les signes et savoir vers qui se tourner peut vraiment aider à retrouver un peu de sécurité intérieure et à commencer un chemin de reconstruction.

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Stress post-traumatique illustration

Le stress post-traumatique c’est quoi ?

Le stress post-traumatique (SPT) est un état qui peut apparaître après avoir vécu ou été témoin d’un événement extrêmement choquant, menaçant ou violent. L’horreur et l’impuissance ressenties au moment du traumatisme peuvent provoquer une réaction de peur intense qui bouleverse durablement la personne. Selon les données disponibles, près de 9 % des personnes confrontées à un événement traumatisant développeraient un SPT, avec une prévalence d’environ 5 % chez les hommes et 10 à 12 % chez les femmes.

 

D’après le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), le stress post-traumatique se caractérise par trois grands groupes de symptômes :

  • Les symptômes de reviviscence : la personne peut revivre la scène traumatique sous forme de flashs, de cauchemars, de ruminations ou d’hallucinations visuelles ou auditives. Ces manifestations peuvent survenir avec ou sans stimulus déclencheur.
  • Les symptômes émotionnels et d’évitement : irritabilité, nervosité, difficultés de concentration, insomnie, mais aussi évitement actif de tout ce qui rappelle l’événement (lieux, situations, personnes…).
  • Les symptômes d’hypervigilance : sursauts excessifs, état d’alerte permanent, perception exagérée du danger.

Lorsque les symptômes durent moins de trois mois, on parle de SPT aigu, au-delà de trois mois, il devient chronique. Dans près de la moitié des cas, le syndrome peut persister plus d’un an.

 

Le SPT peut également s’accompagner de manifestations psychosomatiques telles que des troubles digestifs, des réactions cutanées ou des douleurs cardiovasculaires, ainsi que d’un risque accru de troubles anxieux, de symptômes dépressifs ou d’usage de substances. Il nécessite impérativement un accompagnement médical spécialisé.

 

Quels sont les signes ou manifestations du stress post-traumatique ?

Les manifestations du SPT varient selon les personnes, la nature du traumatisme et son intensité. Elles apparaissent souvent de manière progressive et peuvent sembler déconcertantes lorsqu’on ne fait pas encore le lien avec le traumatisme vécu. Certaines concernent directement les émotions, d’autres se traduisent par des sensations physiques ou des réactions comportementales. Les signes les plus fréquents sont :

  • Reviviscences ou flashbacks, cauchemars, souvenirs intrusifs
  • Évitement de situations, lieux ou conversations liés au traumatisme
  • Hypervigilance, sursauts, tension corporelle constante
  • Difficultés de concentration, irritabilité, agitation
  • Troubles du sommeil
  • Fatigue émotionnelle ou sentiment d’être vidé
  • Parfois, manifestations physiques : troubles digestifs, réactions cutanées, tension cardiaque

Ces symptômes peuvent interférer avec la vie quotidienne, les relations sociales et la capacité à travailler ou à se concentrer.

 

Quelles sont les causes possibles du stress post-traumatique ?

Le SPT survient à la suite d’un événement traumatisant, mais la manière dont il s’installe dépend de nombreux facteurs propres à chaque personne : l’intensité du choc, la manière dont il a été vécu, les ressources disponibles au moment des faits et l’entourage présent après l’événement. Ce traumatisme peut être lié à :

  • Un accident grave
  • Une agression physique ou sexuelle
  • Un attentat, une catastrophe naturelle ou un acte de violence
  • Un traumatisme vécu dans le cadre professionnel (secouristes, militaires, métiers d'exposition)
  • Le fait d’avoir été témoin direct d’un événement traumatisant

Plusieurs facteurs influencent le développement du SPT : l’intensité du choc, le vécu personnel, les ressources émotionnelles, l’environnement social ou encore un antécédent de traumatisme.

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Quels peuvent être les risques ou conséquences d’un stress post-traumatique non pris en compte ?

Lorsqu’il n’est pas pris en compte, le stress post-traumatique peut perturber progressivement plusieurs aspects de la vie quotidienne. Les conséquences ne sont pas uniquement émotionnelles : elles peuvent toucher la santé, les relations sociales et l’équilibre général. Sans accompagnement, le stress post-traumatique peut :

  • S’aggraver et s’ancrer dans le temps
  • Entraîner une altération du fonctionnement quotidien (travail, relations, sommeil)
  • Favoriser des troubles anxieux, symptômes dépressifs ou un usage de substances
  • Renforcer l’isolement social
  • Provoquer diverses manifestations psychosomatiques (digestives, cutanées, cardiovasculaires)

Une prise en charge précoce est essentielle pour limiter ces impacts et soutenir la reconstruction.

 

Comment agir face au stress post-traumatique ?

Face au SPT, il est essentiel de mettre en place des actions permettant de retrouver un sentiment de sécurité et de soutien. La première étape consiste souvent à reconnaître que quelque chose ne va pas et à accepter de demander de l’aide. Parmi les mesures utiles :

  • Consulter un médecin spécialiste de la santé mentale, indispensable pour évaluer la situation et proposer un accompagnement adapté
  • Être entouré d’un environnement sécurisant et bienveillant
  • Exprimer son vécu auprès d’un professionnel ou d'une personne de confiance
  • Éviter les situations qui réactivent le traumatisme tant que l’accompagnement n’est pas mis en place
  • Retrouver progressivement un rythme de vie structurant (sommeil, alimentation, activité physique adaptée)

Chaque parcours est unique, et la prise en charge doit être personnalisée et encadrée par un professionnel de santé.

 

Comment les pratiques complémentaires peuvent-elles accompagner le stress post-traumatique ?

Les pratiques complémentaires ne traitent pas directement le traumatisme, mais elles peuvent contribuer à apaiser le corps et le mental lorsque ceux-ci restent en état d’alerte. Elles offrent un espace de respiration et de soutien, idéal en complément d’un suivi médical spécialisé. Elles peuvent aider à :

  • Favoriser un apaisement émotionnel
  • Diminuer certaines tensions corporelles liées à la vigilance permanente
  • Soutenir la gestion du stress
  • Encourager une meilleure perception des sensations corporelles
  • Créer un espace de calme, de respiration et de recentrage

Elles n’ont jamais vocation à traiter le SPT, mais elles peuvent accompagner la personne dans son cheminement vers un mieux-être.

Le rôle d’un praticien dans l’accompagnement du stress post-traumatique

Le praticien ne soigne pas le SPT et ne pose aucun diagnostic. En revanche, il peut :

  • Proposer un espace d’écoute et de sécurité
  • Accompagner la régulation émotionnelle
  • Favoriser un relâchement corporel global
  • Encourager l’expression des ressentis dans un cadre sécurisé
  • Soutenir la personne dans la reconnexion progressive à ses ressources

Son intervention se fait toujours en complément d’un accompagnement psychologique ou médical.

 

Quand consulter un professionnel de santé en cas de stress post-traumatique ?

Il est indispensable de consulter lorsque :

  • Les symptômes s’installent ou s’intensifient
  • Les reviviscences deviennent envahissantes
  • Le sommeil ou le quotidien sont fortement perturbés
  • Des manifestations physiques importantes apparaissent
  • Vous éprouvez un sentiment de danger constant
  • Vous éprouvez une détresse émotionnelle importante

Un professionnel de santé mentale pourra proposer un suivi adapté et sécurisant.

 

Questions fréquentes sur le stress post-traumatique

Le stress post-traumatique disparaît-il toujours avec le temps ?

Non, il peut persister longtemps sans accompagnement. Une prise en charge spécialisée est essentielle pour favoriser l’apaisement.

Le SPT peut-il apparaître longtemps après le traumatisme ?

Oui, certains symptômes peuvent apparaître plusieurs semaines ou mois après l’événement.

Le stress post-traumatique peut-il évoluer avec le temps ?

Oui, son intensité peut fluctuer : certains symptômes peuvent diminuer progressivement, tandis que d’autres peuvent réapparaître lors de situations rappelant le traumatisme. Un accompagnement professionnel permet de mieux comprendre ces variations et de soutenir la récupération.

Une personne peut-elle être en SPT sans s’en rendre compte ?

Oui, certains symptômes comme l’évitement ou la fatigue émotionnelle peuvent passer inaperçus au début.

 

En résumé : ce qu’il faut retenir sur le stress post-traumatique

Le stress post-traumatique survient après un événement bouleversant et se manifeste par des symptômes de reviviscence, d’évitement et d’hypervigilance. Il peut durer plusieurs mois voire davantage sans accompagnement.

 

Un suivi médical spécialisé est indispensable pour favoriser la reconstruction. Les pratiques complémentaires peuvent soutenir l’apaisement émotionnel et corporel, toujours en complément d’un encadrement professionnel.

Consultez d’abord votre médecin avant de faire appel aux pratiques complémentaires.

MSD Manuals - Trouble de stress post-traumatique (TSPT)

VIDAL - Etat de stress post traumatique (ESPT)

Service de santé des Armées - Dossier ESPT - Tout savoir sur l'ESPT

 

Cremniter, D., & Laurent, A. (2005). Syndrome de stress post-traumatique: clinique et thérapie. EMC-Toxicologie-Pathologie, 2(4), 178-184.

 

Ferreri, M. (1996). Névrose traumatique ou état de stress post-traumatique: repères cliniques et aspects thérapeutiques. L'encéphale, 22, 7-14.

 

Jolly, A. (2000). Evénements traumatiques et état de stress post-traumatique. Une revue de la littérature épidemiologique. Ann. Méd-Psychol, 158(5), 370-379.

 

Bachelart, M., Bioy, A., & Crocq, L. (2013, November). L’hypnose ericksonienne et sa pratique dans le trauma psychique. In Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique (Vol. 171, No. 9, pp. 667-670). Elsevier Masson.

 

Shapiro., F (2014). Le rôle de la psychothérapie EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) en médecine : traiter les symptômes psychologiques et physiques issus d'expériences de vie défavorables. The Permanente Journal.

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