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Des clés pour éviter le burn out parental

17 février 2025

Le terme de burn out s’applique depuis quelque temps à la relation parent-enfant. Il nous parle de limites : celles que le parent s’applique à lui-même, celles qu’il pose à l’enfant.

Et si le burn out parental était l’expression d’une course perdue d’avance ? Celle de l’envie d’être un parent capable d’éviter toute frustration ou
désillusion à son enfant, de le rendre heureux à tout prix ?

Le burn out parental en quelques mots

Le mot décrit aujourd’hui l’état d’un parent :

  • Épuisé ;
  • N’arrivant plus à faire face à ses responsabilités de parent ;
  • Distancié émotionnellement dans la relation avec son enfant ;
  • N’éprouvant plus de plaisir à être parent ;
  • Parfois honteux de constater l’écart entre le parent qu’il veut être et celui qu’il est.

Le parent a le sentiment de faire beaucoup pour l’enfant et de ne pas avoir en retour la reconnaissance, le respect. S’ensuit une sorte de jeu réactionnel qui augmente tensions et frustrations.

Pexels

La relation à deux bouts

Pour limiter les risques d’atteindre cet état où le parent semble démuni devant son enfant, voilà quelques clés de réflexions et outils issus de la Méthode ESPERE® créée par Jacques Salomé (psychosociologue et auteur de nombreux ouvrages sur la relation parent-enfant) qui a posé les bases d’une communication relationnelle écologique. Une relation n’a que deux bouts. Chacun est responsable de son bout à 4 niveaux : dans ce qu’il dit/ fait/ ressent et éprouve.

La spécificité de la relation parent-enfant

L’enfant est un être en construction. Il n’a pas l’autonomie et la connaissance de l’adulte. Existe de fait une forme de dépendance (totale dans la toute petite enfance) qui rend la relation déséquilibrée. Dans « Heureux qui communique » publié en 2003, Salomé écrit : «Elever un enfant, c’est lui permettre non seulement d’exister, mais de se positionner comme sujet. En lui reconnaissant cette aptitude à être un partenaire actif, compétent et non l’objet de nos désirs, de nos peurs ou de nos insatisfactions, nous lui donnons les moyens de se confronter à ses propres ressources et à ses propres limites ».

Je vois au moins un malentendu né de l’interprétation que peuvent faire les parents de l’affirmation de Françoise Dolto :  « L’enfant est une personne », c’est-à-dire un sujet à part entière.

Quand l’enfant décide

« Tu veux porter ta trottinette ? », « Tu veux de la compote ou des crêpes ? », « Tu veux aller voir mamie ? »…
L’enfant est souvent questionné sur ce qu’ « il veut ». Le parent estime le considérer alors comme une personne, lui permettre de décider, lui donner de l’espace, le respecter sans doute dans ses envies.

Ce qui part sûrement d’une bonne intention peut se refermer comme un piège sur le parent. Car le parent se positionne comme celui qui répond à la volonté de l’enfant qui peut s’imaginer alors tout-puissant. Il décide et le parent s’exécute.  Quel moyen a l’enfant de faire la différence entre quand c’est lui qui décide ou quand c’est quelqu’un d’autre ? Il y aura incompréhension et crise quand le parent affirmera « C’est pas toi qui décides de l’heure du coucher ». Sur quel sujet est-il apte à décider et sur quel autre il ne l’est pas ?

C’est une notion difficile à appréhender pour un être qui a besoin de repères et de cohérence pour commencer à analyser le monde qui l’entoure. Il s’agit de mettre de la conscience sur tous ces moments où je demande à l’enfant : « qu’est-ce que tu veux ?« 

M’affirmer comme parent

J’inverse complètement la relation si j’affirme ma position de parent en parlant en « je » avec des phrases comme :

« J’accepte de porter ta trottinette si tu es fatigué »
« je te propose de la compote ou des crêpes »
« je voudrais que tu ailles voir mamie. »

En me posant comme celui qui offre, qui propose, qui demande, je valorise ma posture et je ne suis plus celui qui ne fait que répondre à la volonté de l’enfant. Quand je me mets au service de l’enfant, c’est un choix et non une réponse à un « je veux ». Parler en « je », c’est une manière de me responsabiliser et de signifier à l’enfant que c’est moi qui suis à la barre. Le cadre est plus clair pour l’enfant.

Poser un cadre évolutif

C’est moi, parent qui pose un cadre qui est discuté jusqu’à un certain point. Arrive un temps où il s’agit de trancher. Le parent voit souvent la posture du décideur comme celui de censeur, bien différent de celui qui donne. Certains voudraient être perçus uniquement comme généreux, gentils, conciliants, enveloppant, soutenant.

C’est oublier que grandir passe par la frustration. En voulant garder une image de moi toute rose, j’en perds le rôle qui est de donner les moyens à l’enfant d’aller vers l’autonomie et faire face à la vie qui se chargera de le confronter à 1000 frustrations. Le premier entraînement se passe en famille. Ce cadre est révisable au fil des avancées de l’enfant vers cette autonomie justement.

Différencier sentiment et relation

Pour ne pas donner d’ordre ou poser de demande claire, le parent enveloppe parfois sa demande d’un « j’aimerais… que tu débarrasses la table, que tu ranges ta chambre, que tu fasses tes devoirs… ». Ce « j’aimerais » apporte de la confusion pour l’enfant qui comprend que s’il ne fait pas ce qui est demandé, le parent l’aimera moins. S’il fait, il se soumet, obtempère, s’exécute à une demande, voire une exigence qui ne dit pas son nom.

Dans notre monde, le « j’aime » versus « j’aime pas » est utilisé dans toute situation notamment dans les réseaux sociaux. L’enfant qui cherche plus que tout à garder l’amour du parent est tiraillé entre se rebeller ou se soumettre. L’adolescence sera un point de passage clé qui mettra au jour cette supercherie du « j’aimerais ».

Le parent a ainsi des clés essentielles en main dans sa manière de communiquer. Il garde son autorité et sa posture en parlant en « je », en étant un repère fiable, en étant soutenant ET confrontant. De plus, le parent doit assurer les besoins de l’enfant et non réaliser ses désirs.

 

par Laurence Jacquet, formatrice et accompagnatrice en Méthode ESPERE® du réseau Médoucine.

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