Savez vous que le Stress et les Émotions mal emballées agissent sur la qualité de votre digestion ? Ajouter à cet état des repas trop longs, des ingrédients inhabituels ou des recettes que l’on sait d’avance qu’elles ne seront pas digérées mais que l’on mange souvent pour faire plaisir.
C’est qu’il en faut du temps après les repas de fêtes pour digérer. Et si cette année, vous mettiez tout de votre côté pour digérer cette étape de fin d’année le plus rapidement possible et arriver pour 2026 comme une fleur !
Digérer les Fêtes sur tous les plans
Êtes vous prêt physiquement pour le marathon digestif que vous allez parcourir ? Avez-vous votre dossard ? Quelle place voulez-vous à la ligne d’arrivée ? C’est avec un trait d’humour que je vous accompagne, certes, mais je pense que je ne me trompe pas de trop loin. Il peut y avoir dans ces rendez-vous familiaux de fins d’années des enjeux cruciaux dignes d’un concours sportif.
Je vous propose de clarifier ce qui se passe entre s’alimenter et le fonctionnement du système digestif pour comprendre comment digérer les fêtes.
1 – Manger ou se nourrir ?
Quelle est la différence entre manger et se nourrir ? Oui, je vous pose la question, parce qu’on se la pose rarement. Manger répond à un besoin primaire d’alimenter le corps physique pour lui apporter l’énergie nécessaire pour se mettre en action. Se nourrir, c’est bien au-delà du besoin primaire. Il s’agit de prendre en compte la culture culinaire familiale ou géographique….
Cela fait appel aux sens, notamment :
- L’odorat, on sent le plat qui est présenté (on sent aussi la préparation)
- Le toucher
- La texture des aliments ou la façon de les préparer sont différentes. On est d’accord qu’un avocat n’a pas la même texture qu’une carotte, qu’une pomme de terre rissolé est différente qu’une pomme de terre à l’eau.
- Le goût. Je connais une dame d’un certain âge qui adore les pommes de terre au four et qui détestent le goût de pommes de terre à l’eau, et ça pourrait être complètement l’inverse pour l’un d’entre vous. Le goût est en général une histoire assez personnelle et unique à chacun.
Nos sens interfèrent sur notre alimentation. Il suffit que l’on ait mangé un plat même simple en apprenant une mauvaise nouvelle pour que ce plat soit indigeste.
Dans l’idée de “Se nourrir”, il y a le plaisir de manger, quand on a assez conscience de l’effet bénéfique de ce que l’on mange sur nos propres cellules, ou quand on mange un plat, un légume, un fruit comme une madeleine de Proust.
On a tous ce petit aliment doudou que l’on prend plaisir à manger. Non ? Pour moi, en ce moment, c’est un Chaï Latte végétal avec plein de cannelle ! Pour vous, en ce moment, quelle est la préparation qui vous apporte réconfort ? Pensez à la préparer, si jamais vous avez besoin de réconfort. ça permet de souffler intérieurement.
Alors, j’ai une question à vous poser, pour les repas de fêtes, allez vous manger ? ou allez vous vous nourrir ? C’est une question de point de vue et de posture. Choisissez pour voir, et noter ce qui se passe pour vous, voir ce qui se joue, et comment votre corps et vos émotions réagissent.

2 – La digestion : tout un chemin intérieur
Alors, oui, la digestion se fait par étape. C’est pas juste on avale un truc vite fait et voilà, le travail est fait. On n’a très peu conscience de tout ce qui se met à notre service quand on utilise notre système digestif. J’ai toujours trouvé ce système assez incroyable.
Petit rappel des étapes importantes de la digestion :
- Absorption
- Transformation
- Discernement
- Assimilation
- Elimination
Absorption
Mettre en bouche ce qui est dans l’assiette (ou pas d’ailleurs, on a toujours le choix, et il est important de ne pas se forcer, si on se force, c’est une possibilité de ne pas digérer du tout). C’est déjà à cette étape que commence la digestion ! Parce que c’est là que l’on MACHE, c’est la base. Mâcher est la vraie première étape, et si on rate la première, toutes celles qui suivent vont être bancales. Si vous ne mâchez pas assez, vous demandez à votre estomac de broyer les aliments, alors qu’il n’a pas les outils pour… sinon, vraiment, l’estomac aurait des dents…. Tant qu’il n’en a pas, facilitons lui la tâche. Soyons sympa.
Transformation
Il s’agit bien de transformer ce qui est dans l’assiette en nutriment qui apporte ce qu’il faut aux cellules, regarder le plat dans l’assiette, regarder la taille d’une cellule, le travail est grandiose, n’est ce pas ! La transformation se fait par la mastication d’abord mais ensuite et surtout par l’estomac avec sa fonction mécanique (brassage) et sa fonction chimique (sucs gastriques). Il faut donc avoir l’estomac en paix pour les fêtes.
Je vous répète ici que l’action première pour prendre soin de l’estomac est de mâcher. Ensuite, il s’agit de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Et apprendre à dire “Stop” et “non merci, je me sens suffisamment nourri” ou une phrase qui vous convient à vous, avec laquelle vous êtes en accord surtout. C’est important. Je sais que ce n’est pas facile à poser, et encore moins en famille quand on n’a jamais osé dire stop à quelque chose qui ne nous convient pas.
Qu’est ce qui vous oblige à vous servir de trop ou vous resservir alors que vous n’en pouvez plus ? Est ce l’entrain ? L’ambiance ? est ce que c’est la discussion ? La dynamique de la soirée ? le regard des autres ? Ou bien, une vraie Faim ?
Discernement
Normalement, le système digestif, quand il est en bonne santé, sait faire le tri entre ce qui nourrit le corps et ce qui ne le nourrit pas. Il est capable de voir, garder les bons nutriments qui vont permettre de donner l’énergie nécessaire au corps pour fonctionner, c’est comme pour le carburant d’une voiture, si tu ne verses pas le bon carburant, la voiture ne roulera pas….
Idem pour le Corps, même s’il lui faut plus ou moins un certain laps de temps pour envoyer les signaux de détresse, en fonction de chaque personne. Le corps trie le bon grain de l’ivraie après chaque repas. Il est en capacité de discerner.
Je rappelle ici la définition de discerner : démêler, distinguer les choses et voir leur différence, c’est percevoir les choses.
Si votre corps sait discerner ce qui est bon pour lui, ce qui le nourrit profondément, il est intéressant d’aller voir du côté de son propre discernement intellectuel, non ? Faire peut-être un pas de côté, voir ce qui se joue pendant les fêtes, au niveau expérience (est ce que les choses se répètent d’année en année ? y a t il des blocages ?) au niveau émotionnel (est ce que c’est toujours la même histoire émotionnelle, joie ou tristesse ?)
Une petite idée à vous transmettre : Noter sur un carnet, sur un bloc note sur votre téléphone ou ailleurs tout ce qui se passe, sans forcément relire de suite, poser tout sur le papier ou l’écran et décanter. Revenez-y plus tard pour discerner.
En vous relisant, prêtez attention aux endroits où vous relatez les faits et les endroits où vous racontez votre version du film de ce qui a pu se passer, avez vous écrit votre ressenti émotionnel qui vous est propre ? ou est ce édulcoré ou aggravé ? ça peut permettre de mettre en exergue pas mal de fonctionnement, des schémas sur lesquels il est intéressant de se pencher pour se comprendre.
Assimilation
Une fois que le travail de discernement est fait, le corps va permettre aux cellules d’assimiler ce qui est bon pour lui. Il va intégrer ce qu’il a acquis de bons. Pareil pour soi, est ce que l’on a intégré la “Leçon” des expériences de ce que la vie propose ? Est ce que l’on garde facilement ce qui est bon pour soi, ou est ce que quelque chose entrave le processus ?
Élimination
Le système digestif (toujours quand il est en bonne santé) sort ses poubelles lui-même, hé oui ! Il jette ce qui ne lui sert plus, ce qui n’est pas nutritif. Il sait se débarrasser de ce qui l’encombre, de ce qui n’est pas utile pour lui. Il ne garde pas comme un poids mort ce qui n’est pas nécessaire à son énergie vitale.
J’aime beaucoup faire le parallèle entre le fonctionnement du système digestif et le propre cheminement de chacun. Je trouve qu’il peut y avoir beaucoup de similitudes.
J’aime aussi voir à quel endroit du système le blocage se trouve. Il faut bien entendu vérifier auprès des professionnels de santé s’il y a un vrai problème mécanique ou chimique et faire ce qu’il faut pour solutionner les problèmes. Rien n’empêche de réfléchir en parallèle sur comment on digère sa propre vie – physique, émotionnelle et mentale. Par exemple, un synonyme de Vomir, c’est Rendre, ça veut dire que l’on ne le veut pas pour soi (et encore moins en soi pour finir par l’assimiler). ça me fait toujours réfléchir personnellement.

3 – Des Conseils concrets pour mieux digérer les Fêtes
De voir, pendant ces périodes de fêtes, ce parallèle peut aider à savoir comment mettre en place ce qu’il faut pour bien digérer.
Conseil 1
Aborder les fêtes avec un bon état émotionnel. Vous pouvez mettre en place des respirations (comme celle de la cohérence cardiaque) qui permet de calmer les émotions et l’état de stress. Je vous transmets ici un lien qui permet de voir comment faire et d’en savoir plus.
Vous pouvez pratiquer cette respiration quelques jours avant les fêtes et même après.
Conseil 2
Si vous savez d’avance que vous allez croiser au repas une ou plusieurs personnes avec qui ça “coince”, vous pouvez écrire sur un papier sans restriction de mots quelques jours avant, ou la veille. Mais sans donner le papier à la personne concernée, bien évidemment.
Il ne s’agit de régler des comptes, mais de s’alléger de ce qui encombre, pour être face aux personnes plus détendues, et savoir discerner ce qui se passe. Vous pouvez vous relire à voix haute ce que vous avez écrit pour “vous entendre” vous et laissez sortir les émotions qui remontent à la surface, tout en douceur.
Conseil 3
Du mieux possible, ne pas utiliser le “TU” qui accuse, mais parler en JE – “je me sens”, “j’ai l’impression”, “j’ai la sensation”, “j’entends”, ou “je comprends, mais je …”.
Bon, on est d’accord que vous pouvez utiliser le “TU” pour “est ce que tu peux me passer le plat ?”
Conseil 4
Il y a des épices, des aromates, des condiments qui aident le système digestif à faire son travail. Ajoutez en dans vos plats, pas seulement les repas de fête, mettez-les pendant toutes les vacances et continuez ensuite.
Si vous avez le moindre doute sur une plante ou sur les contre-indications qu’il pourrait y avoir avec un traitement en cours, renseignez-vous auprès des professionnels de santé ou une pharmacie-herboristerie. Je vous transmets ici un article du Vidal qui relate les plantes qui peuvent vous aider.
Conseil 5
Si vous connaissez des ingrédients qui ne vous conviennent pas, personne n’a le droit de vous forcer à les manger. C’est votre santé et votre corps. Que vous ne mangiez pas comme tout le monde ne fait pas de vous quelqu’un de mauvais, je vous assure.
Conseil 6
Nourrir la qualité à la quantité. La qualité des ingrédients (bio de préférence, ou raisonner, ou en conscience), la qualité des instants. Vous aimez chanter ? Vous aimez courir, marcher ou danser ? Vous aimez lire, parler, regarder, écouter ? Faite le. Le principal est de s’accorder des instants de joie, qui peuvent aider grandement à passer ces périodes pas forcément simples de manière plus fluide et plus détendue.

Ce qu’il faut retenir
Dans cet article, je vous ai proposé un parallèle entre système digestif et chemin personnel . C’est une façon de voir les choses. Soyez toujours dans le discernement dans ce que vous lisez ou entendez. Votre corps sait vous dire quand ça ne va pas, il est précieux de le connaître et de l’écouter, en douceur. Vous pouvez également lire “Le charme discret de l’intestin” de Giulia Enders. C’est un bijou de compréhension du fonctionnement du corps.
Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année et que vous puissiez vous accorder beaucoup de douceur.
par Audrey RIGAUX, naturopathe vérifée par Médoucine.
