Les acouphènes et l’hyperacousie affectent aujourd’hui des millions de personnes en France. Qu’il s’agisse d’un sifflement, d’un bourdonnement ou d’une gêne sonore, ce « bruit fantôme » perturbe le quotidien, le sommeil, la concentration… et surtout l’équilibre émotionnel. Souvent démunis face à ces symptômes invisibles, les patients peuvent avoir le sentiment qu’il n’existe aucune solution.
Et si ce silence qui hurle n’était pas une fatalité ? Et s’il représentait, au fond, un signal du corps à écouter autrement ?
Depuis plus de 10 ans, j’accompagne en sophrologie les personnes concernées par les acouphènes. Il existe des approches douces, respectueuses du corps et de l’émotionnel, qui permettent de retrouver un apaisement durable. Dans cet article, je vous propose de découvrir ces solutions et de mieux comprendre en quoi une prise en charge globale peut vraiment faire la différence.
Acouphènes et hyperacousie : quand le stress s’en mêle
Les acouphènes (bruits perçus sans source extérieure) et l’hyperacousie (hypersensibilité aux sons) sont des symptômes souvent déclenchés ou amplifiés par un stress chronique, un choc émotionnel ou une période de grande fatigue.
Le nerf auditif est directement relié au système limbique, le centre émotionnel du cerveau. Ainsi, plus l’émotionnel est agité, plus l’oreille interne se met en état de vigilance. Le bruit devient alors central, envahissant, et alimente l’angoisse.
C’est un cercle vicieux :
Stress ➝ acouphènes plus forts ➝ hypervigilance ➝ moins de sommeil ➝ plus de stress…
Le phénomène d’hyperfocalisation qui en découle enferme souvent la personne dans un cercle vicieux : plus le bruit est perçu comme dérangeant, plus il génère du stress… qui augmente à son tour l’intensité du bruit.
C’est là qu’interviennent les thérapies douces, notamment la sophrologie, pour casser ce cercle.

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Une approche globale en sophrologie pour sortir du cercle vicieux
C’est précisément pour accompagner la personne dans sa globalité – corps, mental et émotions – que la sophrologie se révèle si précieuse.
À travers des techniques de respiration, de relaxation dynamique et de visualisations positives, les séances permettent au cerveau de se détacher progressivement du bruit et de réapprendre à l’intégrer dans le fond sonore ambiant : c’est ce qu’on appelle le phénomène d’habituation.
Un protocole d’accompagnement structuré sur 6 séances, spécifiquement dédié aux acouphènes et à l’hyperacousie peut être proposé.
L’objectif :
• Défocaliser l’attention du cerveau
• Réhabituer le système auditif aux sons
• Apaiser le système nerveux et émotionnel
• Sortir du mode “survie”
• Reprendre le contrôle de son attention
Comment ?
• Des exercices de respiration pour apaiser le système nerveux
• Des relaxations dynamiques pour relâcher les tensions physiques et mentales
• Des visualisations guidées pour favoriser la défocalisation du bruit
• Un travail sur l’habituation auditive pour que le cerveau cesse progressivement d’amplifier la perception des sons

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Un travail en équipe pluridisciplinaire pour une prise en charge complète
Depuis plus de 10 ans, j’ai la chance de faire partie de l’équipe pluridisciplinaire AFREPA de Tours, dirigée par le Dr Pondaven, ORL au CHU Bretonneau. Cette association de professionnels – ORL, audioprothésistes, psychologues et sophrologues – permet de proposer une prise en charge coordonnée, où chaque praticien intervient dans son champ de compétence pour accompagner la personne dans toutes ses dimensions.
Vous pouvez consulter l’ensemble des équipes AFREPA en France sur leur site officiel : www.afrepa.fr, et trouver l’équipe dans votre région.
Témoignages : une vie plus légère malgré les acouphènes
De nombreuses personnes que j’ai accompagnées témoignent d’un mieux-être durable, d’une meilleure gestion émotionnelle, et d’une nette réduction de la focalisation sur les acouphènes.
Voici ce que certains de mes accompagnements ont permis :
« Thérapeute très à l’écoute, considérant la personne dans sa globalité. J’ai consulté pour des acouphènes sur recommandation de mon ORL. » – Marie-Françoise, juillet 2024
« Thérapeute à l’écoute et ayant des outils me permettant de ne plus souffrir de mes acouphènes. » – Maurice, février 2024
« Un peu d’appréhension au début de la séance, vite dissipée. Ensuite, un sentiment de bien-être plusieurs heures après. » – Anonyme, juillet 2024

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Conclusion : retrouver de l’espace en soi… et autour de soi
Apprivoiser les acouphènes, ce n’est pas forcément les faire disparaître à tout prix, mais apprendre à en réduire l’emprise, à les remettre à leur juste place.
Grâce à un accompagnement en douceur et progressif, comme le propose la sophrologie, il devient possible de retrouver un quotidien plus serein, une meilleure qualité de vie… et parfois, un peu de calme intérieur. Pour renforcer cette démarche, d’autres thérapies douces peuvent être associées à la sophrologie, en fonction de l’histoire de chacun.
J’ai pu observer les bienfaits de la DTMA (désensibilisation des traumatismes par les mouvements alternatifs), notamment après un choc sonore ou émotionnel, ainsi que ceux des protocoles de pleine conscience MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction). Dans certains cas, l’hypnose peut également soutenir ce chemin de réappropriation du corps et de l’écoute intérieure. Ce parcours d’apaisement est profondément personnel. Ce n’est pas un parcours de résignation, mais d’autonomie retrouvée.
par Sophie Béraudy, sophrologue et praticienne en hypnose et méditation mindfulness du réseau Médoucine.
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