Vous vous regardez dans le miroir, et tout ce que vous voyez est ce défaut qui vous obsède. Vos proches vous disent que tout va bien, pourtant vous ne voyez que ça. Est-ce que cela vous parle ? Si c’est le cas, vous êtes sûrement concerné par la dysmorphophobie.
Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?
La dysmorphophobie est un trouble mental qui se caractérise par une préoccupation excessive, anxieuse et répétitive concernant un défaut physique.
Étymologiquement, le mot vient du grec « dysmorfia » qui signifie « anomalie/difformité de la forme ». Dysmorphophobie signifie donc « phobie de la difformité / de la laideur ». Cependant, le terme phobie n’est pas correct ici, car les personnes qui en souffrent n’ont pas peur d’être « difforme » mais pensent l’être.
Bien que la dysmorphophobie puisse se focaliser sur n’importe quelle partie du corps (nez, menton, rides, front, etc.) nous allons surtout l’aborder dans les cas des troubles du comportement alimentaire (TCA) où elle est très présente.
Dans ce contexte, la personne se perçoit souvent comme trop grosse, elle va alors se focaliser sur ses cuisses, son ventre, son poids, etc.

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Quels sont les signes de la dysmorphophobie ?
Les personnes souffrant de dysmorphophobie sont plus que gênées par leur apparence, elles en ont même honte et pensent que tout le monde ne voit que ce qu’ils jugent chez eux comme « horrible ». Prenons l’exemple d’une femme qui n’aime pas son ventre :
- Elle se regarde à chaque miroir qu’elle peut pour voir comment son ventre est perçu ou au contraire, elle va éviter sa réflexion par dégoût.
- Elle pense que tout le monde ne regarde que son ventre, et que les gens la jugent, se moquent d’elle, car elle est persuadée qu’ils pensent comme elle.
- Son ventre occupe souvent ses pensées : « si je m’assois comme ça, mon ventre va faire un pli », « si je mange avant d’aller à ma soirée, mon ventre sera encore plus gros », etc.
- Il y a une gêne à exposer cette partie du corps : vêtements pour dissimuler, honte de montrer son ventre même à son partenaire ou à un médecin, évitement des situations où elle aurait à le montrer comme à la plage/piscine…
- Elle se compare aux autres, aussi bien ses proches que ce qu’elle peut voir sur les réseaux sociaux.
- Sentiment d’insatisfaction permanent peu importe l’alimentation, le sport au point de penser d’aller dans des extrêmes comme privation, chirurgie…

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Qui est touché par la dysmorphophobie ?
Tout le monde peut en souffrir, bien que lorsqu’il s’agisse de la dysmorphophobie liée au poids, les femmes sont plus concernées. Cela commence également dès l’adolescence, pour les jeunes filles qui voient leurs corps changés. Cependant, cela concerne aussi beaucoup les sportifs, notamment les adeptes de la musculation.

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Quelles sont les conséquences de la dysmorphophobie ?
Une personne atteinte de dysmorphophobie a une vision de soi déformée. Elle ne se voit pas telle qu’elle est vraiment au point d’entraîner des régimes drastiques qui peuvent mener à des troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie, la boulimie ou encore l’orthorexie (obsession de manger uniquement une alimentation saine). Ceci a une incidence sur la santé de la personne touchée, des fois de façon dangereuse.
Cependant, le mal-être est tel, que cela impacte aussi la vie sociale, professionnelle et relationnelle. Au point que la personne a recours à la chirurgie esthétique, parfois à répétition.

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Comment aider quelqu’un atteint de dysmorphophobie ?
Il est important de ne pas minimiser ce mal-être. Bien que les proches ne voient pas ce fameux défaut, la personne atteinte, elle, ne voit que ça. Elle souffre d’une image corporelle « défaillante », elle est persuadée que ce défaut est voyant. Ici, il n’est donc pas question de vanité, il faut donc éviter les « tu dis ça pour qu’on te dise le contraire » ou encore, « c’est juste dans ta tête », ou « il y a des choses plus graves que ça ».
Cette souffrance, qui touche le côté psychologique, justifie de consulter un spécialiste afin de suivre une thérapie pour tenter de changer la perception que la personne a d’elle-même et surtout trouver l’origine.
L’accompagnement complémentaire par un naturopathe, est aussi un bon moyen de retrouver un bon rapport avec l’alimentation, de rester ou retrouver une bonne santé à la fois physique, mais aussi mentale.

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La dysmorphophobie, un mal de société ?
Nous avons tous des complexes physiques. Cependant, si la plupart des gens voient ça comme « des petits défauts mineurs » pour d’autres cela peut être un véritable calvaire qui tourne à l’obsession. Est-ce que cela ne serait pas dû à cette norme de la minceur et de la perfection que la société actuelle promeut à foison ?
De nos jours, ce ne sont plus les modèles de magazines qui sont la référence, mais tout ce que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux. Ceci s’accompagne même d’un effet culpabilisant quand on voit les personnes mener « la vie healthy parfaite ».
Il y a une tendance à rechercher la perfection que l’on voit sur les réseaux qui nous font oublier que cela n’est pas la réalité. Oui, il est normal que ton ventre se plisse quand tu te penches. Oui, il est normal que tes cuisses paraissent plus grosses quand tu es assis. Oui, tu peux avoir une « routine healthy» et manger une pizza de temps en temps. Si on normalisait tout ça, peut-être qu’on ne se rendrait pas malade à se trouver des défauts là où il n’y en a pas, non ?

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En conclusion, la dysmorphophobie n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Il s’agit d’un vrai mal qui bouleverse la vie des personnes qui en sont atteintes, et qui demande un accompagnement pour qu’elles puissent enfin se percevoir dans la vraie et meilleure version d’elles-mêmes.
par Fanny Dubois, praticienne en naturopathie et coaching du réseau Médoucine.
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