/ Maux et douleurs

Comment traiter la maladie de Lyme et l'accompagner avec la naturopathie ?

Causée par les piqûres de tiques, la maladie de Lyme peut être très dangereuse si elle n’est pas décelée et traitée.

Petit récapitulatif des bons réflexes à avoir avant d’affronter les tiques estivales et coup d’œil sur l’accompagnement en naturopathie qui peut être proposé lorsque la maladie se présente. Michel Pereira, naturopathe du réseau Médoucine, fait le point avec nous.

La maladie de Lyme : qu’est-ce que c’est ?

Aussi appelée borréliose de Lyme, cette maladie est causée par des bactéries transmises par des morsures de tique. Elle évolue sur plusieurs années voire décennies en passant par 3 stades parfois entrecoupés de périodes de latence et qui peuvent se chevaucher pour certains symptômes (ce qui rend la maladie assez difficile à diagnostiquer).

Le premier stade survient entre 3 et 30 jours après l’inoculation de la maladie. Il s’agit d’une manifestation cutanée représentée par érythème migrant (une tache rouge ou rose qui s’étend de façon centrifuge jusqu’à 15cm de diamètre autour de la piqûre de tique). Cette rougeur pourra être absente dans 20 à 30% des cas ou passera simplement inaperçue. Le premier stade pourra également s’accompagner d’un syndrome grippal (fièvre, fatigue, courbature…).

Le second stade intervient dans les semaines ou mois qui suivent l’inoculation. On y observe l’apparition d’une fatigue chronique, des douleurs articulaires et/ou musculaires, des troubles cardiaques, psychiatriques ou neurologiques (on parle de neuroborréliose), ophtalmiques… Les symptômes varient d’une personne à une autre et on peut alors la confondre avec de la fibromyalgie, de la fatigue chronique ou encore de la sclérose en plaques. C’est là tout le danger de la maladie de Lyme : elle est très difficile à diagnostiquer.

Enfin, le troisième stade, n’intervient que des mois, voire des années après l’inoculation. On rencontre alors une infection persistante, les atteintes du second stade deviennent chroniques.

La maladie de Lyme est en plein développement notamment en Europe et aux États-Unis, elle est présente dans 65 pays et est devenue la plus fréquente des maladies vectorielles transmise à l’homme dans l’hémisphère nord.

Qui plus est, après une infection, l’homme ne développe pas d’immunité protectrice. La maladie de Lyme peut donc être contractée plusieurs fois. Les borrélies (bactéries responsables de la maladie) sont très agressives et ont la capacité d’échapper aux défenses immunitaires. De plus, si le milieu est défavorable, elles se protègent et deviennent inaccessibles aux traitements antibiotiques.

Comment traiter la maladie de Lyme ?

Le premier geste est d’éviter la contamination. Si une tique est découverte sur le corps, il faut immédiatement l’extraire à l’aide d’un tire-tique (et uniquement avec cet accessoire que l’on trouve en pharmacie). En retirant la tique durant les 36 premières heures, le risque d’être infecté n’est que de 1%, car les borrélies ne sont à ce moment pas encore dans les glandes salivaires de la tique mais dans son tube digestif. Si elle n’est pas gorgée de sang, s’il n’y a pas de rougeurs et s’il n’y a pas de montée de température, aucun traitement ne sera nécessaire sauf dans le cas des femmes enceintes, des personnes immunodéprimées ou des jeunes enfants.

En revanche, si la tique a eu le temps de se gorger de sang, que l’on constate l’apparition de l’érythème migrant, d’une fièvre ou encore des douleurs au cours des jours, semaines ou mois qui suivent, il faudra consulter un médecin rapidement qui pourra préconiser un traitement antibiotique adapté jusqu’à la disparition des symptômes. Par ailleurs, il se peut que le premier traitement ne soit pas efficace, le médecin devra alors renforcer l’antibiothérapie et le maintenir dans la durée.

L’antibiothérapie est un traitement incontournable.

Mais on peut tout à fait accompagner le malade en naturopathie, notamment lorsque la maladie devient chronique.

L’approche naturopathique… et complémentaire

Dans les cas de maladie de Lyme, l’objectif de la naturopathie est de renforcer les capacités du système immunitaire, remonter le niveau d’énergie, lutter contre l’inflammation inhérente à la maladie et réduire les effets indésirables des antibiotiques. Le suivi s’adaptera en fonction de la personne touchée (femme enceinte, enfant, etc.).

Le premier réflexe de la naturopathie sera de conseiller une nutrition adaptée. Il faudra adopter une alimentation saine et biologique, anti-inflammatoire, et antioxydante. Il faudra réduire les aliments riches en sucres et à indice glycémique élevé, éviter de trop consommer des graisses animales et saturées, mais aussi des céréales contenant du gluten et des produits laitiers. Il faudra aussi éviter les fritures, les aliments fortement chauffés ou encore les préparations industrielles.

Ainsi, on préférera consommer des graisses insaturées avec des acides gras essentiels comme l’oméga 3 que l’on trouvera dans les huiles de première pression à froid, ou les petits poissons des mers froides (anchois, sardines, maquereaux). Il faudra augmenter la part de légumes (avec notamment des crucifères) et des fruits rouges pour leurs actions antioxydantes et anti-inflammatoires. Il faudra favoriser l’apport d’aliment fibreux : les légumineuses, les céréales semi-complètes, et bien sûr les aliments bio et frais les moins raffinés possible pour éviter les pesticides, les perturbateurs endocriniens et les conservateurs. Enfin, toujours côté alimentation, user et abuser des épices et aromates anti-inflammatoires comme la cannelle, le curcuma, le gingembre, le basilic, les clous de girofle, le romarin, le thym et le thé vert.

Ensuite, il faudra prendre soin de réduire son exposition aux toxiques environnementaux (pollution atmosphérique et électromagnétique, tabac, alcool, drogue, cosmétique et produits ménagers non bios,…). L’idée est de ne pas surcharger le foie de toxines, car il a déjà beaucoup de travail pour gérer l’infection.

Pour remonter l’immunité et se protéger des effets néfastes de l’antibiothérapie, qui dégrade et déséquilibre la flore intestinale, on fera appel à un mélange de prébiotiques et de probiotiques.

Plus spécifiquement pour l’immunité, on pourra utiliser des plantes et champignons tels que l’échinacée, le maïtaké, le reishi et le shiitake.

Pour remonter la vitalité, on veillera à avoir un sommeil réparateur, mais on pourra également prendre des complexes de vitamines, de magnésium, de zinc, coenzyme Q10 et autres.

Pour conclure, si vous avez été piqué par une tique et que vous suspectez des symptômes de la maladie de Lyme, ne perdez pas de temps et consultez un professionnel en médecine. Si le diagnostic est confirmé et qu’un traitement antibiotique est nécessaire, c’est à ce moment-là que la naturopathie vous sera d’une grande aide pour passer cette période de traitement et vous soutenir dans toutes les phases de cette maladie difficile à vivre au quotidien.

Par Michel Pereira, thérapeute certifiée et validée du réseau Medoucine.