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La pleine conscience : un outil pour les enseignants ? 

9 février 2023

La pleine conscience est un outil particulièrement intéressant en matière de développement personnel et de bien-être. Elle peut notamment répondre aux besoins de certaines professions et notamment celle d’enseignant… Ayant été enseignant pendant 28 ans, cet outil que j’utilise depuis 10 ans m’a beaucoup apporté à titre personnel.

Cet article met en avant la vision et les opinions du praticien Marc Martin-Gianni et n’engage que lui.

Le sujet de la pleine conscience à l’école

La pleine conscience agite le monde de l’éducation depuis juin 2021. La ligue des droits de l’homme s’attaque alors à un projet d’expérimentation de la pleine conscience à l’école. En janvier 2022, la même ligue revient à la charge. Cette fois, certains syndicats enseignants, une fédération de parents et quelques autres associations signent le texte. Le ministre recule alors et enterre le projet.

En novembre 2022, le CSEN (Conseil Scientifique de l’Education Nationale) publie à son tour une note. L’une de ses conclusions ? « Le CSEN ne voit pas de raison impérieuse d’interdire la pleine conscience et d’autres pratiques de bien-être dans l’EN, mais ces pratiques devraient être strictement encadrées ».
Le CSEN est beaucoup plus nuancé, plus mesuré et fait juste preuve de bon sens.

La pleine conscience : un outil pour les enseignants ?

Pexels

Un outil pour les enseignants eux-mêmes

Peu de gens le savent, mais c’est une réalité : enseigner est une activité passionnante, elle peut aussi être épuisante nerveusement. Vers qui se tourner alors ? Les pratiques de pleine conscience peuvent permettre de mieux gérer ses émotions dans la classe, de prendre du recul par rapport à des difficultés relationnelles avec certains élèves, avec des parents ou des collègues.

Les enseignants se doivent d’être patients, calmes, à l’écoute. Mais ce sont aussi des êtres humains avec leurs difficultés, leurs fatigues, leurs faiblesses. La pleine conscience est un outil formidable qui m’a aidé pendant des périodes difficiles, professionnellement et personnellement. C’est à mon sens un outil que les enseignants devraient avoir à disposition ou devraient même être capables d’utiliser seuls, pour les aider dans leur métier.

Une illustration de l’utilité de la pleine conscience

Lors de ma dernière année d’enseignement, j’ai appris le décès brutal du frère d’un de mes élèves, à 8h25, juste avant le début de la classe. Et mon élève, 6 ans, était présent dans la classe. La pleine conscience m’a donné une certaine « assise », une capacité à gérer mes émotions que je n’avais pas auparavant. J’ai pu faire ma classe sans trop de difficulté, et surtout en restant présent pour mes élèves.

La pleine conscience : un outil pour les enseignants ?

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Un outil pour la classe

La pleine conscience pourrait également être utile dans la classe, à condition, comme le dit le CSEN, que les personnes qui la transmettent (enseignants ou intervenants) soient rigoureusement formés et encadrés.

Une autre illustration

Une autre petite anecdote si vous le permettez. Je n’ai pas fait à proprement parler de méditation dans ma classe, mais chaque après-midi, je proposais un temps calme. Ceux qui le souhaitaient pouvaient faire avec moi des exercices courts (5-10 min) portant sur la respiration ou les sons. Je ne sais pas si cela a permis à certains d’être plus attentifs, moins stressés, ce n’était pas une étude scientifique. Ce que j’ai remarqué en revanche, c’est que ceux qui jouaient le plus le jeu, qui étaient assis calmement sur leur chaise, étaient les plus agités, les plus inattentifs le reste du temps. Comme s’ils sentaient confusément que ces petits exercices pouvaient être utiles pour eux.

Ce dont je suis convaincu, c’est que la pleine conscience pourrait être un outil intéressant et complémentaire pour apaiser le climat scolaire, améliorer les relations entre les élèves, diminuer le stress et l’anxiété de certains.

Une étude qui interpelle

Une étude du professeur Gregory Michel, enseignant-chercheur, psychologue clinicien, conclut que les interventions menées (basées sur le programme AMT et sur 139 élèves) avaient peu de résultats sur la baisse de l’anxiété et le sentiment de bien-être, sauf, et ce sauf est important, sur les 30% d’élèves chez lesquels l’anxiété était la plus forte et le sentiment de bien-être le moins développé. Oserais-je dire ? À méditer…

Alors certes, la pleine conscience ne résoudra pas tous les problèmes de l’éducation nationale. Certes, elle ne mérite ni d’être vouée aux gémonies, ni portée au pinacle. Par contre, au vu de certaines études, elle mérite des recherches supplémentaires qui doivent être menées avec rigueur et un contrôle strict dans les écoles françaises. C’est ce qui aurait pu avoir lieu sans le recul du ministère.

De même qu’il me parait important d’aller vers une approche intégrative, il me semble tout aussi important d’aller vers une éducation plus intégrative. Cela permettrait notamment de réduire les inégalités sociales. J’ai bon espoir que les mentalités évolueront. Il y a souvent plus d’ouverture chez les parents d’élèves ou les enseignants que chez les décideurs.

 

par Marc Martin-Gianni, praticien en méditation de pleine conscience, coach professionnel et coach scolaire du réseau Medoucine.

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1 Comment
  • silia
    5 mai 2023 at 11 h 25 min

    merci

    Reply
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