/ Psycho

Savoir apprécier la valeur des choses

Je viens de terminer le livre « La vie intense: une obsession moderne » de Tristan Garcia que je vous conseille vivement !

Un livre extrêmement intéressant qui met en lumière cette injonction tacite de la société à vivre à mille à l’heure, toujours plus haut, toujours plus fort. On en veut toujours plus et quelles que soient les expériences qu’on accumule, ce n’est jamais assez. L’Homme d’aujourd’hui a constamment besoin d’être stimulé, d’être challengé. En somme, on est addicts à l’intensité.

Je trouve que ce schéma résume à merveille ce phénomène…

mes conseils

Forte de cette constatation j’ai toujours conseillé à mes ami(e)s ou à mes patient(e)s qui s’inquiétaient de préserver leur couple, de n’être jamais totalement acquis(es). L’humain est un conquérant; il veut du défi, du challenge, de l’intensité…

C’est cette addiction à l’intensité qui nous pousse à vouloir posséder toujours plus (« Want More » chantait Bob Marley!), à vouloir vibrer toujours plus fort et à nous éloigner de l’essentiel.

la sophrologie : une aide pour voir la vie du bon côté

Avec la sophrologie, on apprend petit à petit à revenir à cet essentiel. On découvre à quel point la vie ordinaire est réellement sacrée; on arrive à déceler l’extraordinaire dans l’ordinaire. Oui il est possible que les choses banales de la vie : une vieille chaise abandonnée sur le trottoir, le sourire de l’être aimé, le reflet du soleil sur un morceau de verre brisé, la caresse du vent sur notre visage, les pleurs d’un bébé, le chant des oiseaux en pleine nature ; ne soient pas si banales que ça. Peut-être que toutes ces choses que nous tenons pour allant de soi sont en réalité la voie directe qui nous mène au bonheur véritable.

La beauté qui m’a toujours le plus profondément touché, c’est la beauté de se laisser toucher par la beauté. L’émerveillement l’appellerons certains.

Mais à cause de cette recherche frénétique d’intensité, nous ne sommes parfois plus capables de nous émerveiller, de nous laisser toucher par la beauté. Nous passons à côté de l’essentiel.

La liberté, la joie, le bonheur ne sont à trouver nulle part ailleurs qu’ici : juste devant nous. Le bruit sourd du ventilateur de l’ordinateur, la vapeur qui s’élève de la tasse de thé fraîchement infusée, le rire joyeux d’un enfant au loin…

Pourquoi ne sommes-nous jamais satisfaits de cela ? Pourquoi ce moment n’est-il jamais suffisant ?

C’est peut-être, parce que comme nous l’explique l’auteur, à un moment de nos vies, nous avons accepté la croyance qu’il existait « plus que cela », que le bonheur se trouvait dans « un assortiment d’amuse-gueules « , dans davantage de possessions, dans la multiplicité des plaisirs ou dans plus de pouvoir sur le monde extérieur. En réalité il réside dans une meilleure maîtrise de notre monde intérieur, dans l’appréciation du moment présent et dans la capacité à se laisser toucher par la beauté de l’existence.

A chaque instant, quoi qu’il arrive dans nos vies, il existe la possibilité de se faire nourrir par l’existence.

Les exercices sophrologiques, à base de respiration, de décontraction musculaire, de visualisation, nous offrent cette possibilité. Ces sont des exercices efficaces et  simples mais c’est justement dans la simplicité que l’on trouve la plus grande profondeur.

Alors même si vous n’entamez pas un travail avec un sophrologue, prenez le temps chaque jour de respirer, de ralentir, de marcher dans la nature ou dans un parc, de vous sentir respirer, de vous sentir exister.

Ça me rappelle cet extrait du livre de l’écrivaine Christiane Singer que j’adore : « Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur d’entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie : «Où cours-tu ?»

Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier.

Il en est qui la coûtent : la fuite devant soi-même.

Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous.

«Où cours-tu ?» Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –, alors se révélerait l’inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous.»

Pour moi, le génie de Tristan Garcia réside dans sa critique fine et intelligente de notre société consumériste et du système capitaliste mais surtout dans sa description incroyablement juste de notre humanité. Chef d’œuvre.

Par Natasha Bordes, thérapeute validée et certifiée du réseau Medoucine, le réseau des praticiens de confiance.

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