Votre enfant a un ou plusieurs troubles dys et vous aimeriez avoir quelques billes, quelques outils pour l’aider à s’apaiser ? à apprivoiser ses émotions ? à calmer ses angoisses ? à s’endormir paisiblement le soir ? Cet article est pour vous !
Comprendre ce qu’il vit
Pour pouvoir l’aider à s’apaiser, la première chose est de prendre conscience de ce que votre enfant vit au quotidien et ce à quoi il doit faire face à longueur de journée. Votre enfant a besoin de se sentir compris et soutenu.
- Un enfant dys (quelque soit le trouble – dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dysphasie, dyscalculie, dysgraphie) est confronté quotidiennement à l’échec. Tous les jours on lui demande de faire des choses qu’il ne sait pas faire ou qui sont très difficiles pour lui : lire, écrire, calculer…
- Il doit s’adapter en permanence à des fonctionnements qui ne lui sont pas adaptés et redoubler d’efforts pour tenter de faire comme tout le monde.
- Il a une fatigabilité bien plus élevée due à tous ces efforts d’adaptation et doit le plus souvent travailler beaucoup plus que les autres enfants puisqu’il a, en plus, des suivis spécifiques : orthophonie, ergothérapie, psychomotricité, psychologue…
- Il doit composer avec les réflexions, remarques, jugements des autres sur ce qu’il ne fait pas comme eux. Ce qui rend souvent ses relations avec les autres enfants un peu compliquées.
Toutes ces difficultés engendrent chez lui une frustration, une colère, un sentiment d’injustice très fort, une tristesse par rapport à la dévalorisation de lui-même, une angoisse qu’il a parfois du mal à contenir. Son premier besoin est qu’une personne au moins puisse comprendre ce qu’il vit.

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Le laisser vivre ses émotions
Quand ça déborde, ça déborde… Effectivement, il aura parfois du mal à calmer sa colère ou son angoisse. Dans ces cas de débordement, que faire ?
- Lui donner l’autorisation de sortir, d’exprimer ses émotions en lui apprenant à le faire en toute sécurité pour lui et pour les autres. Invitez-le à taper dans un punching-ball, dans un oreiller, sur un matelas, à s’isoler pour crier, pleurer, à se réfugier dans un lieu de sécurité…
- L’écoute, l’écoute, l’écoute… et un soupçon de patience 😉 Une fois l’émotion sortie, vous pourrez alors retourner vers lui, lui demander de respirer profondément plusieurs fois et de vous expliquer ce qu’il s’est passé. L’idée ici est de décortiquer les événements qui amènent à ce débordement d’émotions pour en comprendre le déclencheur et lui permettre de travailler dessus.
- L’aider à exprimer ses besoins : chaque émotion désagréable part d’un besoin non couvert : besoin de sécurité, besoin de se sentir compris, besoin d’être reconnu dans sa souffrance, besoin de se sentir aimé, besoin de se reposer, besoin de sentir valorisé… Parfois à la question « tu as besoin de quoi ? » il vous répondra juste : « j’ai besoin d’un câlin » ou « j’ai besoin d’être un peu seul ? » Ne forcez pas, restez à l’écoute de votre enfant et dîtes lui que vous n’êtes là pas loin s’il veut discuter ou partager quelque chose avec vous.
Il existe beaucoup de livres et de jeux qui peuvent l’aider à exprimer ses émotions et à prendre conscience de ses besoins : le jeu des émotions, le jeu des besoins, feelings, des livres aussi pour comprendre son fonctionnement différent : La casserole d’Anatole par exemple.

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Le valoriser et le mettre en position de réussite
Comme nous l’avons vu, un enfant dys est régulièrement en position d’échec, ce qui l’amène à se dévaloriser énormément. Vous l’entendrez certainement souvent dire les phrases suivantes : « je suis nul », « je suis bête », « je ne sais rien faire ». Pas facile pour un parent d’entendre cela, vous avez, vous aussi, le droit de vivre vos émotions et de laisser déborder le vase 😉
Pour tenter de « remonter » l’estime qu’il a de lui, vous allez pouvoir valoriser outre mesure toutes ses réussites :
- Montrez-lui, il faudra même sûrement lui démontrer, tout ce qu’il sait faire, ce qu’il fait mieux que les autres, toutes les matières ou activités dans lesquelles il excelle parce que ça a du sens pour lui. Les enfants dys ont souvent une sensibilité accrue, une empathie sur-développée qui l’aideront à terme dans ses relations aux autres, parlez-lui-en.
- Trouvez des activités qui le passionnent : écoutez-le, laissez-le aller naturellement vers ce qui l’anime et laissez-lui du temps entre l’école et les différents rendez-vous pour s’adonner à ces activités qui lui font du bien.
- Trouvez l’activité sportive dans laquelle il ne se sentira pas en compétition ou en difficulté.

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Et lui mettre à disposition tout ce qui pourra apaiser son corps et son esprit
Le retour au corps est fondamental pour apaiser un enfant dys :
- le massage lui permettra de lâcher un peu le mental, la pression qu’il se met constamment et de se concentrer sur son corps,
- le mouvement, la danse, si le trouble dys est associé à un trouble de l’attention, laissez-le bouger, il a besoin de ça pour se concentrer,
- la méditation, notamment au moment du coucher, lui permettra de mettre de côté toutes les frustrations de la journée et l’aidera à s’endormir plus rapidement et profondément,
- la cohérence cardiaque lui apprendra à bien respirer quand ça déborde en lui,
- globalement, toutes les techniques de relaxation l’aideront à accueillir ses émotions : sophrologie, hypnose, EFT (Emotional Freedom Techniques), méthode Vittoz,
- le soin sonore pourra aussi l’aider à s’endormir : le son des bols, leur vibration sur son corps apportent un apaisement immédiat idéal au moment du coucher,
- et le repos : oui, c’est tout simple, mais un enfant dys dépense beaucoup plus d’énergie que les autres pour se sur-adapter, il a donc besoin de plus de temps de pause, de repos ; du temps sans stimulation extérieure. C’est dans ces temps-là qu’il pourra exploiter sa créativité (souvent débordante) et trouver à la fois sa ou ses zones de force et de plaisir. Entre les devoirs et le repos, il faudra parfois choisir le repos.
Des accompagnements pourront aussi aider votre enfant et vous-même à vous apaiser :
- Un accompagnement avec un praticien spécialisé pour l’aider et vous aider à mieux comprendre son fonctionnement, ses besoins, ses ressources…
- D’autres approches alternatives comme l’équithérapie pour réguler ses émotions avec l’aide du cheval,
- Des méthodes comme le neuro-feedback qui travaillent sur la neuro-plasticité du cerveau.
Les méthodes pour aider votre enfant dys à s’apaiser sont donc nombreuses et variées. L’enjeu est de trouver avec votre enfant ce qui lui conviendra le mieux. N’oubliez pas une chose : c’est que pour trouver l’apaisement, votre enfant a besoin de vous sentir apaisé(e) vous aussi. Donc ne vous oubliez-pas, prenez soin de vos besoins et trouvez votre propre apaisement pour pouvoir ensuite être à l’écoute des besoins de votre enfant.
par Julie Leconte, praticienne en coaching et massage du réseau Médoucine.
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