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Accompagner l’enfant dans ses apprentissages par le mouvement

22 février 2021

Les neurosciences ont révélé l’importance du mouvement et des réflexes archaïques dans le système de maturation de notre cerveau. Ainsi, certaines difficultés d’apprentissages scolaires liées à des troubles tels que : la dyslexie, dyscalculie, dysorthographie, dysphasie, dyspraxie, troubles amnésiques, trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), et autres pathologies, peuvent être liés, dans certains cas, à l’immaturité du système nerveux de l’enfant. Dans ce cas, l’accompagnement par l’intégration des réflexes archaïques peut prendre tout son sens.

Notre corps est régi par ses réflexes dès la conception. Le programme d’accompagnement RMT (cf. dernier paragraphe de l’article) associe l’étude des réflexes archaïques et pose les bases d’une bonne santé. La force de cette approche éducative, sous la supervision d’un praticien formé, réside dans le fait qu’elle est ludique et simple à s’approprier que ce soit à la maison ou à l’école. Elle permet à l’enfant de devenir acteur de son bien-être et gagner en confiance.

Lui permettre d’accéder à son plein potentiel

Prenons une image pour illustrer nos propos. Imaginez que notre cerveau se construit sur différents niveaux, tout comme une maison.
Les fondations sont la pierre angulaire et représentent le niveau de construction vital. Niveau sur lequel nos réflexes dits « archaïques ou primaires » doivent émerger, maturer et s’intégrer. Ces trois phases chronologiques sont indispensables au bon développement postural, cognitif et émotionnel de l’enfant. De bonnes fondations vont lui permettre d’accéder à son plein potentiel. Sur les étages suivants d’autres fonctions vont s’ajouter au fur et à mesure que l’enfant grandira et complétera ses apprentissages. Si les fondations de la maison ne sont pas suffisamment solides, l’enfant risque de peiner à construire ses apprentissages. Il devra alors développer beaucoup d’énergie et de compensations pour y arriver, ce qui le fatiguera au quotidien et agira sur son moral et estime de lui.

Apprentissages par le mouvement : un moyen d'accompagner l'enfant grâce aux réflexes archaïques

Tatiana Syrikova – Pexels

L’absence de certains mouvements, source de dysfonctionnements

Pourquoi ces fondations peuvent-elles être vacillantes ? Les raisons sont multiples. L’une des pistes explorées par des scientifiques dont le psychiatre, Dr Harald Blomberg, porte sur le fait que le développement neurologique n’est pas linéaire d’un enfant à l’autre et l’absence de certains mouvements, effectués lorsqu’il était bébé et/ou la survenance de chocs émotionnels, peuvent avoir un impact sur le plan physiologique, cognitif et émotionnel. Prenons quelques exemples : un événement traumatisant survenu durant la grossesse, une naissance sous césarienne n’impliquant pas d’effort de la part du bébé pour sortir, l’absence du rampé sur un tapis d’éveil, le passage direct à la marche sans passer par le 4 pattes… peuvent conduire à certains dysfonctionnements qui passeront inaperçus chez le tout petit enfant mais pourront se révéler handicapants en grandissant lors des apprentissages scolaires. En cas de doute, l’évaluation des réflexes va permettre d’apporter un éclairage immédiat et proposer un accompagnement sur-mesure dès son plus jeune âge. Il est alors judicieux de prendre rendez-vous auprès d’un praticien réflexes.

Tester les réflexes et observer le corps

Avant le 1er rendez-vous, on adresse un questionnaire détaillé permettant de recueillir des informations utiles sur l’enfant : ses antécédents médicaux, son développement in-utéro, sa naissance et ses premières années. Les sujets abordés portent aussi sur son alimentation, son cadre de vie, les chocs émotionnels, son sommeil, son rapport aux autres, les actions ou mouvements qu’il n’arrive pas à accomplir correctement.

Lors du 1er rendez-vous, nous évaluons les réflexes de l’enfant par une série de tests en position debout, assise et allongée. L’objectif de séance va se transformer en défi. Défi que l’enfant choisit de relever pour la fois suivante. Celui-ci est déterminé à partir du ressenti individuel et des besoins exprimés.

En fonction de l’évaluation et des difficultés observées, nous allons proposer une série de petits exercices ludiques et agréables permettant d’effectuer des mouvements rythmiques soient passifs (c’est le consultant qui bouge le corps de l’enfant) soient actifs (c’est l’enfant qui bouge son corps). Ces mouvements doivent être réguliers, sans effort, coordonnés, fluides, en rythme et ne doivent pas s’accompagner de mouvements involontaires d’autres parties du corps que celles stimulées. S’ils sont saccadés ou manquent de coordination cela peut révéler une immaturité ou un dysfonctionnement neuro-sensorimoteur. C’est à partir de ces observations que le travail va commencer pour accompagner l’enfant vers une plus grande fluidité de mouvements.

Agung Pandit Wiguna – Pexels

Des mouvements simples pratiqués de manière précise

L’accompagnement porte sur une approche éducative basée sur le toucher, le mouvement et le jeu pour rééduquer le système nerveux. « On fait avec l’enfant » en fonction de ses envies. On lui offre la possibilité de choisir ses exercices en séance et ceux qu’il fera ensuite chez lui. La grande palette d’exercices proposés permet de s’adapter au bien-être et plaisir de faire, tout en conservant une ligne de suivi spécifique.

Le nombre de séances peut varier en fonction de l’accompagnement nécessaire et du travail effectué à la maison, sous la supervision des parents. On estime à 3 min d’exercices quotidiens pour une efficacité entre chaque séance, espacée de 3 semaines.  Ces mouvements simples devront être pratiqués de manière précise et consciente pour permettre une maturation efficace du système nerveux et des fonctions motrices. Ils favorisent le relâchement, l’apaisement, la régulation et l’équilibrage du système cérébral.

Plus le travail sera régulier, les mouvements précis et répétés et, plus les connexions vont être développées et renforcées pour permettre une aisance à la fois corporelle, émotionnelle, sensorielle ; l’objectif étant de faire maturer le système nerveux. Ainsi, par le mouvement, on invite l’enfant à retrouver son état naturel, source de bien-être, de joie et d’apprentissage.

Une méthode basée sur l’observation des mouvements du bébé

La méthode RMT a été élaborée par Kerstin Linde, spécialiste suédoise du mouvement travaillant auprès d’enfants et d’adultes atteints de problèmes neurologiques. Elle a étudié le rôle des mouvements spontanés du bébé à différents stades de son développement, depuis la période in-utéro et durant la première année de sa vie.

En effet, elle constate l’importance de l’intégration des réflexes archaïques dans le processus de construction neurologique de la conception jusqu’à l’âge adulte. Elle propose alors une vaste palette d’exercices permettant d’effectuer une bonne intégration des réflexes archaïques.

Suite à sa rencontre avec Kerstin Linde dans les années 80, le psychiatre suédois, Harald Blomberg, expérimente ces mouvements avec ses patients. Les résultats étant très satisfaisants, il approfondit ses études sur le rôle du mouvement dans le développement, ainsi que les conséquences sur l’apprentissage, les émotions et le comportement. Moira Dempsey, kinésiologue australienne et spécialisée dans l’éducation et le mouvement a également repris avec succès ces techniques. En 2011, le Dr Blomberg et Moira Dempsey ont publié un livre intitulé « Movements that Heal – les mouvements qui soignent ».

Par Nathalie Peaucelle, naturopathe et praticienne en réflexes archaïques certifiée et validée du réseau Médoucine.

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Nathalie Peaucelle A propos de l'auteur
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