/ Bien-être

Pourquoi nous grossissons ?

A cause d'une multitude de paramètres : Trop d’aliments disponibles, de variétés, de distractions diverses, d’émotions, d’individualisme, d’images auxquelles se comparer, le tout couplé à un manque de motivation, d’activité, de chaleur humaine, de liberté, de temps...

Les changements de ces dernières décennies ont contribué à un déséquilibre énergétique, une hygiène de vie instable. Les apports nutritifs sont supérieurs aux dépenses et créent un stockage sous forme de graisse pouvant aller jusqu’à l’obésité.

Il est impératif de retrouver un contrôle conscient sur l’alimentation, avant que les dégâts soient irrémédiables, d’où l’importance de comprendre les mécanismes du comportement alimentaire pour apprendre à manger mieux.

Comment ça marche ?

Pour commencer, un rappel des étapes de notre comportement alimentaire au quotidien s'impose !

La première étape s'appelle la phase physioloque, également appelée prandiale contrôlée par le cerveau et l’hypothalamus. Le signal de faim indique un manque de glucose et nous incite à prendre un repas.

Ensuite, les mécanismes surtout sensoriels se mettent petit à petit en place pour interrompre le repas par le rassasiement. Ce dernier est sujet à un apprentissage, ainsi il nous protège de la surconsommation.

Vient ensuite la phase postprandiale qui nous amène à la satiété avec aucune envie de manger pendant une période variable selon les uns et les autres en attendant le prochain signal de faim.

Les 3 afférences cruciales pour le comportement alimentaire sont la ghréline (hormone sécrétée par l’estomac), l’insuline (sécrétée par le pancréas) et la peptine (tissu adipeux où est stocké la graisse), toutes 3 contribuent à la satiété et agissent sur la partie inférieure de l’hypothalamus.

Le ventre, le deuxième cerveau

Nous ne pouvons dire à quand remonte l’intérêt accordé à cette partie de notre anatomie appelé le ventre. Il était considéré comme une fonction peu respectable, il était même méprisé, il était simplement d’utilité à évacuer les selles toxiques. Il a fallu un certain temps pour comprendre que le moteur de la santé et de l’énergie, c’est l’alimentation. D’où cette phrase d’Épicure « tout plaisir vient du ventre ». Déjà au Ve siècle, on estime que trop manger est signe de disgrâce et de laisser-aller, même si plus tard on servira au menu des repas orgiaques composés de mets extravagants en énormes quantités, certains se faisaient vomir pour pouvoir manger de nouveau.

Platon avait une théorie qui disait que le ventre était le siège des besoins terrestres et des désirs pulsionnels, voire de l’animalité. Tout au long de l’histoire, il sera tantôt méprisé ou valorisé. Purifier le corps est une obsession.

En France, au XIXe, on préfère les corps opulents et charnus pour les hommes qui représentent une forme de réussite, ce qui n’est pas le cas des femmes puisqu’on les enserre dans des corsets, puis au XXe cela devient un critère de beauté. Aujourd’hui, c’est à cet endroit que viennent se loger des traumatismes et autres troubles psychologiques et on continue d’explorer les secrets du ventre que l’on appelle aussi cerveau entérique ou 2e cerveau, considérant que le cerveau peut influencer notre ventre, mais que notre ventre peut influencer nos émotions.

En effet, le ventre possède un système nerveux autonome et des neuromédiateurs, le tube digestif a une influence sur nos organes via le nombre de substances produites par les bactéries. Ce système nerveux régule autant nos émotions que ce que nous mangeons.

La relation à la nourriture

Si l’obsession de la minceur est plutôt considérée comme phénomène de société, le rapport à la nourriture est souvent le reflet de l’intime et des émotions. Le manque d’amour, les difficultés à vivre, les blessures profondes, l’abandon, le stress... Autant d'aspects que la nourriture ne pourra guérir, remplir, combler mais dans laquelle il est fréquent de se réfugier pour compenser. Mais alors que faire pour améliorer son rapport à la nourriture et que le fait de manger ne soit pas une réponse émotive ?

La première étape sera d'analyser son comportement pour adopter un code de conduite et ainsi changer certaines mauvaises habitudes, comme renoncer à la privation pour mincir. Ainsi, plutôt que de manger, s’empiffrer sans aimer ce que l’on mange, compenser, se remplir pour combler un vide et donc entraîner une prise de poids on préférera déguster ce que l’on aime, se faire plaisir, se satisfaire, et donc, se rassasier, se respecter et aimer son nouveau physique.

La confusion des besoins

Le corps regroupe un différent nombre de besoins primaires qui sont nécessaires à son bien-être et à son bon fonctionnement à savoir les besoins physiologiques donc essentiels (boire, manger, respirer...), besoin de repos, de loisirs, de sécurité, d’affection (d’être aimé par nos proches et accepté par nos pairs), de reconnaissance (estime et réalisation de soi), de désir de réussite, de mérite, de confiance en soi et face aux autres...

Ce qu’il faut comprendre, c'est que la nourriture est en mesure de répondre à  certains besoins. Elle pourra par exemple permettre de remonter le schéma de l'enfance et agir comme une consolation, procurer un sentiment de sécurité, remplacer le repos avec une sensation de regain d'énergie, anesthésier les peurs et les douleurs émotionnelles, colmater les blessures, remplacer l’amour.

Seulement voilà on restera dans cette confusion des besoins sans changement. Ce qui est opportun maintenant c’est de connaitre ses réels besoins, les identifier, étape importante, c’est aussi les ressentir, donc les comprendre.

Ces faux besoins créent une dépendance, c’est pourquoi il est nécessaire de s’autoriser à s’en libérer, d’affronter ses croyances avec lesquelles on a grandi, repérer ses mécanismes de défense pour se tourner vers le changement, car si vous persistez de penser que la nourriture remplace une émotion, une attitude,  vous allez continuer à entretenir ces vieux réflexes et garder vos kilos.

Ainsi, en apprenant à répondre à ses besoins et à ses émotions autrement qu'en mangeant, on s'évite une prise de poids inutile pour l'organisme et on retrouve un rapport plus sain à l'alimentation. C’est un travail difficile , cela nécessite parfois un coup de pouce, et c'est en cela que l'accompagnement d'un thérapeute peut-être utile !

Par Géraldine Selva, thérapeute certifiée et validée du réseau Medoucine.