Le terme de « médecine intégrative » apparait en France il y a une vingtaine d’années, en continuité des Etats-Unis et du Canada, où elle est plus développée.
Elle s’élabore comme une proposition de soins complémentaires, comme c’est le cas en oncologie, en rhumatologie ou en soins palliatifs. Aujourd’hui son champ d’action progresse dans la prise en charge de pathologies chroniques, graves ou longues, également la douleur, le burn out, les troubles du sommeil, périnatalité.
En 2018, le Conseil de l’Ordre des Médecins publie une proposition officielle sur les méthodes complémentaires dans l’approche intégrative, en insistant sur la nécessité d’une pratique encadrée par des professionnels de santé qualifiés. Toutefois, on observe aujourd’hui l’arrivée de praticiens non-médicaux, qui agissent sous supervision ou validation médicale. C’est le cas dans les hôpitaux de Strasbourg, Metz-Thionville, Alés, Montpellier, Nîmes, ou encore l’Institut Rafaël.
L’idée est belle, dans un cadre pluridisciplinaire et humaniste. La médecine intégrative ne remplace pas, elle complète et enrichit.
Une vision globale de la santé
La médecine intégrative est donc une approche de la santé combinant la médecine conventionnelle, dans sa rigueur scientifique, avec des pratiques complémentaires parfois issues de traditions anciennes. L’objectif est d’allier la médecine allopathique (médicaments, chirurgie, imagerie médicale, soins paramédicaux) aux approches holistiques (médecine chinoise, médecine ayurvédique, ostéothérapie, méditation, etc).
Ainsi, c’est prendre en compte le corps, l’esprit, les émotions et l’environnement dans la démarche du retour au bien être.
Une approche centrée sur la personne
Elle se base sur le partenariat entre les praticiens et le consultant, qui reste alors acteur dans son processus de retour au bien-être. La notion de responsabilité prend tout son sens et valide l’implication du malade dans ce qu’il lui est possible de corriger pour soutenir le corps dans son autorégulation. La place est laissée à l’éducation à la santé et à l’autonomisation.
Dans cette dynamique, la médecine intégrative donne une vision préventive autant que curative.

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Une valeur ajoutée dans la prise en charge des TMS
Les Troubles Musculo-Squelettiques sont principalement liés à des facteurs biomécaniques. On retrouve les gestes répétitifs, les mauvaises postures, les vibrations mécaniques, les efforts physiques. Ils répondent néanmoins à un déséquilibre plus global et impliquent les raisons émotionnelles, environnementales, la fatigue et même la respiration.
C’est ce qui valide l’approche intégrative corps et esprit, par la combinaison des outils conventionnels et complémentaires. Une manière de soulager la douleur et les causes profondes.
L’effet amplifié 1+1=3
Associer les pratiques va potentialiser les effets. C’est en quelque sorte permettre la synergie au travers de la pluridisciplinarité. Sur ce principe, la communication entre les partenaires est primordiale pour agir en cohérence et répondre aux besoins du patient/consultant.
Dans le cas de TMS, la médecine conventionnelle, au travers de l’imagerie et d’un diagnostic précis, incite à la prise en charge médicamenteuse, paramédicale, voire chirurgicale. Y associer l’intervention d’un ostéopathe ou d’un praticien de Médecine Chinoise conduit à faciliter la relâche des tensions et améliorer la mobilité. Un sophrologue ou hypnologue offre la possibilité d’une meilleure gestion de la douleur et du stress. De la même manière, un naturopathe intervient pour soutenir le terrain et limiter l’inflammation.
De la sorte, la conjugaison intelligente des différentes expertises va optimiser le retour au bien-être de façon concrète et efficace. Et pour aller plus loin, cela vient faciliter le temps de récupération car chaque intervenant opère en synergie. Certaines zones du globe, comme le Canada, la Suisse, et bien d’autres, montrent que l’association des pratiques est favorable. Le patient/consultant est également directement impliqué dans le cheminement du retour au bien-être.
Une prévention plus fine
Les approches croisées permettent de mieux détecter les facteurs aggravants, comme cela est le cas dans le contexte d’ une alimentation inflammatoire, d’un problème de sommeil ou une mauvaise gestion du stress.
La proposition d’outils concrets à intégrer dans sa routine favorise l’implication de la personne dans le maintien du bien-être et oriente vers une culture de santé durable.
Ici, les pratiques sont variées ;
- les formations sur la prévention des TMS et la gestion du stress,
- la sensibilisation posturale,
- la sensibilisation à l’hygiène de vie
- la pratique du yoga, du pilate,
- la méditation et les méthodes respiratoires,
- la conscience corporelle,
- la libération psycho-émotionnelle,
- la pratique d’auto-massages et d’étirements
Cette liste non exhaustive montre les leviers possibles pour pérenniser la bonne santé articulaire sur du long terme. Agir sur plusieurs plans simultanément est le jeu gagnant pour améliorer la qualité de vie, tout en autonomisant le patient/consultant. Finalement cela conduit à une meilleure réponse à la chronicité et aux récidives.

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Assurer la sécurité du consultant
Le parcours avantageux qu’offre la médecine intégrative au travers de la pluridisciplinarité doit pouvoir assurer la sécurité de l’individu pris en charge. Cela est garant de sa légitimité. Ne pas perdre de vue les limites de chaque intervenant dans son champ de compétences optimise la cohérence. Un cadre clair des rôles et responsabilités de chacun est en mesure de garantir la qualité de prise en charge. C’est en articulant les différents savoir-faire dans une chronologie adaptée, que les bénéfices sont les plus probants. Pour illustrer cela, il est évident de s’assurer de l’intégrité d’une articulation avant d’intervenir par des manipulations. C’est en cela que la supervision médicale est importante.
Donner de la crédibilité aux pratiques holistiques
La médecine chinoise, la médecine ayurvédique, la phytothérapie et tant d’autres encore, ont traversé les temps. Si ces pratiques n’ont pas de réel cadre scientifique, elles gardent malgré tout l’intérêt de participer au soulagement. Elles ont le mérite d’obtenir une constance dans les résultats, auquel cas elles auraient disparu en raison de leur inefficacité.
Elles apportent en outre des réponses lorsque les méthodes conventionnelles ont usé tous leurs recours. Leur longévité prend tout son sens dans la complémentarité avec la médecine moderne car finalement toutes les approches agissent sur différents plans. Elles sont ainsi importantes, si on parle de globalité dans la prise en charge des TMS.
Clé de l’avenir : la coopération et la transparence
La complémentarité dans le parcours de prise en charge des TMS repose sur la communication entre tous les intervenants. Les valeurs doivent reposer sur la santé du patient/consultant. Non sur l’idée de concurrence ou d’égo.
Il est bienvenu de citer Tchouang Tse pour illustrer ceci : « le grand savoir voit tout comme un, le petit savoir distingue ceci de cela » (chap 2 – discours sur l’égalité des choses). La sagesse est ici d’unir les chemins qui conduisent à la guérison, plutôt que de les opposer.
Les compétences et les preuves d’efficacité sont l’argument de la réussite à cette coopération, tout autant que l’éthique du praticien. À cela s’ajoute la nécessité d’établir des formations reconnues et des certifications permettant d’assurer la qualité des prestations.
Le positionnement des pratiques complémentaires doit finalement permettre de s’articuler autour du parcours de soins conventionnels et offrir les moyens de favoriser la prévention et de réduire les facteurs aggravants. C’est aussi apporter au patient/consultant une qualité de vie, en participant à la régulation des dysfonctionnements sous jacents (abaissement de la douleur, gestion du stress, optimiser le sommeil, etc) et conduire à la restauration des fonctions du corps.

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Pour conclure
La médecine intégrative présente de beaux potentiels pour continuer à se développer dans le domaine des troubles musculo-squelettiques. L’association de la médecine allopathique à la médecine holistique est une démarche plus complète et prometteuse, de bon sens. Ainsi, aux traitements standardisés et parfois limités de l’approche conventionnelle, la médecine complémentaire devient un levier pour optimiser les compétences du corps pour un retour au bien-être.
C’est finalement un changement de paradigme qui prend en compte l’individu dans son ensemble (corps, esprit, environnement). Le patient/consultant est acteur de sa santé et s’intègre à l’équipe pluridisciplinaire comme un élément essentiel. La voie de guérison emprunte un chemin personnalisé pour des résultats durables.
C’est pourquoi il est nécessaire aujourd’hui de faire évoluer les pensées limitantes pour servir un modèle de santé humaniste. Tout comme il serait prudent de légiférer en faveur d’une coopération sécure et organisée, entre le monde médical et les pratiques non-médicales. Cela aurait l’avantage de répondre à la demande croissante du public et peut-être solutionner l’investissement financier que représente encore l’accès aux pratiques complémentaires.
Sources :
- https://lemedecinduquebec.org/media/99004/021-022capsule0108.pdf
- https://www.revmed.ch/view/422088/3664067/RMS_656_1259.pdf
- https://www.thespinejournalonline.com/article/S1529-9430(15)00465-9/abstract
par Sabine Brihaye, praticienne en Énergétique Traditionnelle Chinoise et Reprogrammation Neuro Posturale du réseau Médoucine.
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