Longtemps jugé comme trop populaire et rural, le navet a été injustement délaissé et ce malgré des atouts majeurs insoupçonnés. Depuis quelques années, justice lui est rendue avec de grands chefs en France et au Québec qui ont l’audace de mettre ce légume racine dans leurs menus. En outre, de récentes études tendent à démontrer tous les bienfaits de sa consommation. Une raison de plus pour le redécouvrir !
Un peu d’histoire
Originaire d’Europe, ce légume de la famille des crucifères est également présent depuis des siècles en Inde. Jusqu’au XVIIIe siècle, il était consommé au quotidien dans toute l’Europe et était surnommé le légume du pauvre ou légume de disette, tout juste bon pour les temps de guerre ou les hivers maigres. Il a ensuite perdu sa place pour être remplacé par la pomme de terre, alors plus populaire. Aujourd’hui, il retrouve ses lettres de noblesses pour notre plus grand bénéfice.
Navet et rutabaga, plus de confusion
On confond souvent ces 2 légumes d’espèces voisines, mais différentes. Les navets ont une peau blanche ou avec un sommet violet, tandis que les rutabagas ont généralement une peau jaune avec un sommet violet. Les feuilles du rutabaga sont lisses comme celles du chou, tandis que celles du navet sont rugueuses et poilues.

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De super-pouvoirs nutritionnels : un légume qui cache bien son jeu
Peu calorique
Tout d’abord, grâce à sa grande teneur en eau et en fibres, il est peu chargé en glucides, lipides et protéines et est donc faiblement calorique, ce qui en fait un allié de choix dans le cadre d’une alimentation équilibrée ou visant une perte de poids.
Grande teneur en vitamines, minéraux, oligo-éléments
Il constitue en revanche une source non négligeable de vitamine C (anti-oxydant, absorption du fer, cicatrisation, lutte contre les infections) et de vitamine B (production d’énergie, soutien de la sphère nerveuse…).
Il renferme aussi des sels minéraux précieux tels que le potassium (équilibre acido-basique, santé cardio-vasculaire, santé osseuse, stimulant de la digestion), le magnésium (contraction musculaire, transmission de l’influx nerveux, santé dentaire) ou encore le cuivre (formation de l’hémoglobine, du collagène, défenses contre les radicaux libres).
Prévention de différents troubles
De récentes études rapportent l’efficacité de ses constituants dans le cadre de la prévention et de l’amélioration de certains troubles. En effet, comme d’autres crucifères, le navet apporte des molécules soufrées (les glucosinolates et les isothiocyanates) qui présentent des propriétés antioxydantes, anticancéreuses, anti-inflammatoires et immunomodulatrices intéressantes.
Sa richesse en antioxydants permet en outre, de protéger l’organisme contre le stress oxydatif et les signes du vieillissement, mais également de jouer un rôle dans la santé cardio-vasculaire en contribuant à la prévention de l’hypertension, du diabète et de l’obésité.
Il peut aussi nous régaler !
Fraîchement coupées, ses feuilles se conservent quelques jours au réfrigérateur. Les préparer le plus rapidement possible après l’achat, car elles auront tendance à flétrir. Les racines quant à elles, se conservent très longtemps au réfrigérateur.
Le navet se consomme aussi bien cru (son goût est alors assez proche de celui du radis) que cuit (son goût est alors plus prononcé). Ingrédient incontournable de nos soupes en hiver, il permet d’accompagner également des plats plus raffinés.
En version facile et rapide
- Les navets glacés : couper le navet en tranches d’environ 3 mm d’épaisseur. Chauffer du miel et du beurre jusqu’à ce que la préparation caramélise, puis déglacer avec un peu d’eau. Ajouter les tranches de navets. Faire cuire jusqu’à ce qu’elles soient tendres, en mélangeant fréquemment.
- En crus (pelés), tranchés ou coupés en cubes, assaisonnés d’une vinaigrette. On peut aussi les râper et les ajouter à une salade de carotte ou de chou. Au Japon, on tranche le navet et on le fait mariner dans un mélange de sucre et de vinaigre de riz.
- Les graines peuvent servir d’assaisonnement. Germées, elles apporteront du peps à vos salades.
En version plus élaborée
- Navets farcis : blanchir les navets une dizaine de minutes, enlever une partie de la chair et la mélanger avec de la pulpe de pomme de terre et une sauce aux champignons puis faire cuire ensuite avec du cidre par exemple ;
- Navets à l’orientale : Cuits et mijotés pendant 40 minutes avec un oignon revenu, additionnés de bouillon de volaille et assaisonnés de curry et cumin et de raisins secs. Une version plus originale !
- En pot au feu avec son mélange de légumes d’hiver.
- En mousse : faire cuire les navets au cuit vapeur et en faire une purée. Puis y ajouter des blancs d’œuf et de la fécule de pomme de terre. Assaisonner avec sel et poivre. Mettre dans un moule et faites cuire au bain-marie.
- Le canard ou le lapin aux navets, un grand classique de notre cuisine française !
Et pour les enfants ?
Afin de contrebalancer le goût parfois prononcé du navet, vous allez pouvoir l’agrémenter avec de la pomme et de la carotte. Leur saveur douce et ronde va parfaitement s’accommoder avec celui-ci. En râpé ou en jus (à l’extracteur) à raison de 3 pommes, 3 navets et 3 carottes, il saura les convaincre !

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Où le démasquer ?
Bonne nouvelle ! Sa production est française et on en trouve environ une trentaine de variétés sur notre territoire. Elles portent généralement le nom de leur localité d’origine.
Sur les marchés ou au supermarché
Consommez le de préférence pendant sa période de récolte d’octobre à mai. On distingue les variétés de printemps et d’été (‘Demi-long de Croissy’, ‘de Milan blanc’) et les variétés d’automne et d’hiver (‘Rave d’Auvergne hâtive’, ‘Jaune boule d’or’).
L’idéal est d’opter pour les navets de petite taille, vendus en bottes. A l’achat, il faut s’assurer du blanc pur du navet et de la vivacité de sa peau rose. On peut aussi se fier à la fraîcheur des fanes quand elles sont visibles. Pour un maximum de conservation de leurs minéraux et pour maximiser leurs bienfaits, privilégiez l’origine biologique si possible.
Vous souhaitez jardiner ?
Les navets sont des légumes à croissance rapide et doivent être récoltés lorsqu’ils sont encore assez petits et tendres, généralement à moins de 10 cm de diamètre pour ne pas être trop ligneux et non comestibles. Vous pouvez faire deux productions/an ou plus dans la plupart des régions. Deux mois après les semis des variétés de printemps et d’été, vous pouvez récolter les premiers navets, au fur et à mesure de vos besoins. Les variétés d’automne et d’hiver sont des variétés davantage destinées à la conservation.
À consommer avec modération dans certains cas
Très intéressant dans le soulagement des ballonnements et de la constipation, ses fibres stimulent le transit intestinal. Il peut donc être contre-indiqué aux personnes souffrant du syndrome du côlon irritable. Il faudra également veiller aux interactions avec les médicaments puisque le navet contient des indoles, composés pouvant diminuer les effets de certains médicaments. Le mieux est donc de le consommer avec modération.
Alors ne boudez plus les navets (sauf peut-être au cinéma) et testez-les en cru ou en cuit pour plus de créativité et de bienfaits pendant l’hiver !
par Sandrine Pin, praticienne en naturopathie et iridologie du réseau Médoucine.
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