Derrière ce désir de plaire et d’être apprécié se cache une quête universelle : celle d’être reconnu, accepté, et aimé. Pourtant, cette quête, lorsqu’elle devient une obligation silencieuse, nous pousse parfois à nous éloigner de nous-mêmes. Alors, pourquoi cette recherche d’approbation peut-elle devenir si épuisante, et quelles émotions l’accompagnent ?
L’origine du besoin de plaire
Dès notre enfance, nous apprenons que certains comportements attirent les sourires, les compliments ou l’attention. Ces réactions renforcent en nous l’idée que pour être aimé, il faut correspondre à des attentes. En grandissant, ce mécanisme devient plus complexe : nous ne cherchons plus seulement à plaire à nos parents, mais à notre entourage, nos collègues, nos amis… et parfois, au monde entier.
Dans cette dynamique, une question se pose : qui suis-je vraiment, si je suis toujours occupé à être ce que les autres attendent de moi ?

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L’impact émotionnel : entre frustration et peur
Le besoin d’être apprécié, lorsqu’il est omniprésent, génère un véritable cocktail d’émotions.
La peur du rejet
Lorsque nous cherchons à plaire, chaque signe d’indifférence ou de désapprobation peut être vécu comme un rejet. Cette peur nous pousse à redoubler d’efforts, à nous suradapter, parfois au détriment de nos envies ou besoins réels.
La frustration
À force de dire « oui » pour éviter les conflits ou pour garder une bonne image, la frustration s’installe. On se surprend à ressentir de la colère face à des situations où l’on aurait préféré dire « non ».
La fatigue émotionnelle
S’efforcer constamment de répondre aux attentes des autres est épuisant. Ce masque que l’on porte, cette façade que l’on maintient, demande une énergie immense. À long terme, cela peut conduire à une perte d’authenticité et, dans certains cas, à une forme de vide intérieur.
La tristesse
Quand on réalise que malgré tous nos efforts, l’approbation des autres ne remplit pas le manque que l’on ressent au fond de soi, la tristesse s’installe. Parce que ce que l’on cherche vraiment, ce n’est pas l’amour conditionnel, mais l’amour inconditionnel, d’abord de soi-même.

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Un regard Gestalt : vers une reconquête de soi
En Gestalt, l’épuisement lié au besoin de plaire est vu comme une rupture dans le contact avec soi-même. La question n’est pas de savoir si vouloir être apprécié est bon ou mauvais, mais de revenir à soi pour observer ce que ce besoin nous fait vivre ici et maintenant.
Quelques pistes de réflexion…
Identifier vos besoins
Quand vous cherchez à plaire, prenez un instant pour vous demander : qu’est-ce que je veux vraiment dans cette situation ? Cette question simple peut vous aider à différencier vos besoins réels de ceux que vous projetez sur les autres.
Accueillir vos émotions
Prenez le temps de ressentir ce que cette quête d’approbation provoque en vous. Est-ce de la peur ? De la colère ? Une sensation d’injustice ? Ces émotions sont des signaux précieux pour mieux comprendre ce qui se joue en vous.
Expérimenter l’authenticité
Être soi-même peut sembler risqué, mais c’est souvent libérateur. Essayez de vous exprimer sans chercher à plaire. Peut-être serez-vous surpris de constater que vos relations deviennent plus vraies, et que certaines personnes vous apprécient pour ce que vous êtes, non pour ce que vous donnez à voir.
Reconnaître vos limites
En Gestalt, on insiste sur l’importance des limites pour préserver son énergie et son intégrité. Apprendre à dire non, même si cela déçoit, est un acte d’amour envers soi-même.

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Vers un équilibre : se plaire à soi avant tout
Vouloir être apprécié n’est pas en soi un problème. Ce qui nous épuise, c’est de faire de cette recherche un impératif. Plutôt que de chercher à être aimé par tous, pourquoi ne pas commencer par vous demander : « Est-ce que je m’apprécie, moi ? »
L’épuisement disparaît quand on s’autorise à vivre dans l’équilibre : accepter que tout le monde ne nous aimera pas, mais que ceux qui le feront nous aimeront pour qui nous sommes réellement. Et cela commence par un regard bienveillant sur soi-même.
Alors, la prochaine fois que vous vous sentez fatigué à force de vouloir plaire, posez-vous cette simple question : « Qu’ai-je envie de faire pour moi, maintenant ? »
par Stéphanie Pla, praticienne en Thérapies Brèves du réseau Médoucine.
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