On ne choisit pas toujours les personnes avec qui on travaille. C’est comme aux cartes : on ne choisit pas son jeu, pourtant on doit jouer avec. Mais, comme aux cartes, pas de magie : vous allez devoir faire un effort pour appliquer ces conseils. Et rappelez-vous, mieux collaborer, même avec les « difficiles », peut transformer votre quotidien au travail.
Indulgence du jury et bénéfice du doute
Ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas le comportement de l’autre que son comportement est incompréhensible. Vous ne contrôlez pas ses actes ou réactions, mais ce qui est sous votre contrôle, c’est votre propre réaction. Injectez une dose de recul :
- Option sans recul : « Mais quel c… ! »
- Option avec recul : « Il doit bien avoir une raison pour… »
Exemple
Maryline du contrôle de gestion vous envoie balader après une simple demande de chiffre. Peut-être qu’elle subit une grosse pression, qu’elle est la quatrième personne à lui poser cette question aujourd’hui ou qu’elle a des problèmes personnels.
- Option 1 : « Mais qu’est-ce qu’elle a encore, celle-là ? »
- Option 2 : « Je ne sais pas ce qu’elle a, mais elle doit en baver. »
Désescalade et keep focus
Quand la discussion tourne au vinaigre (tons secs, sous-entendus), votre meilleure arme est de ramener le dialogue sur le sujet en toute sérénité. Ignorez les provocations et recentrez l’échange :
- Utilisez la formule magique : « Est-ce OK pour toi si… » pour rester factuel et rationnel.
- Si cela devient trop tendu, proposez un report avec une nouvelle date claire.
Exemple 1
- A : « C’est vraiment ENCORE n’importe quoi ce que tu dis ! »
- B : « Peut-être… Est-ce OK pour toi si on parle de ton point de vue sur la situation ? »
Exemple 2
- A : « Écoute, le client, je le connais, donc viens pas me donner de leçon. Marre à la fin ! »
- B : (calmement) « Écoute, j’ai l’impression que tu es très en colère. Moi, j’ai besoin d’une discussion sereine pour bosser ensemble sur ce dossier. Je te propose qu’on en reparle demain à 10h. Qu’en dis-tu ? »

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Créez un climat de confiance
Pour se faire confiance, il faut se connaître. Rentrez dans la carte du monde de l’autre. Intéressez-vous à ses préoccupations et reconnaissez ses efforts.
Explorez :
- « C’est quoi tes priorités en ce moment ? »
- « Vous avez des grosses échéances bientôt ? »
- « Comment ça se passe avec le changement de (boss, ERP, entrepôt…) ? »
Envoyez des signes de reconnaissance :
- « Merci pour le dossier truc, ça m’a bien aidé. Comment as-tu fait pour…? »
Valorisez :
- « Tu en penses quoi de…? »
- « J’ai besoin de ton avis sur… »
Perso (optionnel) :
- « Tu as des enfants ? Ils sont en quelle classe ? Parcoursup, vous vous en sortez ? »
- « Tu pars où en vacances ? »
Moins de mails, plus de calls
Vous ne créerez JAMAIS une relation par email. Appelez, discutez « off », en dehors des points officiels, et surtout, écoutez.
Exemple 1 :
Version mail
- « Je n’ai pas reçu votre analyse sur les résultats du test DUPOND. On a pris du retard. Merci de me les envoyer pour demain soir latest. »
Version call :
- « Hello, ça va ? (bavardage 30 secondes) Dites, vous avez pu avancer sur les résultats DUPOND ? »
Exemple 2 :
Si vous recevez un mail sec comme celui-ci, appelez la personne. Évitez le ping-pong de mails sur les « timings » et le « pourquoi du comment ». Allez au cœur du sujet, avec tact.

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Conclusion : C’est à vous de jouer
Si vous vous demandez : « Pourquoi ce serait à moi de faire l’effort…? », posez-vous plutôt la bonne question : « Quel est mon objectif et comment m’y prendre ? »
En appliquant ces conseils, vous ne deviendrez peut-être pas les meilleurs amis avec vos collègues difficiles, mais vous augmenterez vos chances de collaboration efficace et sereine. Et c’est déjà pas mal…
par Emmanuel Fréry, coach professionnel du réseau Medoucine.
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