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Maman, j'aime pas l'école : comment aborder la précocité autrement ?

Génies, surdoués, hauts-potentiels, précoces, combien de mots plus flous les uns que les autres pour désigner une caractéristique partagée par une large part de la population – entre 2% et 20% selon les estimations encore rares : la « précocité » ou « douance ».

« Ce sont des gens plus intelligents que les autres » : Bien souvent l’amalgame est fait avec la notion classique d’intelligence, qui réussit bien à l’école, a des bonnes notes, etc. Or ce sont deux choses différentes. Nombre de précoces sont en échec scolaires, quand la majorité arrive à « passer inaperçue » pour pas être embêtée, avec des notes moyennes.
Ainsi qu’une récente étude vient de le confirmer, le cerveau des précoces fonctionne de façon différente (1) : la vitesse neuronale est plus élevée, c’est-à-dire que la vitesse électrique est plus rapide que dans le cerveau d’un «neurotypique». En gros, il tourne plus vite.

Et alors ? Une première conséquence est que, dans un même laps de temps, le cerveau d’un précoce recevra et traitera plus d’informations. Ils peuvent alors avoir l’impression d’être assaillis par leur environnement - émotions, bruits, lumières – et avoir besoin de plus de calme et de solitude que d’autres personnes.

Ressentir plus intensément les stimuli, c’est l’hyperesthésie, d’où découle l’hypersensibilité. Les précoces ont donc une expérience du monde particulière, unique.

Deuxième conclusion : quand on est précoce, on l’est toute sa vie, enfant comme adulte. Combien de personnes ai-je vu soulagées de découvrir enfin à 40, 50 ans que leur sentiment d’être « pas comme les autres », de « ne pas coller au modèle » venait tout simplement de là !

Si tous les précoces sont différents, il y a cependant quelques caractéristiques communes partagées par un grand nombre (mais pas forcément par tous) : Intolérance à l'injustice, sensation d’être incompris, hypersensibilité, besoin de comprendre les règles pour les accepter, cerveau qui tourne en permanence, sentiment d’être nul, saute d’une idée à l’autre (raisonnement en arborescence), pour n’en citer que quelques-unes.

Pour bien accompagner un enfant précoce, il faut d’abord le reconnaître et ainsi « lire » son comportement autrement : s’il remet en question les règles de la maîtresse ce n’est pas pour « embêter les adultes », s’il fait différemment des autres enfants ce n’est pas pour « se faire remarquer », s’il a des mauvaises notes c’est peut-être qu’il s’ennuie en classe – soit ça ne l’intéresse pas, soit c’est trop facile, soit la maîtresse l’a pris en grippe, s’il n’aime pas l’école c’est peut-être que l’environnement y est complètement illogique d’après le fonctionnement de son cerveau et donc inconfortable. S’il a peu d’amis ce n’est pas qu’il est « asocial », c’est peut-être que la majorité des gens ne collent pas avec son unicité, peut-être qu’il n’a pas envie d’aller vers les « tordus qui se courent après pour se taper dessus ».

Du point de vue des émotions, leur ressenti étant plus aigu, plus sensible, ils vont vivre plus intensément les émotions, et percevront des émotions d’intensité moindre que d’autres personnes ne percevraient pas. Or, les émotions sont le précurseur de la pensée. Émotions bloquées implique raisonnement bloqué : pour les précoces chez qui les émotions sont plus fortes et plus nombreuses, la gestion des émotions est un point fondamental.

Mais comment « gérer » les émotions ?

En fait, cela se fait "tout seul", lorsque tout est libre de circuler c’est un état d’harmonie et la pensée coule naturellement et facilement. Lorsque qu’il y a des blocages émotionnels, cela se ressentira sur l’humeur, mais également sur la pensée – et donc la capacité de raisonnement, la réussite de test, d’examen, d’entretien d’embauche, etc.

Par une approche permettant de libérer les émotions bloquées, les précoces retrouveront rapidement une meilleure qualité de vie, comme si les choses devenaient fluides et légères. L’einothérapie est une forme d’hypnothérapie, qui laisse le corps résoudre par lui-même ses blocages, en s’appuyant sur son intelligence.
Quand le corps se délie, le cerveau se libère aussi. Elle fonctionne particulièrement bien pour les précoces à tout âge. Voir réellement une personne, un enfant, c’est l’accepter dans sa totalité, en se défaisant des idées, souvenirs que l’on croit en avoir.

Par Mylène Mathieu, hypnothérapeute certifiée et validée du réseau Medoucine.

(1) http://www.ra-sante.com/enfant-precoce-etude-cerveau-lyon-121798.html