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Comment faire pour gérer sa solitude ?

Dans une société ultra connectée, on constate de plus en plus que de nombreux Français souffrent de solitude.
Selon le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, une étude menée en décembre 2016 montre qu'un Français sur dix souffrirait de solitude, et tous les âges sont touchés. Mais alors, comment gérer cette situation et les sentiments qu’elle engendre qui peuvent se révéler pesants, voire déprimants ?
Muriel Valentin, coach et sophrologue du réseau Médoucine, nous donne quelques pistes.

Sommes nous trop connectés pour nouer des liens ?


À la différence de nombreux êtres vivants, l'Homme a cette particularité d'avoir besoin de contacts sociaux.
Pour être vraiment dans l'épanouissement, avoir une vie relationnelle satisfaisante est important. Le fait d'échanger, de partager, d'être entouré, de se sentir reconnu a un impact sur la santé physique tout autant que psychique.

De nombreuses études ont déjà prouvé que n'avoir aucune interaction pousse même l'humain à dépérir : être entouré est donc vital et les relations de qualité nous rendent plus heureux.

Pourtant, il est de plus en plus difficile de nouer des liens, de rencontrer des gens, et paradoxalement le monde qui nous entoure est de plus en plus connecté. Cette hyper-connexion a un impact réel sur notre façon de fonctionner et notre relation avec les autres. Il est plus facile de cacher qui l'on est réellement derrière un écran, sans se confronter au regard de l'autre. Cependant, il est clair que les relations virtuelles ne suffisent pas, et que le besoin d'estime et d'appartenance, dont a tant besoin l'humain, n'est comblé que grâce à de véritables relations.

Maintenir la notion de plaisir pour nourrir l’estime de soi


La solitude peut être vécue comme une véritable souffrance qui entretient notre sentiment de dépendance à l’autre. Apprendre à répondre de façon autonome à ses propres besoins permet de nourrir le socle de l’estime de soi de manière plus pérenne que de compter sur l’autre pour le faire à notre place.
S’accorder des plaisirs chaque jour est une solution pour y parvenir.

On peut distinguer 4 types de plaisirs qui correspondent à des besoins fondamentaux :

  1. les physio-plaisirs (en relation au corps),
  2. les socio-plaisirs (en relation avec les interactions),
  3. les psycho-plaisirs (en relation avec la nourriture de l'intellect)
  4. les idéo-plaisirs (en relation avec la spiritualité, le développement personnel).

Lorsqu’on souffre de solitude, on est en déficit de socio-plaisirs. Pour contrecarrer l'effet négatif de ce déficit, on peut décider de veiller à ce que les autres plaisirs soient particulièrement comblés.
On pourra revenir au corps en s'offrant un massage, un bon repas. Se nourrir intellectuellement en lisant, en allant voir un film, une exposition, va également contribuer à renforcer l'estime de soi.

Pour l'idéo-plaisir, on pourra s'engager pour une cause, méditer, participer à un événement caritatif, etc.

Pour nourrir son besoin de relations, on pourra commencer par entrer en interaction avec des personnes du quotidien auxquelles on ne pense pas forcément (son boulanger, un collègue...).
Le but n'est pas de nouer un lien profond, mais de maintenir un équilibre dans notre besoin de communication avec des discussions même superficielles. Cela permettra de prendre conscience que l'on est en capacité d'interagir avec les autres plutôt que de ruminer sa solitude qui aura un impact très dévalorisant.

L’idée est d’avoir pleinement conscience du besoin que l’on satisfait à chaque fois que l’on se fait plaisir pour développer la nouvelle habitude de se prendre en compte, de s’accorder du temps et de la valeur. Pour bien ancrer les effets et pour nous inciter à le faire plus spontanément, on peut lister par exemple tous le plaisirs que l’on se fait et leurs effets sur une semaine, un mois, le temps nécessaire pour être bien avec soi.

Cultiver une attitude positive est aussi très important.
On pourra faire le point sur ses talents, ses qualités, ses atouts pour se redonner confiance. C'est un travail qui peut être fait avec un coach qui vous aidera à booster les prises de conscience nécessaires sur vos points forts.

Entretenir cette positivité est capital, car le sentiment de solitude aura tendance à nourrir des sentiments de frustration, d'injustice et d'aigreur. Pour développer une attitude positive et ne pas se laisser dévorer par des émotions et pensées négatives, il existe de nombreuses approches comme le développement personnel et la sophrologie.

Au delà de l’attitude positive, on essaiera de cultiver la bienveillance et la gratitude. Un exercice idéal pour maintenir cela est le journal de gratitude. Il s'agit de se focaliser chaque jour sur un bon moment de sa journée aussi simple soit-il, de le revivre pleinement par tous ses sens en (se)remerciant et de l'écrire dans un carnet que l'on pourra relire en cas de coup de blues pour poser un nouveau regard plus positif sur son quotidien.

Positiver sa solitude et vivre au présent


Lorsque l'on aura appris à gérer sa solitude, et surtout à avoir une attitude positive, il sera temps de se tourner un peu plus vers les autres.

Il existe de nombreux groupes justement dédiés aux rencontres entre personnes seules. D'autres concepts comme les voyages entre personnes seules peuvent être une option. Il y a également les clubs sportifs ou encore les associations qui permettront de donner plus de sens à cette démarche pour certains.

En attendant que de nouveaux liens se créent, on pourra aussi trouver des bienfaits à sa situation afin de changer son regard sur sa solitude. Être seul signifie aussi la jouissance d'une certaine liberté que d'autres apprécieraient grandement. Essayez de lister toutes les choses au quotidien que vous pouvez ou pourriez faire justement parce que vous êtes seul.

Prenez la mesure de votre richesse personnelle, de votre indépendance, de votre capacité à prendre soin de vous et de vous libérer du regard de l’autre, de ne compter que sur vous-même pour réaliser vos rêves.
Les autres viendront alors vers vous car ils sentiront qu’ils ne sont pas là pour combler vos manques ou pour donner du sens à votre vie !
Il est aussi important de garder en tête que c'est une situation temporaire et que rien ne sert de s'inquiéter pour le futur ou de ruminer le passé ; cela ne fait qu'entretenir angoisse et tristesse.

Il vaut mieux profiter de cette période de transition pour apprécier le moment présent tel qu'il est, en sortir plus grandi, plus riche. Gardez en tête qu'il ne faut pas subir sa solitude et ne pas hésiter à demander de l'aide, à se faire accompagner : on n'est pas seul à être seul.
Assumer sa solitude permet d'être libre de sortir de sa zone de confort et d'ouvrir alors le champ des possibles.

Par Muriel Valentin, thérapeute certifiée et validée du réseau Médoucine.