Imaginez : à longueur de journées, des idées, images et/ou pensées persistantes, non désirées et souvent anxiogènes vous assaillent. Face à cela, un mécanisme de défense se met en place : des comportements répétitifs et très difficiles à ne pas réaliser. Vous venez d’entrer dans le monde des TOCS, les Troubles Obsessionnels Compulsifs. Mais pas de panique : bien qu’impressionnants, et souvent vécus comme handicapants par les personnes qui en souffrent, les TOCS ne sont pas une fatalité.
Identifier et comprendre son TOC
La manière dont il apparait dans votre vie est d’abord via des comportements : soudain, difficile voire impossible de quitter la pièce sans éteindre trois fois chaque interrupteur de l’appartement. Ou alors de traverser une rue sans marcher uniquement sur le blanc du passage piéton. Ou encore de compter le nombre de tasses chez soi avant de sortir dans la rue.
Pourtant, et bien qu’il en ait l’air, le TOC n’est pas apparu là de nulle part. Il découle d’idées ou images répétées, non désirées et souvent anxiogènes (c’est l’obsession) qui tournent en boucle dans votre esprit. Et c’est suite à ces obsessions que les comportements répétitifs (compulsions) se mettent en place. Car la première intention de ces comportements était en fait de vous aider : les comportements répétitifs qui vous gênent aujourd’hui… ont été mis en place par votre propre mental pour neutraliser l’anxiété générée par ces obsessions.
C’est un serpent qui se mord la queue, mais qu’il est tout à fait possible de démêler.

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Principales obsessions et principales compulsions
Chaque personne est unique, et par conséquent, chaque association « obsession-compulsion » est unique. Raison pour laquelle, un suivi en cabinet est fondamental pour comprendre, puis se débarrasser de son ou ses TOCS.
Au fil du temps, de grands groupes d’« obsessions-compulsions » ont malgré tout été identifiés dans la population mondiale :
- L’obsession de l’oubli/ l’erreur… Et la compulsion de vérification
- L’obsession/ peur de jeter des affaires utiles… Et la compulsion d’accumuler
- L’obsession de saleté… Et la compulsion de nettoyage
- L’obsession de l’ordre… Et la compulsion du rangement
- Les obsessions liées à la transgression… Et la compulsion de prières/ rituels
Quand le TOC apparait
D’après l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), ce trouble touche 2 à 4% de la population mondiale.
Par ailleurs, les symptômes des tocs apparaissent le plus souvent dans l’enfance ou au début de l’âge adulte :
- Environ 25% des cas de TOC débutent avant 14 ans
- 65% avant 25 ans
- 15% après 35 ans

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Alors comment faire de son toc… Un ami ?
De par sa nature même, obsessionnel et compulsif, le TOC parait compliqué à laisser partir. De plus, le TOC n’a, physiologiquement parlant, pas de cause clairement identifiée à ce jour.
C’est pour cela que l’hypnose thérapeutique constitue un formidable outil pour en venir à bout. En effet, l’hypnose utilisée en thérapie, aussi connue comme « hypnose ericksonienne », permet de plonger la personne souffrant d’un TOC en état de conscience modifiée, afin d’aller déprogrammer son TOC.
Imaginez une seconde que votre cerveau soit comme une vaste unité d’ordinateur. Un jour, face à une émotion inconnue, votre unité s’est mise à surchauffer. Un réparateur a alors, en urgence, débranché un câble, et l’a rebranché à un autre endroit. Sauf que depuis, votre unité centrale bip continuellement, produisant un signal lumineux et un bruit sonore récurrents. L’objectif de la séance d’hypnose va être de débrancher ce mauvais câblage (qui n’est pas écologique pour vous), et de trouver une autre manière pour votre mental de ne pas surchauffer.
Il existe différents protocoles d’hypnose, à pratiquer en cabinet, qui permettent de mieux comprendre son TOC puis d’accepter d’en faire un allié. Et c’est par cette acceptation notamment que l’on constate la diminution puis la disparition des compulsions et des obsessions.
Par ailleurs, l’hypnose permet aussi de calmer l’anxiété à l’origine de l’apparition du TOC.

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Pour aller plus loin. Mais au fait : TIC ou TOC ?
Parler de l’un fait très vite penser à l’autre, alors comment les différencier ?
Les TICS et les TOCS ont en commun leur caractère répétitif et difficilement répressible. Pourtant ils sont bien différents. D’un côté, le TIC est un Trouble Involontaire Compulsif (et c’est le caractère « involontaire » qui nous intéresse ici), là où le TOC, pour rappel, est un Trouble Obsessionnel Compulsif. En clair, ce qui les différencie principalement est que les TICS… Sont involontaires. Tandis que les TOCS sont issus d’un cheminement mental sinueux du patient qui en souffre. En pratique, celui qui a un TIC ne se dit rien dans sa tête avant de l’exécuter, tandis que le TOC fait suite à pleins de pensées complexes !
Autre moyen de les différencier : les TICS les plus courants s’observent au niveau du visage. Mouvement facial, rictus au niveau des lèvres, hochement de tête, clignement des yeux, etc. Ils peuvent également concerner des vocalisations (bruit de bouche, raclement de gorge, reniflement, etc.). Il peut aussi s’agir de mouvements du corps visant, de manière involontaire, à se débarrasser d’une sensation désagréable (hausser les épaules de manière répétée, bouger ses doigts, avoir les jambes qui tressautent, etc.).
Un TOC, totem de protection
Pour finir, rappelez-vous que ce trouble s’est mis en place à l’origine pour vous protéger. Il peut donc aussi repartir, lorsqu’il aura compris que vous allez bien. Ni le TOC ni le TIC ne sont donc des fatalités, des thérapies brèves telles que l’hypnose permettent de leur dire « au revoir » pour de bon.
Source :
Inserm 2021 «Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) – Une prise en charge le plus souvent efficace »
par Jessica Martinez, praticienne en hypnose du réseau Médoucine.
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