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Relever le défi de la famille recomposée avec la thérapie systémique

famille

De nos jours, les familles recomposées sont de plus en plus courantes. Elles concernent 10% de la population et l’INSEE a même adapté son recensement en 2018 pour leur donner une visibilité à part entière.
Pour autant, la place de chacun dans ces nouvelles familles n’est pas forcément plus évidente, de même que leur mode de fonctionnement. Au contraire !
Si faire fonctionner un couple au quotidien est un travail, faire fonctionner une famille recomposée en est un autre. Ce modèle nécessite un engagement et une responsabilité tout autres que dans un couple sans enfant. L’amour seul ne suffit malheureusement pas.

Quels sont les ingrédients nécessaires pour réussir ce défi ? Voici quelques pistes à mettre en place dès le début de la relation, avec l’aide de la thérapie systémique.

La thérapie systémique, une approche globale et une vision d’ensemble

Un système se définit par un ensemble d’éléments qui interagissent entre eux et qui s’auto-régulent, dans le but d’assurer leur équilibre. Cette définition se retrouve dans de nombreux champs, comme la physique, la chimie mais aussi les sciences sociales et la psychologie. Concernant cette dernière, on considère par exemple qu’un couple forme un système, comme c’est le cas pour une famille, une entreprise ou un groupe d’amis.
La thérapie systémique ne s’intéresse pas uniquement aux points de vue individuels. Elle porte également un regard sur le groupe que constituent ces individus. Elle aide à travailler sur la place de chacun et favorise la ré-harmonisation du groupe.

  1. Prévoir des moments de communication familiale :

    Il est important de parler de la situation familiale, fréquemment et ouvertement. Vous pouvez prévoir des temps consacrés à cette communication, comme un rendez-vous régulier ou une activité à part entière. La fréquence est à définir tous ensemble.
    Pendant ce moment dédié, chaque membre de la famille recomposée est présent et les téléphones portables sont interdits. Le cadre doit être géré pour que chacun, même les plus petits, puissent s’exprimer de manière équitable. Attention au contenu : il s’agit d’un espace pour co-construire la famille recomposée et la faire évoluer, pas pour déverser son ressentiment. Prenez le temps d’identifier les sources de désaccord et d’écouter les points de vue et les valeurs de chacun.

  2. Définir et respecter la juste place de chacun :

    Dans un monde idéal, les places sont claires : les deux adultes forment le couple amoureux et ce sont eux qui gèrent le cadre et s’occupent des enfants. Mais il arrive parfois que les rôles s’inversent. On peut citer de nombreux exemples, comme des enfants qui peuvent devenir « parents de leurs parents », en s’occupant d’eux plus qu’ils ou elles ne le devraient. Ou bien des parents, culpabilisant de leur séparation et de leur nouvelle situation, qui assouplissent grassement le cadre, poussant les enfants à trouver leurs propres limites. Ou encore un des parents qui demande à son enfant de faire passer un message à l’autre… Tout cela amène à une confusion des rôles, qui peut avoir des effets toxiques sur l’ensemble su système.
    Pour prévenir ce type de comportement et vous inscrire dans une démarche positive, nommez clairement la place de chacun, qu’il s’agisse des membres de la famille initiale ou de la famille recomposée. Définissez les périmètres d’action associés à chacune des personnes, ainsi que leur limites : autorité sur les enfants, organisation de la vie familiale, tâches ménagères… C’est ce qui va permettre de légitimer les différents rôles, éviter les conflits de loyauté et structurer la famille recomposée.

  3. Prendre son temps :

    Avant de se nommer famille recomposée, prenez le temps d’investir votre couple. Passez des moments à deux, sans les enfants de l’un ou de l’autre pour construire une base conjugale solide. C’est sur celle-ci que vous pourrez ensuite vous appuyer, en cas de difficultés.
    Au niveau relationnel, le temps est également un allié précieux pour tisser des liens et de la complicité. Même avec des enfants, même en bas âge. Il est nécessaire d’accepter que cela puisse parfois prendre des mois, voire des années pour créer une vraie relation entre les nouveaux beaux-parents et beaux-enfants, ou bien entre les enfants de cette fratrie recomposée. N’hésitez pas à mettre ce temps à profit pour partager des moments tous ensemble. En effet, ce sont les activités collectives, les projets communs et le « faire ensemble » qui vont cimenter la famille recomposée et créer des possibilités d’affinités.

  4. Autoriser l’absence d’amour :

    Dans ce nouveau système, le respect est obligatoire, mais l’amour non. S’il y en a, c’est bien. Mais s’il n’y en n’a pas, ce n’est pas fondamental.
    Il est primordial de poser cette règle très tôt dans la relation et de l’énoncer verbalement. Il n’y a pas d’obligation pour les enfants d’aimer le nouveau beau-père, la nouvelle belle-mère, ni les nouveaux demi-frères ou sœurs. De même pour les conjoints, il n’y a aucune obligation d’éprouver de l’amour ou de l’affection pour les enfants de l’autre.
    À l’heure où l’amour pour son prochain reste encore une injonction et où il est encore difficile de dire ouvertement que l’on n’éprouve pas d’affection pour un enfant, il est important de déculpabiliser, du côté des petits comme de celui des grands.
    Et contre toute attente, cette démarche peut parfois même permettre à ce sentiment de finalement naître.

 

Le maître mot reste la communication. A travers ces différents points et sous l’angle de la thérapie systémique, vous permettrez à chacun d’exprimer son ressenti, positif comme négatif, et d’éviter les non-dits qui s’enkystent et empoisonnent les relations.
Si les tensions persistent malgré l’engagement des deux partenaires, n’hésitez pas à vous faire accompagner en thérapie, pour pacifier les interactions et aider chacun à trouver ou à prendre sa place.

Jenny Seibert A propos de l'auteur

Psycho-somatothérapeute certifiée, j'accompagne les adultes et adolescents, les couples et les familles.

Mes outils : techniques psycho-corporelles et somatothérapie, art-thérapie, sexothérapie, thérapie systémique et psychogénéalogie

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