Dans cet article
- L’histoire vraie de Valérie et les idées reçues autour de la ménopause
- Le silence autour de la ménopause : un risque réel
- Du repli sur soi…
- Jusqu’aux troubles de l’humeur proches de la dépression
- Comment la thérapie brève peut soulager la ménopause et les symptômes dépressifs ?
- Ménopause : une période essentielle pour prendre soin de sa santé mentale
Les informations disponibles sur les manifestations physiques de la périménopause et ménopause ne manquent pas, mais le saviez-vous ? Durant cette période, 30 % des femmes développent des signes de dépression tels qu’un manque d’énergie, de plaisir, de l’irritabilité (1).
Cette étape de vie bouscule notre corps et notre tête en impactant notamment notre image de nous-même, notre place familiale et dans notre couple, nos capacités et envies professionnelles, notre utilité sociale. Ces questionnements dégradent aussi notre santé mentale, avec un risque de symptômes dépressifs. La ménopause devient alors encore plus difficile à supporter, avec le risque d’entrer dans un cercle vicieux compliqué à briser.
Comment la thérapie brève systémique de Palo Alto peut vous aider à être plus sereine ? J’y réponds dans le détail en m’appuyant sur le témoignage de Valérie, une cliente souffrant des impacts de ces dérèglements hormonaux.
L’histoire vraie de Valérie et les idées reçues autour de la ménopause
Quand Valérie arrive à la première séance, elle ne me parle pas immédiatement de ménopause. Elle me dit juste qu’elle est déprimée, fatiguée, que tout l’agresse (bruits, odeurs) et se met à pleurer. Son médecin pense que c’est un épuisement professionnel, mais Valérie me confie que le problème n’est pas tant son travail, que des symptômes de périménopause, très difficiles à vivre et dont elle n’a pas voulu lui parler.
Elle me confie qu’elle n’aurait pas supporté qu’il lui dise « mais enfin, c’est un phénomène normal ! Depuis l’aube de l’humanité, toutes les femmes vivent cela, comme les règles, les douleurs de l’accouchement, c’est comme ça, il faut juste faire avec…».
Comme Valérie, beaucoup de femmes considèrent :
- que la ménopause est une période de vie comme une autre ;
- qu’il n’y a rien à faire de particulier ;
- qu’il faut juste attendre que ça passe ;
- qu’elle s’installe autour de 50 ans.
Elles ne font donc pas le lien quand les désagréments commencent plus tôt, dès la quarantaine.
Ménopause : Retrouvez sérénité et équilibre
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Le silence autour de la ménopause : un risque réel
Valérie a très peur des réactions de son entourage, si elle lui parle de périménopause. Elle décide donc de ne rien dire :
- à son compagnon, car elle a peur qu’il la regarde différemment « il va penser que je vieillis ! j’ai peur que cela affecte son désir pour moi » ;
- à ses amies et collègues, car elle n’a que 44 ans et que personne n’en parle. « J’ai l’impression d’être la seule à ressentir cela ! Si on vivait toutes les mêmes choses, on pourrait se soutenir et traverser cela ensemble. Mais, je me sens complètement décalée, ma meilleure amie a accouché de son petit dernier, il y a 2 ans…, elles vont donc me regarder comme une mamie. » ;
- à sa mère, qui se bat contre une maladie grave. « Elle souffre déjà beaucoup, je ne vais pas l’encombrer avec mes histoires. »
Comme Valérie, certaines femmes préfèrent taire leurs problèmes de périménopause pour différentes raisons :
- elles ont peur : cela reviendrait à acter, qu’elles prennent effectivement, de l’âge. Selon une mission réalisée par le Ministère de la santé, 46 % des femmes pré ménopausées n’en ont jamais parlé à leur conjoint.
- Elles ont honte et ne veulent pas être stigmatisées.
- Elles sont parfois aidantes de leurs parents vieillissants et ne veulent pas les inquiéter.
- Elles méconnaissent à la ménopause les symptômes dépressifs possibles et les autres désagréments et peuvent croire que se cache derrière d’autres problématiques (cancer, anomalies de la thyroïde…).
Du repli sur soi…
Les risques du tabou autour de la ménopause sont l’isolement, comme en fait l’expérience Valérie. Elle trouve des prétextes pour moins sortir, pour justifier qu’elle ne va plus courir (elle a mal aux articulations), elle refuse des dîners. Elle se renferme, se cache pour pleurer, quand l’émotion est trop forte et les difficultés psychologiques compliquées à gérer.
Bien malgré elle, Valérie se retrouve piégée dans des boucles qui maintiennent, voire aggravent le problème :
- moins elle ose en parler, moins l’entourage comprend, plus elle risque d’être jugée et malmenée ;
- plus elle s’isole, plus elle refuse des sorties, moins on l’invite, plus elle se sent isolée ;
- plus elle rumine le jour et la nuit, plus ses angoisses l’envahissent : de se sentir inutile, d’être moins désirable, de faire fuir l’autre, de mourir… Ce qui en plus détériore son sommeil ;
- plus elle s’exhorte à faire comme si de rien n’était, à travailler alors que le corps ne suit plus, à être aussi productive alors que le cerveau ne suit plus, à sortir alors que le cœur n’y est plus, moins elle y parvient.
Jusqu’aux troubles de l’humeur proches de la dépression
Comme son entourage ignore ce qu’elle traverse et n’a pas d’explications quant à ses changements d’attitude ou de comportements, chacun y va de sa propre interprétation et de ses jugements, pas toujours d’ailleurs bienveillants.
- Elle ressent alors des tensions dans son couple : « tu es plus agressive, tu as moins de libido… » , remarque son conjoint.
- Elle note des incompréhensions de la part de ses amies ou collègues : « tu ne viens plus aux soirées, tu es moins rigolote qu’avant…»
- Les remarques acerbes de sa mère la touchent : « tu viens me voir moins souvent, tu as mauvaise mine…».
Valérie reçoit tout cela en boomerang, ce qui accentue son regard négatif envers elle-même. Elle rumine beaucoup et ressasse des idées négatives.
- « Tout le monde me renvoie que c’est moi le problème… ils ont raison, je n’ai plus envie de rien, je reste à pleurer sur mon canapé, je suis vraiment nulle…
- Je ne cours plus, je ne suis plus capable de faire les mêmes choses qu’avant, je me sens diminuée…
- Si ça continue, plus personne ne voudra de moi…»
Ces pensées aggravent considérablement le malaise de Valérie et affectent chaque jour, un peu plus, sa santé mentale.
Comment la thérapie brève peut soulager la ménopause et les symptômes dépressifs ?
La thérapie Palo Alto
L’approche systémique et stratégique de Palo Alto repose sur le postulat que les solutions tentées par la personne pour résoudre son problème entretiennent ou aggravent la situation. Les solutions de Valérie sont les suivantes :
- l’isolement ;
- le silence ;
- l’arrêt du sport et des activités physiques ;
- le fait de ne pas vouloir « embêter » les autres ;
- les ruminations.
Ces comportements sont vains pour minimiser les impacts de la périménopause sur sa vie. Valérie est enfermée dans des boucles négatives, qui impactent ses relations et son estime d’elle-même, ce qui aggrave sa santé mentale.
Les stratégies expérimentées par Valérie
Après quelques séances de thérapie brève, Valérie a compris et mis en œuvre de nouvelles façons de gérer sa périménopause, vis-à-vis d’elle-même et de son entourage.
Comment ? Elle a activé des comportements inverses.
Très concrètement, Valérie a commencé à :
- en parler à son compagnon : bien que surpris que cette phase débute si jeune, il a mieux compris sa fatigue et ses sautes d’humeur ;
- se confier à ses amies : la parole s’est libérée et a permis à certaines d’entre elles, de partager qu’elles vivaient la même chose ;
- questionner sa mère : celle-ci a pu partager sa propre expérience et la rassurer pour la suite ;
- profiter des bienfaits de la marche dans la nature pour remettre son corps en mouvement et se ressourcer ;
- écrire des lettres d’émotions pour couper ses ruminations.
Valérie fait toujours face à des problèmes physiologiques liés à sa périménopause, mais elle a réalisé qu’elle n’était pas la seule à traverser cette période de troubles féminins à 44 ans. Elle a trouvé du soutien, de l’écoute, des retours d’expérience. Résultats ? Elle a réduit son anxiété et sa déprime.
Ménopause : une période essentielle pour prendre soin de sa santé mentale
Einstein disait « La folie, c’est de faire toujours les mêmes choses et de s’attendre à un résultat différent.» Avec l’approche de Palo Alto (couper ce qui aggrave ou maintient le problème), Valérie a changé sa perception de la situation et compris que ce n’était pas elle « le problème » mais les interactions qu’elle avait avec les autres et elle-même, vis-à-vis de sa situation.
Elle a repris les choses en main et commencé à agir différemment, pour couper les tentatives de solution, qui alimentaient son mal-être : sortir du silence, de l’isolement, reprendre une activité physique, couper les ruminations.
Ses relations avec son entourage sont redevenues plus soutenantes et cela a renforcé son estime d’elle-même.
A présent, la ménopause, avec ses symptômes dépressifs fluctuants, ne la déstabilisent plus autant : elle sait désormais y faire face avec douceur et détermination. Cela fait toute la différence !
Par Charlotte Mouiche, Thérapeute systémique vérifiée par Medoucine.
(1) : Source: www.universite-paris-saclay.fr/actualites/menopause-un-tabou-demystifier-pour-la-sante-des-femmes



