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Faut pas pleurer, je suis un bonhomme !

16 décembre 2024

Dans les cours de récréation ou lors des repas de famille, il n’est pas rare d’entendre cette phrase : « Faut pas pleurer, je suis un bonhomme ! ». Dès le plus jeune âge, beaucoup de garçons sont poussés à réprimer leurs émotions, en particulier la tristesse, car les larmes sont souvent perçues comme un signe de faiblesse. Cette idée, bien que courante, a des effets profonds sur la manière dont les enfants — et plus tard les hommes adultes — apprennent à gérer leurs émotions. Cet article explore comment cette construction culturelle influence la gestion des émotions et les relations avec les autres, sous un angle inspiré par la Gestalt.

Le poids des attentes sociales

Dès l’enfance, on apprend souvent aux garçons que certaines émotions sont acceptables comme la colère ou le courage, tandis que d’autres, comme la tristesse ou la vulnérabilité, doivent être cachées. Cette construction repose sur une vision très ancrée dans notre culture : un “homme, un vrai” est fort, rationnel, et ne se laisse pas submerger par des sentiments dits « faibles ». Par exemple, lorsqu’un garçon tombe et se fait mal, il est courant d’entendre des adultes lui dire : « Allez, sois fort, ne pleure pas ! »

Malheureusement, cette pression ne s’arrête pas à l’enfance. Elle persiste à l’âge adulte, créant des hommes qui ont appris à cacher, à ignorer une grande partie de leurs émotions. Cela peut rendre difficile l’expression de leurs besoins émotionnels dans leurs relations, qu’elles soient amicales, familiales ou amoureuses.

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Des conséquences invisibles mais réelles

Et les conséquences sont nombreuses. Elles peuvent créer une distance émotionnelle dans les relations. Les hommes, ayant appris à réprimer et contenir leurs émotions, peuvent avoir du mal à comprendre ou à exprimer ce qu’ils ressentent. Cela peut mener à des malentendus voire des tensions dans leurs relations. Par exemple, un homme qui n’a jamais appris à exprimer sa tristesse ou son angoisse peut sembler distant ou en colère, sans même comprendre pourquoi.

Pourtant, exprimer ses émotions n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire, c’est reconnaître ce que l’on ressent et le partager demande une vraie force. La Gestalt thérapie nous apprend à être pleinement présents à ce qui se passe en nous, sans jugement. Pleurer ou montrer sa vulnérabilité devient un acte de courage, une manière de se montrer tel que l’on est, sans masque.

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La vulnérabilité comme force

Heureusement, les croyances évoluent. De plus en plus, les hommes sont encouragés à renouer avec leur monde émotionnel. Il ne s’agit pas de devenir hyper-émotif, mais simplement de reconnaître que toutes les émotions, comme la tristesse et la peur, sont légitimes et humaines. La Gestalt nous rappelle que chaque émotion a une fonction et un sens. En les écouter, c’est mieux comprendre nos besoins et ainsi être en harmonie avec soi-même et les autres.

Un homme ayant le courage de dire : « Aujourd’hui, ça ne va pas, j’ai besoin de soutien », n’est pas faible. Au contraire, demander de l’aide c’est montrer une grande force en reconnaissant sa vulnérabilité. Cela crée un lien à l’autre de manière authentique, une proximité, voire une intimité, qui permet de nourrir des relations plus riches et profondes.

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Vers une masculinité plus équilibrée

La Société commence à accepter qu’il existe plusieurs façons d’être un homme. Nous ne sommes plus dans une époque où la force se mesure uniquement à la capacité de ne jamais flancher. Bien au contraire, la véritable force réside dans la capacité à se connaître, à écouter ses émotions et à les partager.

Les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises ; elles sont des indicateurs de ce que nous vivons à l’intérieur de nous. La Gestalt nous invite à les considérer comme des messages que notre corps et notre esprit nous envoient. Les hommes, comme les femmes, ont besoin d’apprendre à se connecter à leurs émotions pour vivre pleinement. En reconnaissant leur tristesse, leur peur ou leur anxiété. Ils peuvent se libérer des attentes rigides de la société et adopter une manière d’être plus authentique et épanouissante.

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L’expression « faut pas pleurer, je suis un bonhomme » reflète un modèle révolu de la masculinité. Il est temps d’encourager une vision plus nuancée des émotions chez les hommes, afin qu’ils puissent développer des relations plus profondes, avec eux-mêmes et avec les autres. Le chemin vers une masculinité plus équilibrée est un voyage qui, bien qu’il puisse être parfois inconfortable, offre une liberté émotionnelle et relationnelle inestimable.

 

par Stéphanie Pla, praticienne en hypnose gestalt thérapie et thérapies brèves du réseau Médoucine.

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Stéphanie Pla About Author
1 Comment
  • SyLSophrologie
    16 décembre 2024 at 8 h 38 min

    Très bel article qui présente bien les conditionnements affectifs instaurés par notre éducation et notre société. Ces conditionnements comme « sois gentil », « sois fort », etc. ont un impact sur notre comportement à l’âge adulte et il est souvent long mais jamais impossible de s’en défaire.

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