L’endométriose est une maladie encore bien difficile à cerner, que ce soit du côté des professionnels de santé que de celui des femmes elles-mêmes et de leur entourage. Cette complexité est renforcée par les délais de diagnostic qui prennent souvent des années.
Ainsi, c’est une maladie complexe tant par son fonctionnement que par la façon dont elle est vécue et appréhendée, et qui nécessite bien souvent un accompagnement pluridisciplinaire pour répondre le plus efficacement possible aux besoins tous différents des patientes.
Les médecines alternatives prennent souvent le relais de la médecine traditionnelle dans les domaines plus larges comme la gestion de la douleur, des émotions et du stress (physique et mental), dans le domaine de la relation au corps et des relations intimes, mais aussi dans les cas d’infertilité. Une pratique en particulier permet de travailler conjointement ces différents domaines : la sophrologie.
Voyons donc comment la sophrologie peut permettre à la femme d’apaiser le profil émotionnel si particulier à l’endométriose et d’harmoniser le profil physiologique particulièrement perturbé, et ce, dès le plus jeune âge.
Les bienfaits de la respiration contrôlée
Le premier principe fondamental de la sophrologie est la maîtrise de la respiration. En effet, une respiration maîtrisée permet d’apaiser musculairement le corps par l’oxygénation, ce qui entraîne automatiquement un relâchement des tensions ainsi qu’un apaisement mental. Savoir poser sa respiration, son souffle, au bon endroit, au bon moment, nécessite une bonne compréhension de soi, de son corps, de ses besoins afin de cibler les zones particulièrement touchées. On évoque ici les zones d’adhérence, mais aussi douloureuses tout autant que les tensions provoquées par le stress, les postures adoptées parfois par les femmes pour tenter de se soulager, les douleurs liées également aux relations intimes.

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Relâcher son corps pour s’apaiser
Le deuxième principe de la sophrologie est la détente du corps : détente physique, musculaire. Le corps de la personne qui souffre d’endométriose est particulièrement tendu : tensions internes, inflammatoires, mais aussi tensions musculaires dues au stress et aux postures. Un travail de relâchement progressif de l’extérieur (muscles posturaux) vers l’intérieur (bas ventre, périnée…) permet progressivement d’ouvrir le corps, d’aller vers une extension axiale beaucoup plus antalgique que la position recroquevillée très souvent adoptée par réflexe et à tort lors des douleurs par exemple. Plus le corps se relâche, plus le corps est oxygéné, plus l’esprit se calme et plus il est facile d’aller intervenir sur le plan émotionnel.
De plus, favoriser la détente du corps et du mental favorise un sommeil de meilleure qualité, plus profond et donc plus réparateur et contribue à améliorer l’état de fatigue bien trop souvent présent. La pratique de 10 minutes de sophrologie avant de dormir aide à gagner un cycle de sommeil, ce qui est loin d’être négligeable.

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Accepter la maladie pour avancer
Accepter la maladie, ce n’est ni être fataliste ni se résigner, mais c’est « vivre avec » pour justement regarder au-delà. Il s’agit d’arrêter de « subir » pour aller vers la maîtrise : maîtrise de ses émotions, maîtrise du stress et des angoisses. C’est avant tout « agir ». Et « agir » c’est soulageant, c’est reposant parce que ça libère. L’action libère parce qu’elle donne un sens, un but et que l’esprit humain de peut rien sans but, sans objectif.
Un autre principe fondamental de la sophrologie est, à juste titre, l’acceptation, l’observation neutre. C’est apprendre à regarder, à ressentir son corps et ses émotions avec neutralité : apprendre qu’une sensation n’est ni bien ni mal… Qu’elle est, tout simplement. Qu’elle existe, c’est un fait…
Cela permet d’utiliser toute l’énergie que l’on pourrait mettre à la détester, à la refuser, à la fuir, afin plutôt d’installer de la souplesse, du calme, de la sérénité aussi bien physique que mentale.

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Apprendre à comprendre et gérer ses émotions
La patiente qui vit avec l’endométriose est particulièrement sujette aux montagnes russes émotionnelles. La sophrologie donne avant tout les moyens de comprendre ce qu’est une émotion, à quoi elle sert pour pouvoir en faire quelque chose. Parce que chaque émotion a un but précis, délivre un message particulier qu’il convient d’apprendre à décrypter. Pour cela, le passage par un apaisement physique tout d’abord et mental ensuite, est nécessaire : cela permet d’y voir clair, de se poser, pour pouvoir accueillir l’émotion, lui laisser la place dont elle a besoin, la vivre et enfin lui donner la réponse qu’elle attend. Gérer ses émotions, c’est ça : c’est avant tout laisser la place et comprendre pour enfin agir.
Faire de son corps un allié
Le corps est bien souvent perçu comme une incompréhension ou comme un ennemi par les femmes qui sont atteintes d’endométriose. Sauf que ce corps, c’est le leur et elles n’ont que celui-là. Pouvoir faire la paix avec son corps va permettre d’avancer davantage, de se soulager un peu plus encore. Une fois que la femme a compris qu’elle avait la maîtrise de sa respiration, de ses tensions, qu’elle pouvait ne plus subir le stress ni les émotions, mais au contraire qu’elle pouvait les gérer, elle comprend que son corps n’est pas un obstacle, mais bien un allié : un allié avec lequel elle peut travailler pour se sentir mieux.

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Ainsi la sophrologie permet-elle à la femme qui vit avec l’endométriose de soulager efficacement et de façon pérenne de nombreux aspects invalidants de la maladie : les tensions, le stress, le manque de sommeil et la fatigue, les douleurs, les montagnes russes émotionnelles, la relation à son corps, mais aussi les relations aux autres.
Par des exercices très simples, faciles à reproduire pour en amplifier les bénéfices jours après jours, cette pratique va favoriser une réappropriation du corps, des émotions pour mieux se comprendre et surtout réinstaller le bien-être nécessaire à une vie épanouie et sereine.
par Christelle Champain, praticienne en sophrologie du réseau Médoucine.
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