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Comprendre ce que mon corps me dit grâce au shiatsu

Par Valérie Loubet, praticienne en Shiatsu certifiée et validée du réseau Medoucine.


"Que me dit mon corps ?" Qui ne s'est pas posé cette question en ressentant des douleurs, soudaines, répétitives ou bien chroniques ?

La douleur est prise comme la cause de la souffrance, mais c’est parce qu’il y a une souffrance plus subtile et souvent inconsciente, qu’elle s’exprime par des douleurs dans le corps. Le corps n’a d’autres moyens pour s’exprimer que par des sensations qui peuvent être agréables comme désagréables. Et dans ce 2e cas ce n’est pas une fatalité mais des messages délivrés par le corps comme autant de signaux d’alerte.

Les réflexes face à la douleur

Notre premier réflexe face au signal désagréable est de le rejeter, voire de le nier. Mais s’il persiste et peut même s’amplifier, c’est pour attirer notre attention, un peu comme le ferait un bébé qui n’a d’autre manière que pleurer pour que nous le prenions dans nos bras et comprenions ses besoins. Une des causes les plus courantes de l’émergence d’un signal d’alerte est l’inhibition, le fait de taire ses ressentis et ses pensées, par exemple par crainte des conflits, d’avouer ou s’avouer à soi-même certaines choses ou de vouloir oublier des choses douloureuses… C’est aussi le fait de ne pouvoir dire pardon à quelqu’un. Or les mots tus… tuent !

Notre 2ème réflexe est de faire taire le trouble en l’assommant à coup de médicaments « anti-douleur ». Mais le problème réside dans le mot « anti ». Nous ne faisons ainsi qu’endormir le symptôme, sans traiter la cause qui va continuer son cheminement intérieur, soit en amplifiant encore le message douleur, soit en le diversifiant, voire les deux à la fois. Or toute forme d’immobilisation, de mise en sommeil artificiel comme l’inhibition, le déni, l’anesthésie, l’antidouleur, est une « stagnation » en médecine sino-japonaise qui est tôt ou tard source d’inflammation.

On y remédie en accueillant déjà le message, en le regardant en face sans l’éluder. Et le shiatsu agit en remettant en mouvement et en assurant une libre circulation de l’énergie, le Chi (Ki, Qi) suivant l’adage que « l’eau qui court ne croupit pas ».

Comment le shiatsu peut-il aider à interpréter cet alphabet corporel ?

La précision et les nuances des digipressions sur les méridiens d’acupuncture, de rythmes, de mouvements mis en œuvre par le shiatsu, assurent cette libre circulation du Ki. Toutes ces formes de contact diversifiées sont autant de manières de dialoguer avec le corps qui se sent reconnu, tant dans son versant physiologique que psychique ; et un corps reconnu, reconnecte !

Le shiatsu intervient comme un tissage qui « recâble » énergétiquement ce qui commençait à se séparer. La/le receveur(euse) du shiatsu y trouve l’instrument qui lui permet de se reconnecter à son corps, de réunifier ce qui était séparé, de ré harmoniser ce qui était déséquilibré. La personne qui reçoit le shiatsu, affine progressivement son ressenti et gère mieux son énergie, apaise ses émotions, son stress du fait même de plus et mieux investir son corps, voire même est alertée par des points qui s’éveillent et qu’elle peut elle-même digipuncturer.

Citons par exemple : des points du méridien du poumon pour des mémoires de tristesse, du méridien de la rate pour la rumination et la mémoire, de l’intestin grêle pour le cœur, la vue et le discernement, du rein pour des peurs basales, du cœur pour des insomnies et des sentiments limitants, du foie pour pacifier la colère, de l’estomac pour la fatigue et la digestion, de la vessie pour des douleurs, de la vésicule biliaire pour migraines et céphalées.

Par Valérie Loubet, praticienne en Shiatsu certifiée et validée du réseau Medoucine.