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Syndrome de l’intestin irritable : comment le soigner ?

Douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées, et constipation…Le syndrome de l’intestin irritable est un motif de plainte récurrente. Retour d’expériences et de cas concrets pour aider mes patients en quête d’écoute et d’orientation.

Un mal partagé par beaucoup de français

Près de 15% de la population en a déjà souffert. Soit 8,5 millions de français, et surtout de françaises ! Le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) est un vrai désordre encore difficilement reconnu et diagnostiqué par le corps médical, mais classé dans les troubles digestifs fonctionnels. Il touche en moyenne deux femmes pour un homme avec un pic de fréquence entre 25 et 55 ans .

C’est un mal sournois qui est caractérisé par des douleurs abdominales récurrentes, bien souvent associées à des problèmes digestifs comme des diarrhées et/ou une constipation. Plus ou moins intenses, ces douleurs sont décrites par les patients comme des spasmes douloureux, « l’impression que le ventre se tord », « des bulles qui éclatent dans le ventre ».

Comment identifier un syndrome de l’intestin irritable ?

La chronicité est un élément clé, avec une récurrence d’au moins un jour par semaine au cours des trois derniers mois. Pour confirmer un SII, l’ensemble des signes doit être présent depuis au moins 6 mois. Par ailleurs, les symptômes s’accompagnent également très fréquemment des ballonnements, flatulences, et gaz.

Le diagnostic est avant tout un diagnostic d’élimination, compte tenu de l’absence de test pour établir avec certitude le SII. Le médecin vérifie par coloscopie et d’autres examens que le colon est normal et qu’aucune maladie digestive n’est présente.

Un déséquilibre du microbiote intestinal, ou dysbiose, est très souvent constaté chez les patients souffrant de SII. Ils présentent une réduction de la quantité ou de la variété des bactéries. Une importante perte de la diversité bactérienne est aussi retrouvée dans les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI) du tube digestif avec pour conséquence des anomalies de la barrière intestinale (rendue perméable), une hypersensibilité viscérale, des troubles du transit.  La perméabilité des intestins entraine le passage de bactéries passant de l’intestin vers l’organisme via la circulation sanguine.

Cette hyperperméabilité digestive créée une inflammation chronique, douloureuse, localisée, dans un premier temps, au niveau intestinal puis s’étendant via la circulation sanguine dans l’organisme entier. Une chose est sûre : le microbiote, la flore intestinale, a le plus souvent une importance dans la génèse de ces symptômes.

Si le SII n’est pas une maladie grave, il n’en est pas moins handicapant au quotidien et altère de façon significative la vie professionnelle et sociale. Sa répercussion entrainerait en moyenne 3,2 jours d’arrêt de travail par an et par personne. Les patients l’expriment clairement avec le sentiment de souffrir, sans parfois trouver de réels soutiens. Si les symptômes peuvent être soulagés ponctuellement par des antispasmodiques, des laxatifs, ou des antidiarrhéiques, le problème de fond lui reste. Parmi les patients beaucoup prennent ces médicaments depuis des mois et arrivent à la consultation en quête d’autres traitements efficaces pour soulager, espacer les crises et améliorer leur qualité de vie.

Comment soigner un intestin irritable ?

La prise en charge du SII passe par des traitements à base de naturopathie, d’aromathérapie et par une modification de l’hygiène de vie du patient. La grande majorité des patients sont stressés et souffrent en parallèle de troubles du sommeil. En complément de la prise en charge proposée au cabinet de naturopathie il est intéressant de proposer des thérapies cognitives et comportementales, ainsi que des techniques de relaxation comme l’hypnose qui donne de bons résultats. La nutrition est aussi une solution prometteuse, elle doit être proposée au patient  (par exemple le régime sans Fodmaps). Compte tenu de la fréquence de la *dysbiose *(déséquilibre en variété et en quantité de la flore intestinale) retrouvée chez les patients souffrant de SII, les probiotiques occupent une place essentielle dans sa prise en charge.

Il est important de rappeler que le microbiote remplit des fonctions métaboliques essentielles comme la synthèse de vitamines, l’absorption des minéraux et des acides aminés, la synthèse des neuromédiateurs (responsables de la bonne gestion de nos émotions). C’est aussi une barrière immunologique et de protection. Son rôle : nourrir, protéger et réguler. Un microbiote « normal » renferme une population de bactéries diverse et bien équilibrée entre celles dites bénéfiques et d’autres nuisibles, inflammatoires. Un maintien du bon état physiologique préserve cette harmonie. L’antibiothérapie va au contraire déséquilibrer la flore intestinale en diminuant le nombre de bonnes bactéries.

Pour répondre aux attentes des patients souffrant de SII, les probiotiques existent sous différentes formules, avec différentes souches de bonnes bactéries. Le thérapeute sélectionne celui qui correspond le mieux aux déséquilibres identifiés chez le patient.

Les études scientifiques portant sur le microbiote sont nombreuses et les progrès avancent rapidement ; les probiotiques sont une thérapie d’avenir dans la prise en charge des patients souffrant su SII.

Par Claire Orseau, thérapeute certifiée et validée du réseau Medoucine.

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