« Ma vie m’appartient et elle est entre mes propres mains ». Voilà une affirmation à répéter, intérioriser, intégrer. Non seulement, elle fait du bien mais aussi elle sert l’assertivité. On est assertif quand on a confiance, en soi et dans la vie.
Dans le contexte actuel, difficile pour tous, de nombreux jeunes ont perdu pied. Un sentiment de perdre le contrôle, d’inutilité, un « A quoi bon » sournois a envahi rêves et idéaux pour teinter le monde en gris.
Comment alors retrouver le goût de la vie et l’envie de la dessiner à sa guise ? Comment aider un jeune à se réapproprier son existence ?
1 – Le goût de la vie
S’approprier son existence, c’est déjà, en tout premier lieu, avoir le goût de la vie.
Le goût de la vie s’appuie sur une sécurité affective, des relations sociales et une appartenance, l’échange et la découverte.
Tout ce que vous pouvez faire pour privilégier ces points, faites-le. Avec les contraintes sanitaires, les jeunes ont été coupés subitement dans leurs élans d’explorations et leurs besoins d’interactions sociales. Or, ils ont besoin du monde pour se définir.
Alors, comment aider un jeune à se réapproprier son existence ? Veiller à ce qu’il maintiennent cet accès au monde est primordial pour lui donner le goût de la vie. Découvrir, explorer, échanger, rire, aimer et se sentir aimé, voilà les ingrédients principaux qui font aimer la vie et lui donner ainsi l’occasion d’être belle.

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Le goût de la vie nourrit l’envie d’agir
C’est par l’action qu’on teste, se frotte au monde, et que l’on découvre nos zones de compétence. Se sentir compétent booste la confiance en soi. La confiance en soi est liée à la capacité d’agir. Non pas qu’il faille absolument réussir, mais croire en ses capacités pour oser aborder du nouveau, persévérer, se renouveler, progresser en apprenant de ses erreurs. Favoriser la confiance en soi chez les jeunes, les aider à croire en leurs capacités, c’est leur ouvrir les portes de leur avenir.
Comment redonner confiance à un jeune et l’aider à se réapproprier son existence ?
Prenez du temps pour l’écouter et développer votre qualité d’écoute.
Il vous fait part d’un projet, d’une envie, d’une interrogation ? Abandonnez toute projection, jugement, irritation ou à priori, pour donner toute sa place à son propos, ses aspirations. Cherchez à comprendre avant tout. Comprendre ce qu’il cherche, ce qu’il souhaite, ce qui le motive, etc. Vous pouvez vous installer dans une dynamique du « pourquoi pas ». Plus vous l’aiderez à dérouler son plan, plus vous découvrirez ensemble les points positifs et les points négatifs; c’est ainsi qu’il pourra ajuster, revoir, améliorer, ou même choisir d’abandonner. Mais c’est elle, c’est lui, qui choisit, devient acteur. En développant son autonomie, en réorganisant sa vision de lui-même, en prenant conscience de ses ressources, le jeune aura ainsi prise sur ses possibilités d’actions et cela l’aide à s’approprier son existence.
S’engager, se rendre utile, est primordial. En cette période de pandémie alors que toute activité était gravement restreinte, les chiffres montrent que les jeunes qui se sont engagés bénévolement ont moins souffert psychologiquement que les autres.
2 – Les émotions

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L’aider à clarifier et accepter ses émotions
S’approprier sa vie, son existence, c’est aussi comprendre ce qui se passe en nous, être connecté à soi. Un chemin privilégié de compréhension de soi est d’entendre et clarifier les émotions qui nous habitent.
Les jeunes sont régulièrement traversés par des méli-mélos d’émotions parfois intenses et contradictoires. En ce début d’année, par exemple, ils peuvent être habités autant par l’excitation, l’enthousiasme, que de l’inquiétude, voire une certaine angoisse. Pour les nouveaux étudiants, une certaine tristesse de quitter le confort familial peut se camoufler, malgré la joie de gagner plus d’indépendance. Toutes ces émotions s’entremêlent. En l’absence de clarification elles risquent de déborder. Elles s’impriment dans le corps, installent un mal-être diffus, se traduisent par des comportements inadaptés voire malheureux. Aider le jeune à comprendre ce qu’il vit, les différents états qu’il traverse, l’aide à se situer et s’accepter. Lors des stages et ateliers que j’anime auprès des jeunes, régulièrement je constate un mieux être après ce travail de gestion des émotions.
3 – Après le goût de la vie, vient le sens de la vie
Chacun de nous est unique et a sa place sur la terre.
Avoir le goût de la vie c’est aussi croire que sa vie est unique, qu’elle a une densité et un sens.
Aider un jeune à se réapproprier son existence passe donc par le fait d’interroger le sens qu’il veut lui donner. Qu’est ce qui est important pour lui ? Qu’est-ce qu’il aime et le rend heureux ? Qu’est-ce qui est fondamental dans ses relations, dans son rapport aux autres ? Poser des objectifs réalisables et les atteindre stimulent l’action. Ce qui donne sens à ces objectifs et leur donne toute pertinence, c’est de les aligner sur des BUTS qui répondent au « pour quoi faire cela ? » Quand tout cela est cohérent, c’est le jackpot !
On ne peut avoir le sentiment d’être acteur de sa vie que lorsqu’on comprend pour quoi et comment on fait ceci ou cela. C’est d’ailleurs pour cette raison que les offres de stage sine die ou inintéressantes, que les mauvaises ambiances professionnelles, que le manque de reconnaissance, d’intégration ou de valorisation, que la critique négative systématique, développent amertume, ressentiment et faible estime de soi. Tout cela creuse les routes de la dépression et du mal-être.
4 – Croire que c’est possible !
Pour croire que « ma vie m’appartient et qu’elle est entre mes propres mains », il faut déjà croire en soi et en ses possibilités.
Aussi, pour aider un jeune à se réapproprier son existence, croyez en lui, croyez en ses facultés, croyez en sa fabuleuse capacité de progression et d’action, croyez en ses réussites, croyez à sa possibilité d’être heureux ! C’est cela qui le rendra heureux, lui donnera le goût de la vie, le soutiendra dans ses doutes et ses échecs, l’assurera qu’il a une place et un avenir.
Faites tout cela avec légèreté, en riant et en s’aimant, car c’est dans votre amour pour lui et pour la vie, qu’il puisera la confiance nécessaire à la réalisation de soi.
Par Laure de Balincourt, coach PNL, recommandée du réseau Médoucine.
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