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Est-ce que l’obésité est génétique ?

4 novembre 2025

Et si l’obésité ne dépendait pas seulement de ce que nous mangeons ? La génétique, les hormones, le stress et même notre microbiote jouent un rôle majeur dans la régulation du poids. Comprendre ces mécanismes, c’est ouvrir la voie à une approche plus globale et bienveillante de la santé.

Y a-t-il des prédispositions génétiques à l’obésité ?

Est-ce que ces prédispositions sont l’unique raison pour laquelle certains individus prennent du poids ?

Quelles sont les raisons pour lesquelles certaines personnes se maintiennent toute leur vie dans une fourchette de poids idéale alors que d’autres personnes se préoccupent chaque jour des variations de leur poids ?

Différents facteurs sont déterminants, parmi lesquels, en premier lieu, le patrimoine génétique hérité de nos ancêtres, un métabolisme plus ou moins lent selon qu’ils aient vécu sur des sols fertiles ou des terres glaciales.

Voici une conférence passionnante à ce sujet : Les singularités biologiques de l’humanité (lipidum)

En effet, nous avons hérité de la capacité que nos lointains ascendants ont développée au fil des millénaires pour conserver de l’énergie sous forme de graisse, afin de faire face aux longues périodes sans nourriture, aux épuisantes chasses pas toujours récompensées, aux famines et aux maladies.

Mais ce n’est de loin pas tout, toutes les études le montrent aujourd’hui : il existe de multiples facteurs qui favorisent l’obésité.

Les causes génétiques

Notre génétique est en effet le facteur le plus important, sans ce facteur, les autres ne suffiraient pas à provoquer l’obésité. De nombreuses études ont prouvé que nous sommes inégaux face à la prise de poids.

Stunkard AJ a publié une étude intitulée An adoption study of human obesity. Cette étude a été menée sur un échantillon de 540 adultes danois adoptés qui ont été sélectionnés parmi une population de 3580 et divisés en quatre classes de poids : mince, poids médian, surpoids et obèse.

Une autre étude menée par le chercheur québécois Claude Bouchard, qui préside l’Association internationale pour l’étude de l’obésité. Cette étude a porté sur 30 volontaires (15 paires de vrais jumeaux) qui ont été suralimentés pendant trois mois : chacun devait absorber chaque jour un excès de 1 000 kilocalories par rapport à ses besoins habituels (ce qui représente environ une augmentation d’un tiers de la ration quotidienne). Certains ont pris deux kilogrammes, d’autres 14.

Une obésité liée à une mutation génétique est par contre extrêmement rare, elle est corrélée à certaines maladies génétiques rares telles que le syndrome de Prader-Willi, qui peut conduire au développement d’une obésité morbide, puisque l’hyperphagie en est l’un des symptômes.

Le diabète des Pimas est également lié à une mutation génétique qui entraîne la synthèse d’un récepteur anormal. Il en résulte une inefficacité de l’insuline sur les cellules cibles (foie, muscles, tissu adipeux) avec pour conséquence un défaut de stockage de glucose dans ces tissus. Un article de l’Inserm sur ce sujet, aide à mieux comprendre.

Quelques familles dans le monde souffrent des effets de la mutation d’un gène porté par le chromosome 7 qui code pour la leptine humaine, ce qui ne permet pas à la masse graisseuse d’émettre la leptine (hormone de satiété). Cette mutation est à l’origine d’obésité sévère et précoce, mais peut être contrée par un apport de leptine.

Les hormones métaboliques

Les hormones métaboliques, les hormones glycémiques, les hormones adrénergiques, les hormones thyroïdiennes et les hormones sexuelles interviennent sur la prise de poids. À cela s’ajoute la sensibilité hormonale et son contraire, la résistance hormonale.

L’hypothalamus régit nos réactions métaboliques et l’activité du système nerveux végétatif. Il défend pour chacun d’entre nous une fourchette de poids privilégiée et reçoit les signaux relatifs aux stocks de lipides et de sucre. Il a une action sur l’appétit.

Les causes environnementales

Parmi les causes de l’épidémie d’obésité qui a enflammé la planète dans les 70 dernières années, on peut citer :

  • Les céréales raffinées, assimilées comme des sucres, stimulent beaucoup l’émission d’insuline.
  • La consommation régulière de sirop de glucose-fructose qui augmente le risque d’obésité et de résistance à l’insuline et, par conséquent, un diabète de type 2.
  • Les viandes industrielles qui ont créé et entretenu chez un grand nombre d’entre nous un terrain inflammatoire.
  • Une plus grande sédentarité.
  • Des niveaux de stress plus élevés.
  • Plus de médicaments consommés.
  • Plus de temps devant les écrans.

Nos émotions

Certains perdent l’appétit lorsqu’ils rencontrent des épreuves et d’autres au contraire se mettent à manger compulsivement pour calmer l’angoisse ressentie lorsque la boîte aux lettres déborde d’émotions.

L’alcool, les drogues, le sucre, les compulsions alimentaires ne dissimulent que les sensations que génère cette angoisse, mais ne résolvent rien.

L’éducation, le déni ou le contrôle ou la contrainte ne peuvent comprimer ces émotions que pendant un temps, elles ressortiront à un moment ou à un autre avec une force proportionnelle à ce qui les a comprimées.

Un autre facteur important à prendre en compte est la compulsion, ce mécanisme qui nous pousse à agir contre nos intérêts, par laquelle le corps semble vouloir se refuser à perdre du poids, comme si mincir le privait de ses remparts.

Notre microbiote

Chez les personnes obèses, par rapport aux non-obèses, on observe un appauvrissement de la diversité des espèces bactériennes, une diminution des Bacteroidetes et une augmentation des Firmicutes.

Pour certaines équipes de recherches, la modification du microbiote serait la cause de l’obésité. Elles ont fait la démonstration de cette hypothèse en transplantant des microbiotes de souris obèses sur des souris maigres axéniques, c’est-à-dire sans flore intestinale : les souris axéniques ayant reçu le microbiote “obèse” devenaient alors obèses, sans changement de régime alimentaire par ailleurs.

Un article complet sur la relation entre microbiote et obésité détaille ces travaux et leurs implications pour la compréhension du surpoids.

Le pondérostat

Une cellule graisseuse produit de la leptine lorsque la satiété est atteinte, cette hormone communique à notre cerveau, plus spécifiquement à l’hypothalamus qui traite les signaux de faim et de satiété et qui détermine quand nous devons manger et en quelle quantité.

Toute perte de poids, même si elle intervient chez une personne qui a un poids beaucoup trop élevé initialement, va affoler l’organisme qui va vouloir à tout prix reprendre ce poids perdu.

Pour reprendre ce poids perdu, l’organisme va :

  • Augmenter la sensation de faim.
  • Réduire la sensation de satiété.
  • Diminuer les dépenses énergétiques dans l’objectif de nous ramener à reprendre le poids perdu, d’où l’effet yoyo.

Ce qu’il faut retenir

L’obésité est un problème de santé publique mondial dont l’incidence ne cesse d’augmenter. Selon l’OMS, depuis 1975, le nombre de cas d’obésité a presque triplé à l’échelle planétaire.

Dans les années 1970 et 1980, les industriels ont commercialisé de plus en plus de snacks et de plats cuisinés peu coûteux.

Les raisons physiologiques de cette épidémie sont la malnutrition, les carences nutritionnelles, la surconsommation et les dérèglements hormonaux.

Sous l’influence des lobbies agroalimentaires, par le biais de la publicité, qui incite à consommer fréquemment des aliments ultra-transformés, l’alimentation est passée de moyen d’apporter de l’énergie à des habitudes nutritionnelles délétères, et souvent à une béquille psychologique.

L’idée que les causes de l’obésité sont simples et qu’il suffit de manger moins qu’on ne dépense d’énergie est finalement révolue. Perdre ou prendre du poids n’est donc pas qu’une affaire de volonté : il faut tenir compte de prédispositions génétiques et de nombreux facteurs qui rendent cette entreprise très difficile.

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