Menu

L’hypnose : au-delà des idées reçues

L'hypnose

Tout ce que vous allez lire sur l’hypnose dans les minutes qui suivent est à la fois utile… et inutile ! Drôle d’accroche, me direz-vous. Sauf qu’elle pousse les curieux et les sceptiques à continuer la lecture.

En écrivant cet article, derrière mon écran, je pensais à toutes les idées reçues sur l’hypnose que j’entends : « Ca ne fonctionne pas sur moi », « J’ai peur de dormir », « Je ne veux pas perdre le contrôle », « Je n’y crois pas »… Faisant office de vérités absolues, toutes ces croyances sont à la fois utiles pour la personne qui y croit et inutiles dans le sens où elles ne lui offrent pas l’accès à d’autres possibilités, ni voir les choses sous un autre angle.

Voici mon point de vue.

Inventaires d'idées reçues sur l'hypnose

© D.R

Quelques idées reçues sur l’hypnose

« Ca ne fonctionne pas sur moi »

Face à cette idée reçue très répandue sur l’hypnose, que répondre ? Si ce n’est que l’état d’hypnose, état hypnotique, état de conscience modifié, transe (vous choisirez le “mot doux” qui vous convient) est un état on ne peut plus naturel.

Votre cerveau provoque cet état de manière naturelle plusieurs fois par jours. Plus précisément avec le cycle ultradien de 90mn, rythme biologique, qui permet entre deux cycles de faire une « pause » naturelle. Vous savez, ces moments où l’on « décroche »… Lorsqu’on est absorbé par un livre, un film, une conversation avec un ami, lorsqu’on médite, qu’on fait du sport intensément, quand on se dit qu’on n’a pas vu passer l’heure… Je prends un minimum de risques si je vous dis que vous avez vécu au moins une fois une de ces expériences. Vous connaissez aussi cet état d’entre-deux, entre somnolence et état d’éveil, quand le réveil sonne.

Tous ces exemples se produisent naturellement permettant d’accéder à un autre état que notre état de pleine conscience. Lors de la séance d’hypnose, l’accompagnant va induire la réceptivité du sujet pour atteindre cet état que vous arpentez depuis votre naissance. Si cela ne fonctionne pas, cela ne vient pas de vous mais de la méthode utilisée qui n’est pas adaptée. Mieux vaut changer d’hypnologue.

Hypnose : état de pleine conscience

© D.R

« J’ai peur de dormir »

Quand on est fatigué, je dirais que le mieux à faire est d’écouter son corps et de se reposer. Blague à part, la peur de dormir associée à l’hypnose est une peur ancestrale. Elle remonte à une période où l’on exerçait l’hypnose directive, notamment au XIIIe siècle. Période de ce fameux « Et maintenant : dormez ! », repris par l’hypnose de spectacle. Une pratique dont l’utilité restreinte, associée à un contexte très particulier, permet de captiver un public ébahi grâce à un effet théâtral.

L’hypnose d’accompagnement repose sur le fait que la personne est active dans son processus d’accompagnement. Pour ce faire, l’utilité d’être dans un état de conscience modifié est la condition sine qua non pour un travail efficace.

Lors d’une séance d’hypnose, les rythmes cérébraux montrent une prédominance d’ondes alpha. Ondes qui traduisent un état apaisé (1). Le rythme cérébral lors du sommeil se concentre essentiellement dans les ondes théta et delta (2). Mais même pris d’une extrême fatigue, personne ne peut faire dormir quelqu’un contre son gré.

« Je ne veux pas perdre le contrôle »

Comme vu auparavant, l’état hypnotique est un état naturel et apaisé propice aux changements.

Qu’en est-il donc de la croyance de « perdre le contrôle » ?
L’autre jour une dame vient me voir en ayant le discours suivant : elle me dit être dans le besoin de tout orchestrer dans sa vie, depuis toujours, que ça la rassure et que la perspective de faire de l’hypnose lui fait peur. Peur de perdre le contrôle sur ce qui va se passer. Paradoxalement, ses enfants ne veulent plus lui parler, son mari est parti et son travail ne tient plus à grand-chose. Tout lui échappe malgré son contrôle permanent…

La croyance de perte de contrôle

© D.R

Respirer, marcher, conduire, faire du vélo, parler… pensez-vous réellement contrôler tous les muscles, les stratégies qui nous permettent de faire de telles actions ?L’inconscient, enregistre tous nos apprentissages et toutes les expériences de façon à alléger le conscient. Je dirais qu’il est donc « vital », de faire confiance à son inconscient, cette partie de nous réceptacle d’un réservoir de ressources, de compétences incommensurables.

En voulant tout contrôler, cette dame omet qu’il y a une autre partie d’elle-même qui prend en charge certaines choses. En accédant à son inconscient via l’hypnose, elle s’autorise à harmoniser toutes les parties d’elle-même, de retrouver un équilibre conscient/inconscient et par la même occasion de reprendre un peu de « contrôle sur sa vie ». De nombreux témoignages font état d’une reprise de confiance en soi grâce à l’hypnose.

« Je n’y crois pas »

Oh, voyons donc ça. Cela revient à renier une partie de soi en disant qu’elle n’existe pas. Comme dire la médecine, la musique, la météo je n’y crois pas… Bon OK, les exemples ont leurs limites, tout dépend de vos croyances.

L’état d’hypnose, état naturel, permettant d’accéder à notre potentiel de manière active ne serais qu’un leurre ? Nombre d’études scientifiques ont montré les effets bénéfiques de l’hypnose, notamment en milieu médical (3).

L'hypnose au-delà des idées reçues

© D.R

Faire les choses que vous aimez ne vous met-il pas dans un état particulier naturellement ? En ce qui me concerne, le « je n’y crois pas » est un non-sens soulevant l’idée de laisser de côté une partie de nous. Si j’osais, j’extrapolerais en disant que ne pas croire en une chose naturelle que l’on fait tous les jours, c’est oublier qui nous sommes, nous en tant qu’individu unique, dans cette société de consommation qui peut parfois éloigner de l’essence même de la vie… Mais je ne le ferais pas.

Alors oui ce n’est pas magique, cela peut demander parfois un peu de temps… Je définis l’hypnose comme la pratique qui permet de considérer la personne dans sa globalité, lui permettant d’accéder à l’ensemble de son potentiel, à une meilleure connaissance d’elle-même afin d’orienter sa vie sur le chemin du changement désiré.

Utile ou inutile, vous seul.e pouvez le dire…

Par Stéphanie Frayret, enseignante en hypnose et PNL, certifiée et validée du réseau Medoucine.

Annexes :

  1. Les différentes ondes cérébrales
  2. Rythme cérébral
  3. Les études scientifiques sur l’hypnose

A lire aussi :

 

 

 

Prenez RDV avec un praticien en médecine douce
Stéphanie Frayret A propos de l'auteur

Hypnothérapeute et praticienne en PNL

1 commentaire
  • Groscaux
    8 mars 2021 à 21 h 17 min

    Il faut souligner le fait que l’hypnose impose un certain travail conscient, par définition, puisque l’accompagnant parle et que le langage est l’outil principal du conscient.

    Répondre
Laisser une réponse