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Se libérer des chaînes de la jalousie amoureuse par la thérapie brève

17 juin 2024

Avez-vous déjà ressenti de la jalousie dans votre couple ? Ou observé ce sentiment dans les couples qui vous entourent ? Ou partagé sur ce sujet avec des ami(e)s ? Ce sentiment si bien connu, si décrié aussi (on nous fait croire depuis tout petit que « ce n’est pas beau d’être jaloux « ), rend tellement malheureux les deux partenaires qu’il est important de ne pas laisser la situation pourrir jusqu’à détruire la relation. Alors, comment faire pour s’en libérer ?

Un sentiment si humain, complexe et ancestral

La jalousie est un sentiment complexe, qui mêle à des degrés divers la peur (de perdre une relation, d’être rejeté), la tristesse (perte du lien avec soi, avec l’autre), et la colère (contre soi, contre l’autre).

C’est un poison puissant pour la relation, qui peut mener aux actes les plus radicaux, comme le raconte l’histoire biblique du meurtre d’Abel par son frère Caïn.

Une volonté de contrôle de l’autre

Dans la sphère amoureuse, la jalousie se traduit souvent par une volonté, consciente ou non, de contrôle de l’autre :  » où étais-tu ce soir ? « ,  » à qui tu envoies des SMS ? « ,  » pourquoi tu lui as parlé aussi longtemps ? « ,  » tu es sûr que tu me dis tout ? « ,  » je ne veux plus que tu voies cet ami « . Par peur de le perdre, le partenaire jaloux, consciemment ou non, réduit peu à peu, souvent insidieusement, la liberté de son conjoint.

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Des tentatives croisées de réassurance, vouées à l’échec

Car, fondamentalement, la jalousie est une tentative de réassurance vouée à l’échec : je voudrais avoir la certitude que mon conjoint ne me quittera jamais, que je ne serai pas abandonné. Ou je voudrais rassurer mon conjoint sur le fait que je ne le quitterai jamais. Or, cette certitude n’existe pas : quelles que soient la durée et la qualité d’une relation, personne ne peut prédire son avenir, et le seul moyen de n’être jamais quitté, c’est probablement de ne jamais se mettre en couple !

Un cercle vicieux alimenté par… les deux conjoints !

La personne jalouse demande continuellement des preuves qui ne sont à ses yeux jamais suffisantes, et qui laissent toujours une place au doute. À vouloir contrôler l’incontrôlable (la liberté d’être, de penser, et d’agir de l’autre), elle ne fait qu’amplifier ses propres doutes, augmenter ses peurs, et, dans un parfait cercle vicieux, renforcer sa volonté de contrôle. En miroir, ce processus est largement alimenté par le conjoint (malgré lui bien sûr !) qui s’efforce d’expliquer, de se justifier, de rassurer, de prouver, malheureusement sans jamais y parvenir.

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Provoquer ce que l’on redoute le plus

Les tentatives permanentes de contrôle génèrent un sentiment de défiance qui s’installe comme un poison à mort lente. Le conjoint finit par se sentir prisonnier, étouffé, ce qui l’amène naturellement à prendre ses distances, jusqu’à parfois rompre une relation devenue invivable pour lui.
Paradoxalement, en voulant éviter la rupture, la personne jalouse finit par la provoquer, dans une forme de prophétie autoréalisatrice.

Une vision interactionnelle et comportementale

La thérapie brève systémique et stratégique fondée sur le modèle de Palo Alto considère que la jalousie existe dans un contexte relationnel spécifique, et qu’elle est alimentée malgré eux par les comportements des deux conjoints. De ce point de vue, il n’y a donc pas de personnes  » maladivement jalouses « . Le praticien travaille donc avec le membre du couple demandeur d’un changement (parfois les deux), pour modifier ses comportements qui nourrissent le sentiment de jalousie chez lui ou chez l’autre, et faire ainsi évoluer l’interaction vers un équilibre relationnel plus apaisé.

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Je me sens jaloux, comment m’en sortir ?

Quand une personne jalouse consulte, c’est souvent que la relation est déjà très abîmée (beaucoup de souffrance, parfois un ultimatum :  » tu vas te faire aider, sinon je te quitte « ). Le praticien travaille alors avec elle à briser le cercle vicieux décrit plus haut.

  • Normaliser les émotions

Une émotion est par définition spontanée, et totalement incontrôlable. Je peux la canaliser, mais pas l’empêcher d’exister. La personne en souffrance va donc être invitée à accueillir et observer ses émotions sans jugement (peur, tristesse, colère), première étape importante pour espérer la canaliser positivement.

  • Agir plutôt que comprendre

Plutôt que passer du temps à comprendre d’où vient cette jalousie, l’important est de regarder comment fonctionnent au quotidien ses tentatives de contrôles infructueuses de la relation. Puis, par des recadrages de perception, la personne est amenée à sentir que ses tentatives, en fait, ne fonctionnent pas, mais aussi qu’elles détruisent petit à petit la relation, au risque de provoquer justement ce qui est redouté, à savoir la rupture par un conjoint qui étouffe.
Des expériences à faire entre les séances visent ensuite à les rendre aversives pour stopper ces comportements compulsifs :  » Maintenant que vous avez compris l’engrenage, vous pouvez choisir de contrôler – ou pas – ses messages tous les soirs, mais si vous le faites, à chaque fois que vous le faites, vous devez vous dire que vous aggravez les risques de détruire la relation. »

  • Traverser les peurs légitimes

La personne va ensuite pouvoir reconnaître et affronter ses peurs, tellement légitimes, d’être quittée :  » Vous avez parfaitement raison d’avoir peur car dans toute relation la rupture est une issue possible. Je vous propose de regarder comment vous pourriez faire face à une telle situation, quelles ressources vous pourriez mobiliser « . Parfois, elle est invitée à s’exercer régulièrement à imaginer la rupture, et à se projeter émotionnellement dans les pires scénarios… et il est fréquent qu’elle réalise que  » finalement, je crois que je m’en sortirai ! « 

  • Nourrir positivement la relation

Et enfin, par des entraînements, la personne est amenée à identifier et adopter de nouveaux comportements positifs pour nourrir la relation amoureuse, et la conforter dans la durée (exemples : oser partager ses peurs, ses doutes, exprimer ses besoins, être attentif à l’autre, etc.).

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Je vis avec une personne jalouse, comment m’en sortir ?

Lorsqu’une personne consulte pour un conjoint jaloux, l’essentiel est de lui faire aussi sentir comment elle alimente malgré elle le cercle vicieux de la jalousie par ses tentatives de réassurance infructueuses. Là aussi, par des recadrages de perceptions, elle va réaliser que toutes les tentatives de justifier, de prouver, de démontrer ses sentiments ou sa fidélité ne fonctionnent pas, et, au contraire, alimentent les doutes sans fin de son partenaire. Elle va alors travailler progressivement à stopper ces comportements, à oser poser ses limites pour affirmer respectueusement sa liberté, et à ne plus prendre en charge les peurs de l’autre.

Pour une relation amoureuse de qualité

La thérapie brève peut donc être une solution pragmatique, rapide et élégante pour se libérer des chaînes de la jalousie, et favoriser une relation amoureuse de qualité qui respecte la liberté de chacun.

 

par Armel Cusin-Gogat, praticien en thérapie brève systémique et stratégique du réseau Médoucine.

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