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Manger gras fait grossir : mythe ou réalité ?

D’après l’OMS, la prévalence de l’obésité a presque triplé au niveau mondial en 40 ans. Aujourd’hui, 13% de la population adulte mondiale est obèse, et 39% est en surpoids. En matière d’alimentation et de santé, les idées reçues infondées peuvent être tenaces. Parmi elles, manger gras ferait grossir…

Par Juliette Féburie, naturopathe certifiée et validée du réseau Medoucine.

Les différentes formes de gras dans l'organisme

Notre alimentation est composée de sucres (glucides), de gras (lipides) et de protéines, ainsi que de micro-nutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments, antioxydants…). On trouve malheureusement aussi des additifs (émulsifiants, colorants, exhausteurs de goût, arômes, conservateurs…).

Dans notre organisme, le gras existe sous deux formes différentes : les triglycérides (une molécule de glycérol et 3 acides gras) et les phospholipides (un acide phosphorique et 2 acides gras).

Les triglycérides représentent la forme de stockage du gras dans les tissus adipeux. Le gras est stocké pour servir en cas de besoin énergétique, en fonction de différents facteurs, comme certaines hormones (une exposition prolongée au cortisol : l’hormone du stress, ou bien un déficit en œstrogènes, par exemple).

Lors de leur transport dans les artères, ce sont les triglycérides qui créent des bouchons. Au-delà d’une quantité de base utile pour soutenir les organes et assurer une réserve décente en cas de besoin, les acides gras des triglycérides sont sans intérêt, voire nocifs.

Les phospholipides, eux, constituent toute la membrane de nos cellules, leur permettant ainsi de communiquer avec leur milieu et entre elles. Ils sont donc indispensables à notre fonctionnement. Or, la qualité d’un phospholipide dépend de la qualité des deux acides gras qui le composent. Plus les acides gras sont insaturés, plus ils sont fluides.

En effet, un acide gras trans (non-reconnu par l’organisme) ou saturé restera figé et dur, et l’information passera moins facilement que si l’acide gras est mono-insaturé (comme les Oméga 9), ou polyinsaturé (comme les Oméga 6 et les Oméga 3). Par exemple, avec beaucoup d’Omega 3, la peau sera plus souple, plus élastique, le système nerveux sera plus performant et résistant au stress. Les bons acides gras ne font donc pas grossir, car ils ne sont pas stockés dans les cellules adipeuses.

Mangez sain, mangez gras, mais du bon gras.

Les bons gras se trouvent dans les petits poissons gras comme le maquereau, la sardine, le flétan ou les anchois. Il se trouve également sous sa forme végétale dans les huiles de première pression à froid. On utilisera l’huile d’olive et l’huile de coco pour la cuisson et l’huile de colza, de noix, de cameline, de chanvre ou de lin dans les crudités et les salades ou versées dans l’assiette au moment de servir (car elles ne doivent pas être chauffées, et sont d’ailleurs à conserver au frais).

On trouve également des acides gras insaturés dans les oléagineux non-grillés (noix, noix de cajou, noix du brésil, amandes, noisettes…), ainsi que dans les olives et les avocats.

Pour limiter les mauvais gras, on évitera les aliments industriels, ultra-transformés, les chips, les gâteaux, les plats cuisinés, la charcuterie, les fritures, la sur-cuisson, les huiles raffinées, l’huile de palme, et la surconsommation de produits laitiers de vache et de viande.Pour être et rester en forme, et maîtriser votre poids, privilégiez une alimentation naturelle, avec des légumes prépondérants, une cuisine faite maison avec des produits bruts, et consommez des bons gras !

Par Juliette Féburie, naturopathe certifiée et validée du réseau Medoucine.