Les habitudes sont aussi essentielles à notre équilibre interne qu’à notre vie en société. Fonctionner grâce à nos habitudes est un gain de temps et d’énergie pour notre cerveau. Ne plus avoir à faire l’effort de vouloir et se laisser aller à nos mécaniques spontanées, à une forme d’intelligence délestée du poids de la conscience et des lourdeurs du vouloir, peut s’avérer très libérateur et source de créativité. Mais dès lors que nos habitudes finissent par nous faire perdre toute capacité de libre-choix, nous nous confrontons au déséquilibre, à la perte de sens, à l’isolement…
Notre cerveau aime les habitudes !
Les neurosciences nous ont appris que notre cerveau se façonne tout au long de notre vie. Nos interactions avec le monde produisent continuellement des interactions et des communications chimiques entre nos neurones grâce aux synapses. Au fil du temps et des expériences, les connexions synaptiques se fabriquent et se défont, constituant un vaste réseau neuronal évolutif :
- les connexions les plus souvent utilisées, et qui codent les expériences les plus souvent vécues, se renforcent,
- alors que les connexions les moins utilisées, qui codent les expériences les moins répétées, s’affaiblissent, parfois même sont éliminées. C’est ainsi par exemple que l’on perd la maîtrise d’un instrument de musique faute de s’y entrainer…
Si le plus gros du travail s’effectue pendant l’enfance et l’adolescence, ce processus se poursuit également à l’âge adulte. Le cerveau crée constamment de nouveaux circuits. Malheureusement, le cerveau ne regarde pas la qualité de ce qu’il supprime : il trie seulement en fonction de la fréquence. Et c’est un peu le risque… À trop surfer sur nos bonnes vieilles habitudes, nous affaiblissons la plasticité de notre cerveau et sommes de moins en moins capables de nous ouvrir à la nouveauté, d’apprendre et de changer nos habitudes !
L’usage des écrans devient ainsi problématique quand il commence à empiéter sur nos autres activités, et ce même quand on est soi-même convaincu qu’on aurait mieux à faire (comme dormir par exemple… !). On entre dans l’ère de la dépendance.
Une habitude devient « mauvaise » lorsque l’on persiste dans un comportement (on continue à consommer un produit ou à pratiquer une activité par exemple), alors même que nous sommes conscients de ses conséquences négatives sur notre santé et/ou notre équilibre émotionnel, mais que nous sommes incapables d’y résister.
Certains de ces comportements deviennent même des addictions, et il convient d’en parler avec votre médecin. Lui seul est habilité à mesurer avec vous votre degré de dépendance et à vous orienter dans un éventuel parcours de soin.

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Créer sans arrêt de nouvelles habitudes
Les programmes qui se créent dans notre cerveau sont capables de détecter rapidement des événements saillants, c’est-à-dire potentiellement et habituellement importants. Ce système de réactions stéréotypées à l’environnement est ainsi constitué d’associations réflexes qui permettent de répondre très rapidement à un stimulus. Il s’agit là d’un puissant mécanisme de distraction qui peut faire dévier l’attention en une fraction de seconde : par exemple sauter notre téléphone lorsque l’on reconnait le « bip » d’une notification…
En résumé, pour se débarrasser de nos vieilles habitudes, rien de tel que d’en développer de nouvelles qui nous obligent à nous remettre en mode « apprentissage » et à développer de nouvelles connexions synaptiques. Et contrairement à ce que certains prétendent, notre cerveau n’est pas une machine multitâche. Pour apprendre, il doit se concentrer sur une seule activité à la fois.
La sophrologie est un allié de taille face aux mauvaises habitudes. Dans notre société contemporaine qui ne supporte plus l’ennui, nous sommes devenus l’objet de nos distractions et avons perdu beaucoup de nos facultés attentionnelles.
Apprendre à diriger et maintenir intentionnellement notre attention vers une seule tâche aiguise notre libre-arbitre, éveille notre curiosité, enrichit notre rapport à nous-même, aux autres, au monde. Entraîner notre attention active, c’est renforcer la qualité de présence que nous mettons à ce que nous faisons.
Dans le 1er degré de la sophrologie, consacré au présent et au corps, ce qui est très surprenant c’est de s’apercevoir que, loin de nous fatiguer, le travail de concentration favorise le repos et la récupération. Puis peu à peu, le plaisir que nous procurent ces temps d’intériorisation et d’écoute active deviennent aussi intéressants et satisfaisants que nos activités « passives ».

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Deux petits exercices simples pour muscler votre capacité d’attention active
Pour commencer, dessinez mentalement un carré en utilisant chaque mouvement de respiration par côté :
- J’inspire, je dessine un premier côté,
- j’expire, je dessine un deuxième côté,
- j’inspire, le troisième côté,
- j’expire, je ferme mon carré.
- … Ainsi de suite.
Évaluez combien de carrés, vous parvenez à dessiner avant de perdre le fil et de vous mettre à penser à autre chose. Et voyez si, en vous entraînant sur plusieurs jours, vous parvenez petit à petit à rester concentré.e plus longtemps.
Vous pouvez également apprendre à vous concentrer sur votre corps :
- Installez-vous dans une posture assise confortable. Fermez vos yeux et concentrez-vous quelques secondes sur votre respiration. Suivez juste le mouvement que les inspirations et expirations donnent à votre corps.
- Puis posez votre attention sur une de vos deux mains et serrez le poing. Maintenez-le serré quelques secondes et desserrez tout doucement. Prenez alors quelques instants pour relever tout ce que vous percevez au niveau de cette main (des petites variations de température, des picotements, des pulsations…). Vous pouvez répéter l’exercice une ou deux fois avec la même main puis changer de main. Et là aussi, voyez si à force de répéter l’exercice, vous maintenez plus longtemps votre attention, vous relevez plus de sensations…
En nous laissant moins distraire, en nous entraînant à être plus attentifs et plus attentionnés à notre corps, nous nous sentons plus présents, plus dynamiques, plus acteurs de nos choix, de notre vie. Il devient alors tout à fait naturel de ne plus nous laisser polluer par nos propres habitudes.
par Carole Salaun, sophrologue du réseau Médoucine.
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