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Arrêtez de gérer vos émotions !

8 septembre 2022

Depuis quelques années on peut entendre un peu partout (et particulièrement en psychologie et développement personnel) ces termes de gestion des émotions, gestion du stress, gestion de l’angoisse… Comme si l’on pouvait, d’une manière ou d’une autre, contrôler ce qu’il se passait en nous.

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Cette idée renvoie à deux points problématiques à mon sens :

  1. En utilisant ces phrases, on nous impose de FAIRE encore et toujours, plutôt que d’ÊTRE, même dans les domaines qui sont censés nous aider.
  2. Ensuite, qu’advient-il de nous si nous n’y arrivons pas ? Qu’est-ce que ça dit de notre valeur ? Serions-nous un.e humain.e plus faible ou moins aimable ?

Mettons donc un peu de lumière et de compréhension sur nos émotions !

La fonction et la structure des émotions

De l’italien e movere et de l’ancien français « motion », une émotion renvoie à l’idée de se mouvoir, se mettre en mouvement. Une émotion nous remue et nous invite à passer à l’action pour répondre à un besoin non satisfait.

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  1. Trouble subit, agitation passagère, causés par un sentiment vif…
  2. Réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement.

Une émotion se déroule en 3 phases :

– Charge

– Tension

– Décharge (expression émotionnelle)

Une émotion dure en moyenne 90 secondes ! Lorsqu’elle est vécue jusqu’au bout, jusqu’à la décharge, alors elle quitte naturellement le corps. C’est lorsqu’elle n’est pas vécue entièrement que la tension reste dans le corps et s’y accumule jusqu’à créer des pathologies et des maladies plus ou moins importantes.

Une émotion se ressent TOUJOURS dans le corps. Même si nous n’en comprenons pas toujours le signal, il y a systématiquement une réaction physiologique qui accompagne une émotion.

Une émotion nous apporte donc le message de répondre à un besoin non satisfait. Tant que nous ne répondons pas à ce message ou que nous l’évitons, l’émotion va revenir, jusqu’à ce que nous répondions à ce besoin. Les émotions, bien qu’elles soient habituellement catégorisées en « positives » ou « négatives », ne sont en réalité ni bonnes ni mauvaises. Certaines sont certes plus agréables que d’autres, mais elles ont toutes cette même fonction de nous délivrer un message précieux.

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 Arrêter la gestion !

Cette idée de gérer ses émotions peut alourdir une charge mentale déjà forte, accentuer un burn-out, ou encore faire dégringoler une estime de soi souvent déjà fragile. En effet, cette injonction de devoir gérer ses émotions pour aller mieux implique que si nous n’y arrivons pas et sommes encore malheureu.ses.x alors ce serait de notre faute… Entendons-nous bien, je suis plutôt partisane de la pensée positive et de la loi de l’attraction, mais pas à tout prix. Il faut en comprendre les subtilités. Se forcer à “gérer “ses émotions, s’obliger à avoir des pensées “positives”, culpabiliser quand on n’y arrive pas, et faire des bonnes actions à contrecœur sera plus délétère que bénéfique.

On ne PEUT PAS contrôler ses émotions ni ce que l’on ressent. En revanche, on peut les accueillir et les écouter !

Accueillir l’expérience permet de réguler l’émotion

Dans un premier temps, on peut se rappeler qu’une émotion ne dure que 90s en moyenne. Ensuite, ça veut aussi dire qu’il faut apprendre à reconnaître nos besoins cachés.

Concrètement, lorsqu’une émotion forte se déclenche, osez reconnaître sa présence en vous. La rejeter ne ferait que l’amplifier ou en déclencherai d’autres. Une tristesse refoulée peut se transformer en colère par exemple…

Ensuite, mettez-vous dans un endroit calme et en sécurité si possible, fermez les yeux et concentrez-vous sur vos sensations corporelles. Laissez-les se déplacer dans votre corps et notez intérieurement les idées associées. Il est très souvent possible de se mettre au calme, bien plus qu’on ne l’imagine, même pendant une dispute, une réunion, ou en voiture. On peut prétexter un passage aux toilettes, un coup de fil, se garer en warning dans un endroit en sécurité…

Lorsque vous sentez que l’apaisement revient, vous pourrez alors agir sur votre besoin… si vous le souhaitez !

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 Écouter les messages

Une fois que l’on a accueilli son émotion, on peut se poser pour comprendre le besoin caché non satisfait. On peut par exemple écrire ce que l’on a ressenti, quel a été le déclencheur de l’émotion et de quoi on aurait besoin, là, maintenant. Qu’est-ce qu’on aimerait qu’il se passe et pourquoi ? On peut aussi se demander ce qu’on aimerait vivre et que l’on ne vit pas actuellement. Il peut être difficile de faire cette introspection seul.e, car la plupart d’entre nous n’avons jamais appris à la faire ! Dans ce cas un.e praticien, un.e coach peuvent nous aider à y voir plus clair.

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Passer à l’action pour répondre aux besoins

Par la suite, nous pouvons, si nous le souhaitons, passer à l’action en répondant à ce besoin ! Par exemple, la colère est souvent un besoin que l’on respecte nos limites et notre intégrité. La honte (famille de la peur) peut cacher un besoin de reconnaissance et de compassion profonde.

Si nous nous rendons compte que notre besoin est d’avoir de la compassion, par exemple, nous pouvons faire une demande à quelqu’un.e, nous pouvons nourrir nous-même ce besoin en nous connectant à nos ressources internes ou en faisant des activités qui nous font du bien. Certains besoins peuvent plus facilement être satisfaits que d’autres. Il est primordial d’apprendre à les communiquer correctement et sereinement.

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Écouter nos émotions est une base pour se sentir mieux

Parfois, une émotion a simplement besoin qu’on l’accueille. Parfois, simplement reconnaître son existence suffit à la dissiper… Mais lorsque l’émotion vécue est le symbole persistant d’un trauma plus ancien non traité, alors je vous conseille vivement d’oser entreprendre un accompagnement pour mieux identifier vos déclencheurs émotionnels. Moins vous serez déclenché.e.s, mieux vous pourrez comprendre et répondre à vos besoins sereinement.

Beaucoup d’outils s’offrent à vous pour en apprendre plus sur vous-même et mieux vivre vos émotions : le DNMS (the Developmental Needs Meeting Strategy) et l’IFS (Internal Family System), l’EFT (Emotional Freedom Technique), la régulation émotionnelle (TIPI), l’hypnose, la méditation de pleine présence, le Focusing et bien d’autres… Je conseille souvent l’excellent travail d’Art Mella qui a créé de précieuses ressources autour des émotions en BD. Renseignez-vous pour savoir ce qui vous convient le mieux et passez à l’action, mais toujours en restant en accord et en douceur avec vous-même. Avec surtout beaucoup d’auto-compassion !

 

par Virginie Querné-Bernard, psychopraticienne du réseau Médoucine.

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