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Enfants gâtés, enfants rois, comment les gérer au quotidien ?

« Pénible », « fatiguant », « infernal », des adjectifs souvent employés pour désigner des enfants capricieux et parfois tyranniques.
Un comportement ingérable qui met rapidement à mal l’entourage de l’enfant.
Pourtant, se comporter comme un tyran ne fait pas partie des traits de caractère d’un enfant, mais il s’agit bien là d’un problème d’éducation.

Corinne Coquelin, sophrologue du réseau Medoucine, est souvent amenée à recevoir ces enfants roi trop gâtés et leurs parents épuisés.
Elle nous explique d’où provient ce type de comportement et comment y remédier.

L’importance du « non »

Les enfants sont naturellement très égocentriques jusqu’à l’entrée en grande section, c’est tout à fait normal et totalement acceptable puisque tout leur petit monde gravite autour d’eux. C’est passé cet âge qu’il faudra commencer à se poser des questions si l’enfant continue à n’écouter que ses désirs et à ne pas supporter l’autorité des adultes.

En effet, les enfants trop gâtés développent régulièrement un comportement dit « d’enfant roi ».
On entend par « gâter » un surplus de cadeau à la moindre demande, mais aussi un trop-plein de permissivité.

En somme, l’enfant ne connaît pas le refus. Refuser quelque chose à son enfant, que ce soit par principe ou pour sa sécurité lui permet d’avoir un cadre, des repères, des limites. Sans cela, l’enfant se perd et n’a plus conscience de ce qui est admissible ou pas.

Qui plus est, il prendra systématiquement les choses pour acquises et ne supportera pas la frustration provoquée par le « non ». Le résultat ? Caprices, colères, attitude inappropriée, l’enfant est habitué à faire ce qu’il veut et quand il veut.

Enfant roi, enfant malheureux

La perte de la valeur des choses et le manque de cadre sont un environnement anxiogène pour un enfant. Il se sentira, non seulement, en insécurité, mais également malheureux et désenchanté.

Oser l’autorité et le refus est donc impératif pour la structure psychologique d’un enfant et le développement de sa capacité à vivre avec les autres, il apprend ainsi la patience, il accepte le refus et gère sa frustration normalement.
Qui plus est, comblé un besoin immédiat par un jouet n’aura jamais autant de valeur que le sentiment de sécurité, le temps donné et partagé et la réponse aux besoins vitaux offerts par les parents.

Plus que pour obtenir une harmonie dans la vie quotidienne sans cris ni caprices, agir pour redonner des repères à l’enfant est indispensable pour son développement et son bonheur. En grandissant, les enfants rois peuvent rencontrer de grosses difficultés en milieu scolaire, les relations avec les autres sont compliquées et on observe également des problèmes de comportement face à l’autorité de façon globale.

Ne rien lâcher

Tant que l’enfant est sous l’autorité bienveillante de ses parents, tout peut encore changer. Cependant, plus vite on agira et mieux ce sera. Un enfant qui est allé trop loin dans l’escalade de la tyrannie aura certainement besoin d’un accompagnement (la sophrologie ou les thérapies cognitives et comportementales ont de bons résultats dans ces cas ) pour aider l’enfant à revenir dans un cadre raisonnable.

C’est une évidence, mais il est également important que les deux parents (qu’ils vivent sous le même toit ou non) soient en accord sur les limites à réinstaurer, car les tensions provoquées par un désaccord sur l’éducation affectent également les repères de l’enfant. Un accompagnement permettra de rééduquer l’enfant, mais aussi d’aider les parents qui n’ont pas toujours les clefs pour adapter leur mode de fonctionnement.

Enfin, il est important de rappeler qu’un enfant à qui l’ont dit « non » ne vous aimera pas moins, bien au contraire si vous êtes juste il acceptera votre autorité avec sérénité.

Par Corinne Coquelin, sophrologue de la communauté Medoucine, le réseau des praticiens de confiance.

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