Être aidant n’est pas une sinécure. Il est nécessaire d’avoir un temps à soi pour réguler ses émotions, recharger ses batteries et accueillir le temps présent, voire préparer l’avenir.
Cet engagement n’est jamais simple. Vous allez accompagner une maman, un papa, un frère, une sœur, une épouse, un mari, touché(e) par la maladie. Vous ne le faîtes pas de manière professionnelle. Vous n’aurez, peut être, pas de vacances. Vous n’aurez pas de salaire ou une indemnité très modeste en vous mettant au service de votre proche comme employé, ou une aide financière allouée par le conseil départemental. Cela, vous le verrez avec votre assistante sociale préférée… pour le reste, faîtes appel dans les plus brefs délais à un soutien.

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Mieux vaut prévenir les risques en s’aménageant dès le départ un espace ressource.
Pour le reste, un professionnel de l’accompagnement peut vous aider. Vous avez un sentiment d’impuissance, vous avez peur de mal faire, vous vous débattez parfois avec des émotions contradictoires d’amour et parfois de « moins d’amour », vous pouvez tomber dans le piège du burn-out et de la fatigue chronique qui n’arrangera rien à la situation.
Le sophrologue (je prêche pour ma paroisse !) peut alors vous accompagner en vous apprenant des techniques qui permettent de gérer son stress grâce à la sophrologie, d’éloigner les tensions, prendre de la distance, développer votre présence à l’instant. Pendant cette aventure, il est plus que nécessaire d’être là et bien là. Et la première mission de la sophrologie, c’est celle-là. Nous venons de la Daisen-thérapie. Être là ! Celle-ci a été créée par Ludwig Binswanger (né en 1881 et mort en 1966).
Être aidant est une réelle responsabilité, nous devrions le mettre sur notre C.V. Nous sommes amener à gérer le quotidien, mettre en place un planning (voire une routine) qui sera sans cesse dérangée par l’évolution de la maladie. Nous devenons parfois un coordinateur des différentes équipes qui interviennent au domicile, santé mais aussi aide-ménagères voire sociale. Nous vivons au chevet du malade. Nous le connaissons intimement. Pour tout cela, il est important de garder la tête froide.
Tout le monde compte sur vous, ou presque.

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Apprendre à exprimer ses besoins sans tabou est une nécessité.
Et en même temps, les équipes soignantes peuvent aussi soutenir les aidants. L’Hôpital À Domicile de Nantes fait appel à une infirmière sophrologue pour soutenir les aidants. L’association veille à ce que l’aidant ne soit pas épuisé. La sophrologie ainsi que l’hypnose (sœur ainée de la sophrologie) font partis intégrantes du parcours de soin de l’association. La maison des aidants de Nantes fait appel, aussi, à une sophrologue.
Lorsque nous intervenons auprès des aidants, l’accueil de la parole est notre premier travail, puis nous devons soutenir la motivation de l’aidant. Ce temps où vous êtes aidant est une bulle à part, une aventure. Elle est risquée. Il n’y a aucune obligation à être aidant. Faîtes le avec le cœur ou ne le faîtes pas ! Ce voyage vous changera à jamais. Il vous sera nécessaire d’accueillir le changement. Ce que la sophrologie permet car elle donne des outils pour revenir à la simplicité du ressenti et conserver son équilibre général, prendre de la distance, travailler le lâcher prise pour ne pas se cambrer, se tendre ou se blesser.
Les émotions s’accumulent. Comme un tambour, la peau des émotions peut devenir très réactive si la parole n’est pas soutenue. L’apprentissage de quelques outils de Communication Non Violente puis de philosophie Non Violente peuvent vous soutenir. Peut être aurez-vous l’impression de ne plus rien maîtriser ? Peut-être serez-vous tenter de tout casser tant la colère vous emportera ? L’aidé va évolué. Les rémissions sont possibles. Vous oscillerez entre espoir et désespoir. Vous aurez peut être des moments d’insomnies. C’est normal.
Les séances de sophrologie sont un moment pour soi où tout est possible.
- Nous pouvons réactualiser l’espoir, la joie, l’amour.
- Nous pouvons retrouver l’énergie.
- Nous pouvons nous ancrer à nos valeurs.
- Nous pouvons lâcher-prise.
Préservez votre autonomie pour préserver celle de la personne aidée.
Avoir un moment pour soi est primordial. Vous risquez de vous oublier.
J’ai accompagné quelques personnes ayant cette demande : faire face. Et ce qu’elles ont découvert était bien au-delà. Elles ont su, pendant ce temps thérapeutique, trouver des ressources et des méthodes pour y accéder. Comme le dit souvent Jean Pierre Le page, psychothérapeute à Nantes et superviseur, « l’autonomie, c’est de choisir avec qui l’on va travailler ».
Le sophrologue s’adresse au corps. C’est souvent l’esprit qui se guérit et le corps qui suit. Nos Relaxations Dynamiques sont des pratiques qui peuvent se faire à tout moment. Trouver un équilibre psycho-corporel est essentiel. Un simple IRTER (Inspiration Rétention de l’air, Tension de l’ensemble du corps, Expiration, Relâchement) peut être une porte d’entrer vers votre corps.
Pratiquer la cohérence cardiaque, aussi.
La méditation, une autre fenêtre.
Chaque séance est un voyage dans le bien être physiologique mais aussi moral. Elle offre des outils qui seront utiles tout au long de la vie. En consultant un sophrologue, vous gagner en autonomie. Vous construisez votre cathédrale intérieure.
De toute expérience, nous sortons grandis. La vie met devant nous des épreuves que nous pouvons surmonter. Vous allez acquérir, si ce n’est déjà fait, de la sagesse, une connaissance intime avec la maladie et si cela va vous fragiliser un moment, cette expérience vous transformera à jamais. Annick de Souzenelle en parle dans ses livres. Des associations comme France Alzheimer peuvent aussi vous accompagner ou Jalmav à Nantes.
par Emmanuel Crouail, sophrologue recommandé du réseau Médoucine.
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