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Qu’est-ce que la « non directivité » en psychologie d’accompagnement ?

13 juin 2022

Carl Rogers à été le plus influent des psychologues du XXème siècle et un pionnier. Il a notamment mis l’accent sur l’importance de la relation entre le praticien et le consultant.  Cela à permis aux  professionnels de l’accompagnement de devenir plus eux-mêmes lors des interactions avec les consultants plutôt que de tenir un rôle spécifique et contraint, c’est ce que l’on appelle la non-directivité.

 

Comprendre la non-directivité

Carl Rogers a apporté une approche psychologique, mais aussi une vision positive de l’humain. Plus de quarante après, l’œuvre de Rogers reste profondément actuelle.

Ses recherches ont défini la non-directivité. C’est un ensemble de valeurs que doit posséder le praticien pour avoir une attitude non-directive. Les valeurs de base de cette attitude recommandés pour le thérapeute par C.Rogers sont le respect, l’empathie, la bienveillance, l’acceptation, la chaleur humaine, l’honnêteté, la simplicité et la congruence. L’attitude est l’influence la plus subtile et la plus efficace. 

En pratique

Dans la pratique, le praticien ne guide ni ne dirige le client, ni explique ce qu’il dit, et il ne conseille pas. Sa responsabilité première est de suivre et faciliter le processus. Cela ne signifie pas qu’il ne dit rien, il est très présent mais écoute plus qu’il ne parle, il reformule la pensée du client pour que celui-ci puisse l’entendre et la valider, se reconnaître. Il communique les observations objectives qu’il peut voir ou entendre pour l’aider mais sans avoir aucun projet pour lui.  

Cela permet d’accompagner sans prendre de pouvoir sur l’aidé tout en guidant celui-ci à reprendre de lui-même du pouvoir sur sa propre vie. 

Qu’est ce que la "non directivité" en psychologie d’accompagnement ?

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Qu’est-ce qui caractérise un accompagnement en non-directivité ?

Pour qu’un accompagnement applique la non-directivité, plusieurs critères se doivent d’être remplis.

 La relation

La relation est indispensable à la non-directivité. La relation véritable entre l’aidant et l’aidé se réalise aux cours des premières séances, lorsque qu’arrive l’affection et la confiance. En tant qu’aidant, j’écoute le monde intérieur émotionnel de mon client mais aussi mon propre vécu dans l’ici et maintenant de la relation. C’est une réelle présence à soi et à l’autre. L’accent est mis sur accent mis sur l’expérience présente. Écouter quelqu’un c’est lui donner de l’importance.

La responsabilité 

La formation du praticien est un travail d’intégration de la responsabilité, la responsabilité de son vécu et de son histoire de vie. L’aidant, n’est pas un robot mais un être humain qui vit aussi des émotions dans sa vie personnelle et c’est pour ça qu’il peut être à l’écoute des souffrances et des joies des autres. Mais s’ il n’est pas au clair avec ses propres émotions et qu’il les refoule, il y a un risque de projections, de jugements, d’interprétation et de prise en charge qui vont à l’encontre de la non-directivité. On ne peut donc pas s’improviser « non-directif ».

L’acceptation

L’autre élément essentiel à la non-directivité est l’acceptation. Je suis suis une thérapeute acceptante si j’ai la capacité d’accueillir l’autre dans son vécu, ses expériences, ses émotions, ses choix, son aspect extérieur, ses goûts, ses désirs, son comportement sans le juger et si j’ai cette même acceptation pour moi-même. Le jugement est le plus grand obstacle à l’accueil, à l’écoute et au changement.

Qu’est ce que la "non directivité" en psychologie d’accompagnement ?

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Les objectifs de cette approche

Un des objectifs de la non-directivité est d’élever le niveau de conscience de soi, mieux ressentir et connaître nos sentiments, nos émotions, nos désirs, nos peurs, nos mécanismes de défense, nos potentialités intuitives, imaginaires et créatrices, nos forces, nos limites et nos faiblesses. Parce que l’émotion influence la raison, le praticien amène le consultant à son vécu, son ressenti, pour déclencher des prises de conscience profondes. 

Les sensations, les émotions, les intuitions sont de l’ordre de l’irrationnel et sont d’abord perçus par l’inconscient avant d’être saisis par le conscient. 

Le praticien aide et guide son consultant à trouver ses propres solutions, à trouver ses propres moyens de créer sa vie, il ne va pas dire comment faire. Le but premier n’est pas tant de l’aider à résoudre des problèmes, mais plutôt de l’aider à les affronter avec plus de pouvoir, plus de force intérieure et plus de confiance en sa capacité de les régler. 

Une véritable manière d’être

La non-directivité c’est une manière d’être, ce n’est pas juste une théorie et une méthode, c’est une manière d’être que l’on peut appliquer dans notre vie. 

Le but est d’améliorer notre relation avec soi-même et avec les autres, alors, on peut être non directif dans notre relation de couple, dans notre relation avec nos enfants, nos parents et aussi nos relations amicales et professionnelles.

Dans cette attitude, il y a la conviction que le client a la capacité de trouver le sens de sa propre expérience, à s’autodéterminer, à être ce qu’il est vraiment et à se développer au maximum. Le praticien ayant déjà entrepris ce chemin peut être un guide. C‘est une découverte de soi passionnante et libératrice qui se crée grace à la non-directivité.

 

Source :

« Amour de soi et relation d’aide » de Colette Portelance aux Editions du CRAM

 

par Marie Jaouen, psychopraticien du réseau Médoucine.

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