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Printemps : détox ou intox ?

Avec l'arrivée du printemps, et comme chaque année, des articles encourageant à pratiquer une détox fleurissent un peu partout sur la toile. Pourtant, la naturopathie n'encourage pas à effectuer des cures détox à tout va, il y a des règles à respecter et ce type de cure ne conviendra pas à tout le monde, bien au contraire.

Carole Thiebault, naturopathe certifiée et validée du réseau Medoucine, nous en dit plus sur cette fameuse détox de printemps et la bonne façon de la pratiquer (ou pas).

On ne prend pas une détox à la légère

Jeun ou encore cures de jus, les détox proposées par les différents médias au moment du printemps peuvent être très bénéfiques pour de nombreuses personnes, mais aussi catastrophiques ou plus simplement inutiles pour d'autres. Le principe de la détox de printemps repose sur l'objectif d'éliminer les déchets accumulés durant la période hivernale par l'organisme. Or, si les organes éliminatoires ne sont pas en mesure d’assurer leur fonction, les déchets seront simplement déplacés ailleurs dans l'organisme, épuisant ce dernier pour ne jamais obtenir le résultat escompté. La détox de printemps n'est donc pas un acte à prendre à la légère et ne conviendra pas à tout le monde.


Comprendre les principes de toxémie et de vitalité du corps

La naturopathie a pour base deux notions essentielles qui sont la vitalité et la toxémie. Lorsque l'on est en équilibre de santé, la force vitale fait son travail ce qui permet de se sentir plein d'énergie et il y a également une part de toxémie qui est présente naturellement et qui est prise en charge par l’organisme dans son fonctionnement normal.

Seulement, il peut y avoir un apport de toxémie qui est plus important que les capacités de détox naturelles du corps, ou il peut y avoir des événements qui feront que la force vitale aura du mal à circuler. Dans ce cas, c'est la toxémie accumulée dans l'organisme qu’il faudra éliminer en accompagnant l’organisme.


La première chose à faire lorsque la toxémie supplante la force vitale sera de couper les sources d’encrassement que l'on apporte au corps par nos mauvaises habitudes. Avant même d'évacuer ce trop-plein de toxémie par le biais d'une détox, on commencera donc par éviter le fait d'en accumuler davantage. Une logique que l'on peut comparer à un évier qui déborde, avant de vider cet évier, on commencera par couper le robinet.  


Qui plus est, il faudra également avoir suffisamment de force vitale disponible pour pouvoir supporter la détox. Sans vitalité suffisante, la détox va au contraire davantage fatiguer l'organisme et avoir des effets néfastes qui sont totalement à l'opposé des résultats recherchés. On évaluera également si les émonctoires sont en capacité de faire leur travail d'évacuation. On ira ensuite chercher des méthodes naturelles qui permettront de booster le processus de nettoyage de l'organisme.

Quelles solutions pour favoriser les système d'élimination de notre organisme ?


Il existe de nombreuses solutions naturelles permettant de favoriser les systèmes d'élimination du corps. Lorsque l'on prend par exemple du radis noir durant sa cure, c'est parce qu'il contient un principe actif que le corps n'accepte pas et ne souhaite pas absorber. Il va alors mettre en route ses propres processus pour évacuer ce principe actif entraînant avec lui d'autres déchets qui auraient été stockés par l'organisme.


La détox est un processus physiologique naturel du corps, donc lorsque l'on décide d'opter pour une cure de détox cela signifie en fait que l'on va forcer le dispositif de détoxification du corps à travailler d'autant plus. Alors qu'en soutenant la vitalité, le corps aura le réflexe et l'énergie suffisante pour se détoxifier de lui-même lorsque bon lui semble. Parfois, un petit coup de pouce sera nécessaire et c'est là que la cure de détox pourra être intéressante.


En somme, soutenir la vitalité du corps peut-être bien plus intéressant que de vouloir le décrasser à tout prix avec une cure détox qui pourra avoir des effets plus néfastes qu'autre chose. La cure détox doit être justifiée, avec un objectif précis et encadrée. Ne pas céder au mythe de la propreté intérieure est capital, car il y aura toujours de la toxémie en circulation dans le corps et ce n'est que lorsqu'elle est trop présente qu'il convient de réagir, et pas nécessairement par une détox.

Aider le corps à reprendre son énergie

Pour que le corps reprenne de l'énergie et puisse évacuer le surplus de toxémie qui y est présent, il convient de commencer par quelques réflexes de bases. En effet, rien ne sert de faire quatre détox par an si c'est pour ne prêter aucune attention à son alimentation et à son hygiène de vie le reste de l'année. Partir sur des bases saines est un pré-requis pour soutenir la vitalité du corps.


On commencera par se tourner vers une alimentation équilibrée, en arrêtant de consommer des produits industrialisés qui contiennent bien souvent énormément de sucres ajoutés et d’additifs entre autres. On apprendra également à se questionner sur sa faim lorsque l'on arrive aux heures de repas. C'est un excellent moyen de savoir si l'on a besoin d'alléger son apport en nourriture. Par exemple, on peut ne pas avoir faim le matin, rien ne sert alors de se forcer, il est tout à fait possible de ne simplement pas manger si l'on n’en ressent pas le besoin. De cette façon, on allégera le travail digestif ce qui permettra de récupérer de l'énergie que le corps mettra à profit notamment pour s'auto-nettoyer.


Plutôt qu'une détox, on pourra mettre en place une monodiète à raison d'un repas par semaine, d'une journée par semaine ou encore un jour sur deux ou trois jours de façon ponctuelle. On se concentrera alors sur un seul aliment que l'on consommera sous toutes ses formes, mais sans aucun ajout. On pourra opter par exemple pour la pomme, la banane, la pomme de terre ou encore le riz semi-complet, il faudra simplement se tourner vers un fruit, un légume ou une céréale.

Là encore, on peut affiner en choisissant un aliment qui travaillera sur une fonction précise de l’organisme (exemple la carotte pour travailler sur le foie).


Les bons réflexes du printemps

Avec l'arrivée du printemps (et comme pour toutes les autres saisons d'ailleurs), il est intéressant de regarder ce qui pousse localement en faisant les marchés locaux par exemple. Une bonne salade de pissenlits ou des endives seront de saison et auront des apports très intéressants pour l'alimentation sans pour autant charger l'organisme de toxines à outrance.


Qui plus est, consommer des graines germées sera également très bon pour l'organisme puisque les graines germées regorgent d'enzymes, d'oligo-éléments et d'acides aminés qui apportent tout ce dont on aura besoin pour se redonner de la vitalité. On pourra opter pour les mélanges, les graines germées d'alfalfa qui sont très revitalisantes ou encore les graines germées de radis qui auront une certaine orientation détox d'ailleurs (bien que l'on ne fasse pas de détox à base de graines). On pourra les ajouter à une quiche ou une soupe après cuisson, mais aussi dans ses salades ou ses sandwichs.


Si l'on souhaite opter pour une détox douce, on pourra consommer du jus d'herbe d'orge. Très nourrissant, il va renforcer l'organisme et l'inciter à faire le ménage parmi ses déchets. On pourra le consommer à raison d'une cuillère à café dans un verre d'eau un peu avant les repas.


Enfin, le temps ayant tendance à enfin s'adoucir, on pourra en profiter pour se remettre à l'exercice physique tout en étant au contact de la nature. L’exercice physique est d’ailleurs le seul moyen naturel qui stimule tous les émonctoires et la fonction détox de l’organisme. Profiter de la vue des fleurs qui éclosent ou des rayons du soleil qui réchauffent permettra de sortir de la léthargie de l'hiver, et au même titre que la nature, d'avoir une certaine renaissance et de se revitaliser.


Par Carole Thiebault, naturopathe certifiée et validée du réseau Medoucine