La boulimie est un trouble dont on parle souvent à voix basse, tant il peut être entouré de honte ou d’incompréhension. Pourtant, derrière les crises se cachent généralement une grande souffrance émotionnelle et un sentiment de perte de contrôle qui bouleversent le quotidien. Comprendre ce qu’est réellement la boulimie, comment elle se manifeste et pourquoi elle s’installe permet de porter un regard plus juste et plus bienveillant sur celles et ceux qui en souffrent. Cela rappelle aussi qu’il existe des ressources et des accompagnements pour ne pas affronter ce trouble seul·e.
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La boulimie, également appelée hyperphagie boulimique, est un trouble du comportement alimentaire (TCA) caractérisé par des prises alimentaires très importantes en un laps de temps réduit, accompagnées d’un sentiment de perte de contrôle.
Ce trouble toucherait environ 1,2 % des femmes et 0,4 % des hommes, et apparaît généralement entre 18 et 20 ans, même si les premières crises surviennent souvent dès l’adolescence.
Les crises boulimiques se déroulent généralement en dehors des repas, en cachette, et s’accompagnent d’une forte détresse émotionnelle. Elles surviennent au moins une fois par semaine pendant trois mois pour qu’un diagnostic médical puisse être posé.
La boulimie peut entraîner l’utilisation de moyens compensatoires (vomissements provoqués, laxatifs, jeûne, exercice physique excessif) et s’associe fréquemment à d’autres troubles psychiques tels que anxiété, dépression ou addictions.
La boulimie se manifeste par des comportements alimentaires particuliers, mais aussi par un vécu émotionnel intense. Les crises ne se résument pas à "manger beaucoup" : elles constituent souvent une réponse à une émotion difficile, une tension intérieure ou un besoin urgent de soulagement. Avant de survenir, elles s’accompagnent parfois d’une montée d’angoisse ou d’un sentiment de perte de maîtrise. Les manifestations les plus fréquentes incluent :
Ces manifestations peuvent profondément perturber la vie quotidienne, l’estime de soi et les relations sociales.
La boulimie ne s’explique jamais par une seule cause. Elle apparaît plutôt au croisement de vulnérabilités personnelles, d’émotions difficiles à réguler et d’un contexte social ou relationnel particulier. Ces éléments interagissent et entretiennent un cercle vicieux qui nourrit les crises. Parmi les facteurs les plus souvent retrouvés :
Les crises peuvent devenir un moyen de gérer une détresse émotionnelle, même si elles entraînent ensuite un fort sentiment de honte.
Sans accompagnement, les crises boulimiques ont tendance à s’intensifier ou à devenir plus fréquentes. Elles peuvent entraîner des répercussions sur la santé, mais aussi sur l’équilibre émotionnel et social. Les conséquences les plus courantes incluent :
Plus le trouble dure, plus il peut s’enraciner, d’où l’importance d’une prise en charge précoce.
Pour faire face à la boulimie, il est important d’engager une démarche progressive, soutenue et encadrée. La personne ne doit pas affronter seule ce trouble, car celui-ci s’inscrit souvent dans une dynamique psychique complexe. Plusieurs étapes peuvent alors contribuer à amorcer un mieux-être :
L’accompagnement médical permet d’assurer la sécurité physique et d’engager un travail de fond sur les causes du trouble.
Les pratiques complémentaires n’ont pas vocation à traiter la boulimie, mais elles peuvent accompagner la personne sur le plan émotionnel, corporel et relationnel. Elles soutiennent le travail intérieur engagé dans le cadre du suivi médical et psychothérapeutique. Elles peuvent notamment aider à :
Elles s’inscrivent toujours en complément d’un suivi médical et psychothérapeutique.
Un praticien ne traite pas la boulimie, mais peut :
Ce soutien vient compléter le travail mené avec les professionnels de santé.
Il est recommandé de consulter lorsque :
Une prise en charge médicale est indispensable pour limiter les risques physiques et accompagner le rétablissement.
Pas toujours : tout dépend de la fréquence des crises et des comportements compensatoires.
Oui, même si elle est plus fréquente chez les femmes.
Rarement : un accompagnement est indispensable.
Oui, tous les comportements compensatoires ne reposent pas sur les vomissements.
La boulimie est un trouble du comportement alimentaire marqué par des crises incontrôlées suivies d’une détresse émotionnelle importante. Elle a des conséquences physiques et psychologiques sérieuses.
Une prise en charge médicale est essentielle. Les pratiques complémentaires peuvent offrir un soutien émotionnel et corporel, toujours en complément du suivi indispensable assuré par des professionnels de santé.
AMELI - Traitement de la boulimie et de l'hyperphagie boulimique
MSD Manuals - Boulimie mentale
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