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La dépression saisonnière : un mal de l’hiver qui affecte de nombreuses personnes

6 novembre 2024

Chaque année, lorsque l’automne cède sa place à l’hiver, un phénomène bien particulier refait surface : la dépression saisonnière, aussi appelée trouble affectif saisonnier (TAS). Ce trouble, qui touche une partie importante de la population, est encore souvent mal compris et sous-estimé. Il s’agit pourtant d’une réalité qui affecte non seulement le moral, mais aussi la qualité de vie de ceux qui en souffrent.

Une dépression liée aux changements de saison

La dépression saisonnière est une forme récurrente de dépression qui survient principalement durant les mois d’automne et d’hiver, lorsque les journées raccourcissent et que la luminosité diminue. Ce phénomène semble être directement lié à la réduction de l’exposition à la lumière naturelle. En effet, la lumière joue un rôle clé dans la régulation de notre horloge biologique et dans la production de certaines hormones, comme la mélatonine et la sérotonine, qui influencent à la fois l’humeur et le sommeil.

Lorsque les jours raccourcissent, le corps humain peut produire plus de mélatonine, l’hormone du sommeil, ce qui peut engendrer une sensation de fatigue persistante. Simultanément, la production de sérotonine, souvent appelée « l’hormone du bonheur », diminue, entraînant des effets négatifs sur l’humeur. Ce déséquilibre hormonal est au cœur du trouble affectif saisonnier.

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Quels sont les signes de la dépression saisonnière ?

Les personnes souffrant de dépression saisonnière présentent des symptômes similaires à ceux de la dépression classique, mais avec une forte corrélation saisonnière. Les signes les plus courants incluent une fatigue excessive, une perte d’intérêt pour les activités habituelles, des troubles du sommeil (souvent une hypersomnie), des changements d’appétit (notamment une augmentation des envies de sucre et de glucides), ainsi qu’un sentiment de tristesse généralisée, de désespoir ou encore une irritabilité accentuée.

Il est important de noter que la dépression saisonnière diffère de la simple « déprime hivernale », un état d’humeur temporaire. Dans le cas du TAS, les symptômes sont plus persistants et peuvent interférer de manière significative avec la vie quotidienne. Pour diagnostiquer ce trouble, les médecins recherchent des récurrences de ces symptômes sur plusieurs années consécutives, en phase avec les changements de saison. Il est aussi crucial d’écarter d’autres causes potentielles de dépression, comme des facteurs personnels ou environnementaux indépendants du cycle saisonnier.

Qui est touché par la dépression saisonnière ?

Les études montrent que la dépression saisonnière affecte entre 2 % et 5 % de la population, avec une prévalence plus élevée dans les régions éloignées de l’équateur, où la variation de la durée d’ensoleillement est plus marquée.

Les femmes semblent également être plus susceptibles de développer ce trouble, représentant environ 60 à 80 % des personnes diagnostiquées. Les raisons exactes de cette disparité de genre ne sont pas complètement comprises, mais pourraient être liées à des facteurs hormonaux ou à une plus grande sensibilité au manque de lumière. Les personnes ayant des antécédents familiaux de dépression, ou qui souffrent déjà de troubles de l’humeur, sont également plus à risque de développer un trouble affectif saisonnier. Toutefois, même sans antécédents, la diminution de la lumière naturelle peut provoquer ce mal-être chez des individus initialement en bonne santé mentale.

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Quelles solutions et stratégies de prévention ?

Heureusement, il existe des solutions efficaces pour lutter contre la dépression saisonnière. La luminothérapie, qui consiste à s’exposer quotidiennement à une lumière artificielle imitant celle du soleil, est l’une des méthodes les plus répandues et les plus efficaces. Cette thérapie permet de compenser le manque de lumière naturelle et aide à réguler la production de mélatonine et à augmenter les niveaux de sérotonine, rétablissant ainsi l’équilibre hormonal perturbé par la baisse de luminosité naturelle.

D’autres options incluent les antidépresseurs (uniquement sur prescription médicale), qui peuvent être prescrits aux personnes dont les symptômes sont particulièrement graves ou qui n’ont pas de réponse favorable à la luminothérapie seule. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et l’hypnothérapie sont également recommandées pour apprendre à mieux gérer les pensées négatives et à adapter son comportement face à l’anxiété et à la dépression.

Enfin, des habitudes de vie adaptées peuvent jouer un rôle préventif. Il est conseillé de passer le plus de temps possible à l’extérieur durant les heures de lumière naturelle, même durant les mois d’hiver. Une alimentation équilibrée riche en nutriments essentiels, comme les oméga-3 et les vitamines B, ainsi que la pratique régulière d’une activité physique, contribuent également à améliorer l’humeur et à réduire les symptômes de la dépression.

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En conclusion

La dépression saisonnière est un trouble bien réel, mais elle n’est pas une fatalité. En prenant conscience des facteurs déclencheurs et en adoptant des stratégies de prévention adaptées, il est possible de minimiser ses effets et d’améliorer la qualité de vie durant les mois d’hiver. Dans tous les cas, il est important de ne pas ignorer les symptômes et de consulter un professionnel de santé si nécessaire, afin de bénéficier du traitement adéquat. Le bien-être mental, tout comme le bien-être physique, doit être une priorité à tout moment de l’année.

 

par Clémence Joao, praticienne en hypnose du réseau Médoucine.

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