L’EMDR est une pratique reconnue pour l’accompagnement des traumatismes. Elle est validée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la prise en charge du trouble de stress post traumatique depuis 2013 et la Haute Autorité de Santé depuis 2007. Elle est donc une pratique aussi recommandée pour travailler sur les blessures émotionnelles et blocages.
Les croyances inconscientes
Tout au long de notre vie, nous vivons des évènements qui peuvent avoir des conséquences sur notre psychisme en dehors de tout contrôle conscient. Ces évènements peuvent ancrer des croyances inconscientes négatives (exemple : « je suis nulle », « je ne mérite pas d’être aimé(e) », « les hommes sont tous infidèles », « je suis faible », « on m’abandonne toujours »…).
Dans la petite enfance, notre socle inconscient se construit sur la base de son environnement (famille, amis, école, activités..). À cette période de notre vie, les croyances inconscientes s’ancrent facilement puisque l’enfant ne possède pas encore les ressources nécessaires pour trier les informations qui ont engendré des émotions fortes. Néanmoins, un adulte peut aussi ancrer une croyance inconsciente lorsqu’il vit un évènement traumatique (accident de voiture, agression, violences sexuelles…) puisque l’émotion peut être si puissante, si grande que l’amygdale du cerveau (la partie qui traite les émotions) peut ne pas réussir à « digérer » l’information. De ce fait, des flashs, des cauchemars, des sons, des émotions associées au souvenir peuvent ressurgir régulièrement et installer une sensation de mal-être profond. Ces traumatismes peuvent être traités en EMDR puisque, grâce aux mouvements oculaires, la digestion émotionnelle pourra opérer plus facilement.
Le traitement des émotions durant le sommeil paradoxal
Toutefois, nous effectuons déjà des « digestions émotionnelles » chaque nuit sans en avoir conscience. Lors de la phase de sommeil paradoxale (appelée aussi REM : Rapid Eye Mouvement), des informations et émotions assimilées au cours de la journée sont traitées et classées grâce aux mouvements oculaires effectués naturellement. Certains scientifiques avancent l’idée que les rêves intenses qui activent de grandes émotions (peur, tristesse, colère, angoisse…) sont là pour nous aider à digérer une émotion qui n’a pas été accueillie et libérée. Cependant, il arrive que dans certaines situations, le sommeil ne suffise pas à retraiter l’information.

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Les blessures émotionnelles de l’enfance
Ainsi, lorsqu’un enfant ressent une émotion forte durant une situation vécue, cela peut créer une faille dans le système de sécurité intérieur. Ces failles vont laisser place à des blessures émotionnelles. Comme le décrit Lise Bourbeau dans son célèbre ouvrage « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même », chacune de ces blessures peut être en lien étroit avec la relation au parent (exemple : la blessure de l’abandon est principalement reliée au parent du sexe opposé). La blessure du rejet est associée au parent du même sexe…). De ce fait, afin d’apaiser ces blessures émotionnelles, nous allons entrer en protocole grâce à un souvenir récent qui a activé cette blessure (abandon, rejet, injustice, humiliation, trahison). Au fur et à mesure des mouvements oculaires, les connexions cérébrales qui permettent de faire des liens vont se créer et remonter à la source de la blessure émotionnelle d’enfance. Quelques exemples :
- Un sentiment d’humiliation dans la cour de récréation par les camarades ou la maîtresse ;
- Un sentiment d’abandon par le parent qui ignore les requêtes de l’enfant ;
- Un sentiment de rejet par le parent indisponible émotionnellement à un moment où l’enfant était en demande ;
- Un sentiment de trahison lorsque le parent ne tient pas une promesse à l’enfant ;
- Un sentiment d’injustice lorsque l’enfant ne s’est pas senti soutenu, protégé, considéré.
Le traitement des blessures émotionnelles
Lorsque l’on accède à la blessure émotionnelle, le ressenti est souvent intense et la fameuse croyance inconsciente négative est alors évoquée avec une grande émotion (« je ne suis pas aimable » ; « je n’ai pas le droit d’exister »…). C’est à ce moment-là que le retraitement de l’information s’opère grâce aux mouvements oculaires. L’adulte accède alors à ses ressources conscientes afin de rassurer sa part inconsciente qui est blessée (l’enfant intérieur). La croyance inconsciente peut alors se déconstruire naturellement et laisser place à une croyance positive (exemple : « je suis aimable », « j’ai le droit d’exister », « je suis quelqu’un de bien »…).
À la suite de ce retraitement par les mouvements oculaires, les réactions face aux situations qui avaient tendance à réactiver la blessure émotionnelle seront différentes. L’adulte aura accès continuellement à ses ressources pour rationaliser et prendre du recul (exemple : lors d’une rupture amoureuse, si le consultant avait la blessure d’abandon très activée, il avait sans doute la croyance que tout le monde l’abandonnait toujours. Après le travail en thérapie, il pourra alors constater qu’il ne ressent pas ce sentiment d’abandon et ne remet pas en question ses valeurs et sa personne durant la rupture).

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L’EMDR est un outil puissant pour se libérer des souffrances profondes
L’EMDR permet d’accéder à des ressources infinies d’informations stockées dans notre cerveau. Lorsque des blessures émotionnelles sont souvent réactivées dans le quotidien (sentiments d’abandon, de rejet, d’humiliation, de trahison ou d’injustice) nous pouvons remonter à la source de la blessure (l’élément traumatique), grâce aux mouvements oculaires, et traiter l’information afin de déconstruire la croyance inconsciente associée.
par Elodie Naudin, praticienne en sophrologie du réseau Médoucine.
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Amel
21 janvier 2025 at 22 h 42 minTrès bonne article rédigée par une excellente praticienne.