En thérapie brève, la clé réside souvent dans la capacité à poser des questions qui guident le client vers des solutions concrètes et des résultats rapides. Contrairement aux thérapies traditionnelles, qui explorent souvent les origines profondes des problèmes, les thérapies brèves se concentrent sur un objectif précis. L’idée n’est pas tant de comprendre d’où vient le problème, mais de travailler directement sur ce que la personne souhaite changer dans l’ici et maintenant.
Lorsque l’on parle de thérapies brèves, notamment en Programmation Neuro-Linguistique (PNL), on cherche à établir des objectifs qui soient SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporellement définis). Pour que l’objectif soit véritablement efficace, le thérapeute doit poser les bonnes questions afin d’accompagner le client dans la formulation précise de ce qu’il souhaite accomplir. Les questions permettent d’affiner les objectifs, de révéler des éléments souvent cachés dans les émotions, et d’ouvrir des pistes de solutions.
Je vous invite à découvrir comment le bon usage des questions stratégiques peut provoquer des transformations positives et durables, tout en renforçant la confiance en soi et l’autonomie du client.
Pourquoi le questionnement est-il si important en Thérapie Brève ?
Le questionnement en thérapie brève n’est pas simplement un échange d’informations. C’est un outil thérapeutique puissant qui, bien utilisé, permet de débloquer des situations complexes rapidement. Voici comment il fonctionne :
- Éveiller la conscience : En posant des questions ciblées, le thérapeute aide le client à prendre conscience de ses pensées, de ses émotions, et de ses comportements. Cela permet de mieux comprendre les schémas internes qui entretiennent le problème.
- Orienter vers les solutions : Plutôt que de se perdre dans l’analyse du problème et de ses causes, les questions orientées vers la solution encouragent le client à imaginer un futur amélioré. Elles l’aident à se projeter dans ce qu’il pourrait faire pour atteindre cet état et à se concentrer sur les actions à entreprendre pour y parvenir.
- Explorer les émotions : Il est essentiel d’explorer les aspects émotionnels du problème. Bien souvent, c’est à ce niveau que se trouvent les blocages et les clés pour les résoudre. Les questions du type « Que ressentez-vous lorsque…? » permettent de révéler des freins émotionnels inconscients. Ces émotions non exprimées peuvent ensuite être travaillées, ce qui libère le potentiel de changement.
- Renforcer l’autonomie : Le but n’est pas de donner des réponses au client, mais de l’aider à découvrir ses propres solutions. Ce processus renforce son sentiment de compétence et d’auto-efficacité, lui donnant confiance dans sa capacité à gérer les défis futurs.
- Recadrer et prendre du recul : Les bonnes questions permettent de changer de perspective, de recadrer la situation. Ce recadrage amène le client à voir son problème sous un autre angle, parfois plus léger, et à trouver des solutions internes qu’il ne voyait pas auparavant. Cela peut également ouvrir la voie à des solutions externes provenant de son entourage ou de son environnement.
- Explorer l’écologie du changement et les bénéfices secondaires : Lorsqu’un client identifie l’objectif qu’il souhaite atteindre, il est important de vérifier si ce changement est écologique pour lui et son entourage. Les bonnes questions permettent d’explorer les bénéfices secondaires d’une situation problématique : même un problème peut parfois avoir des avantages cachés. Par exemple, un changement souhaité peut remettre en cause un équilibre, même précaire, mais familier et connu. Ce type de questionnement aide le client à prendre conscience des déséquilibres que le changement pourrait créer, et à évaluer si le changement est viable et souhaitable.

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La Thérapie Provocatrice : L’utilisation de l’humour et de l’audace
La thérapie provocatrice, popularisée notamment par Giorgio Nardone, est une autre approche qui peut s’avérer extrêmement efficace pour aider les clients à débloquer des situations apparemment figées. L’idée est d’utiliser l’humour, l’ironie, et parfois l’exagération pour provoquer des réactions chez le client, lui permettant de prendre du recul et d’observer son propre problème sous un nouvel angle. Cette approche audacieuse est particulièrement utile pour poser des questions décapantes, qui touchent directement au cœur du problème tout en amenant un certain allègement émotionnel.
L’humour devient alors un outil thérapeutique puissant pour désamorcer les résistances. En utilisant des questions décalées ou exagérées, comme : « Et si vous essayiez de faire encore plus d’efforts pour rendre la situation encore plus compliquée ? », le client est forcé de voir la situation différemment, ce qui ouvre la voie à de nouvelles solutions.
Cependant, l’essentiel dans cette approche est de rester fidèle à soi-même. Utiliser l’humour ou la provocation ne doit jamais être forcé. Cela fonctionne uniquement si cela correspond à la personnalité du thérapeute. Pour certains, cette méthode permet de créer une connexion plus authentique avec le client, en dédramatisant le problème tout en gardant un fond thérapeutique sérieux.

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Différents types de questions utilisées en Thérapie Brève
Questions de clarification et de spécification
Ces questions permettent de clarifier une situation en la ramenant à des faits concrets. Elles aident à éviter les généralisations et à se concentrer sur des détails spécifiques :
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- Exemple : « Pouvez-vous me donner un exemple précis de la dernière fois où vous avez ressenti cela ? »
- Objectif : Mieux cerner la situation pour rendre le problème plus tangible.
Questions orientées vers la solution
Ces questions poussent le client à se projeter dans un avenir sans problème et à visualiser les changements qu’il souhaite voir apparaître :
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- Exemple : « Si ce problème n’existait plus, que feriez-vous différemment dans votre vie ? »
- Objectif : Concentrer le client sur les améliorations à atteindre.
Questions sur les ressources et compétences
Il s’agit de rappeler au client qu’il a déjà les ressources nécessaires pour faire face à ses difficultés, en se basant sur des expériences passées :
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- Exemple : « Y a-t-il eu des moments où vous avez réussi à surmonter une situation similaire ? Comment avez-vous fait ? »
- Objectif : Renforcer la confiance en soi en mettant en avant les compétences déjà acquises.
Questions de projection et d’évaluation future
Ces questions aident le client à évaluer les conséquences de ses actions actuelles sur l’avenir :
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- Exemple : « Si vous continuez à faire ce que vous faites actuellement, comment voyez-vous votre situation dans six mois ? »
- Objectif : Motiver le changement en aidant le client à anticiper les résultats futurs de ses choix présents.
Questions circulaires
Ces questions explorent les dynamiques relationnelles et aident le client à comprendre comment ses actions affectent ses relations avec les autres :
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- Exemple : « Comment votre partenaire réagirait-il si vous changiez votre comportement dans cette situation ? »
- Objectif : Faire prendre conscience des impacts de son comportement sur son environnement relationnel.

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L’impact des bonnes questions sur le changement thérapeutique
Éveiller l’auto-réflexion et la découverte de soi
Les questions bien posées encouragent une réflexion profonde, permettant au client de mieux comprendre les mécanismes internes qui bloquent sa progression. Cette prise de conscience est souvent le premier pas vers un changement personnel.
Créer un état d’esprit orienté vers la solution
Les questions axées sur les solutions aident le client à adopter un état d’esprit proactif et tourné vers le futur, en se concentrant sur ce qui peut être fait plutôt que sur ce qui ne va pas.
Renforcer l’autonomie et la confiance en soi
Lorsqu’un client découvre ses propres réponses, il renforce son sentiment d’autonomie et sa confiance en ses capacités à surmonter les défis. Cela l’aide à se sentir plus solide face aux épreuves à venir.

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Poser les bonnes questions en thérapie brève est un art subtil, mais incroyablement puissant. En orientant le client vers ses ressources internes, en explorant ses émotions, et en ouvrant des perspectives nouvelles sur ses difficultés, ces questions deviennent de véritables moteurs de transformation. L’art du questionnement permet de déclencher un processus de changement rapide et durable, amenant le client à trouver des solutions qu’il n’aurait pas envisagées seul. Que ce soit pour recadrer la situation ou évaluer l’écologie du changement, les questions bien choisies en thérapie brève ouvrent la voie vers l’autonomie, la confiance en soi, et un bien-être retrouvé.
par Frédéric Garcia, praticienne en hypnose du réseau Médoucine.
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