Les infections urinaires peuvent être vraiment handicapantes si elles ont la mauvaise idée d’être récurrentes, et en particulier si elles surviennent dans les périodes estivales, lorsqu’on est en vacances et loin de ses bases. On peut alors se retrouver démuni face à cette affection gênante et parfois très douloureuse…
Qu’est-ce qu’une infection urinaire ?
L’infection urinaire basse, appelée « cystite » touche en majorité les femmes, car l’urètre (conduit qui descend de la vessie et qui permet d’uriner) féminin est facilement accessible pour les bactéries présentes dans le colon.
Ces bactéries se retrouvent dans les zones annales et vagin-périnée. La plus courante d’entre elles est la fameuse « E.Coli », mais on peut en rencontrer beaucoup d’autres. Elle se manifeste par des brûlures mictionnelles (lorsqu’on urine), une gêne et/ou douleur au niveau du bas ventre et de la vessie, une envie incessante et pressante d’uriner, et parfois du sang dans les urines.
Les complications peuvent être la cause de visite en urgence chez un médecin. En effet, une cystite non ou mal prise en charge peut se transformer en « pyélonéphrite », infection qui touche les reins et risque de les abîmer.
Une infection urinaire doit dans tous les cas être détectée rapidement en effectuant chez votre pharmacien ou médecin des tests permettant de savoir s’il y a des bactéries anormales présentes dans les urines. Une antibiothérapie sera peut-être nécessaire (attention certains antibiotiques sont « photosensibilisant » et il faut alors fuir toute exposition au soleil).

Pexels
Comment éviter la cystite ?
Le premier moyen d’éviter la cystite : en connaître les facteurs favorisants. Ils peuvent être les suivants :
- La constipation, qui permet aux bactéries de proliférer dans la zone annale et de coloniser la zone urinaire
- Un microbiote intestinal déséquilibré et appauvri
- Porter des vêtements serrés pendant de longues heures
- Le port de sous-vêtements en matières synthétiques et/ou serrés ou type « string »
- Une consommation d’eau insuffisante, surtout en période estivale ou en cas d’activités sportives et en situation de transpiration excessive (saunas)
- Suite à un rapport sexuel, car les bactéries qui colonisent la zone vagin-périnée vont pouvoir « remonter » plus aisément dans l’urètre
- En cas d’hygiène intime trop fréquentes (douches vaginales) qui peuvent appauvrir le microbiote vaginal
- Une alimentation trop riche en sucre peut favoriser la prolifération de levures et bactéries agressives
- Boire trop de café ou manger trop d’épices peut irriter la zone urinaire et fragiliser le « terrain »
- En période de pré ou ménopause car la carence en oestrogènes déséquilibre la flore vaginale ou microbiote vaginal (bactéries protectrices)
- La prise de certains médicaments qui appauvrissent le microbiote
Les mesures à prendre pour ne pas risquer de déclencher une cystite :
- Boire suffisamment d’eau et de tisanes : au moins 1 litre et demi par jour et beaucoup plus en situation de transpiration excessive. Cela permet d’éviter que les bactéries ne colonisent l’urètre
- Bannir les vêtements et sous-vêtements serrés portés trop longtemps
- Privilégier les sous-vêtements en coton
- Manger suffisamment de fibres et boire suffisamment pour limiter la constipation chronique
- S’essuyer d’avant en arrière après être allée à la selle
- Uriner avant et après chaque rapport
- Éviter l’hygiène intime trop « poussée » et en particulier les douches vaginales avec produits de « toilette intime »
- Changer régulièrement de protège-slip ou de serviettes pour éviter la macération et donc le développement bactérien
- Limiter l’alimentation sucrée et les sodas
- Se complémenter en probiotiques régulièrement et surtout lorsqu’on est sous traitement de certains médicaments (antibiotiques notamment)
Cas particulier
Certaines « pseudo cystites » chez la femme ménopausée peut survenir avec ou sans infection bactérienne. Ces cystites post-ménopausiques s’inscrivent habituellement dans le cadre du syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) qui associe l’atrophie et la sécheresse des muqueuses vulvovaginales à des troubles urinaires (cystite, incontinence, envies fréquentes et urgentes d’uriner). Le déficit d’œstrogènes, mais aussi le relâchement des tissus qui empêchent la vessie de se vider totalement peuvent causer ces inconforts. Dans ce cas, l’apport d’ovules oestrogéniques ou une autre complémentation adéquate est à discuter avec les professionnels de santé ou praticiens de santé.

Pexels
La prévention naturelle
En plus des mesures évoquées plus haut pour éviter le déclenchement d’une cystite, il existe un vaste panel de plantes et compléments naturels très efficaces pour limiter la survenue d’une infection urinaire.
Les plantes
En matière de phytothérapie, on peut se servir des plantes antibactériennes qui « nettoieront le terrain » et limiteront la prolifération et la fixation des bactéries à la paroi de l’urêtre : busserole, Canneberge ou cranberrie + schisandra (surtout pour les infections à E. Coli) , échinacée, bruyère, thym, hibiscus, genévrier (limiter l’usage à 6 semaines maximum), ortie.
On peut également se servir des plantes qui augmentent la filtration rénale et permettent d’uriner davantage : piloselle, queue de cerise, pissenlit, bouleau, chiendent, cassis.
Ces plantes peuvent être disponibles sous forme de teintures mères liquides présentées en bouteille ou en ampoule, ou bien sous forme sèche en sachets, vrac ou en gélules ou comprimés. La gemmothérapie (extrait des bourgeons) se présentera en petites fioles et la posologie sera de 5 à 10 gouttes 3 fois par jour. On les trouve dans des herboristeries, magasins bio ou pharmacies spécialisées en produits naturels.
Pour les tisanes, on utilise environ 3 cuillères à soupe de plantes sèches pour 1 litre d’eau à infuser au moins 5 minutes pour en extraire les principes actifs.
Les huiles essentielles
Les huiles essentielles sont, elles aussi, particulièrement efficaces, car leur concentration en principes actifs est immense. Il convient donc de les utiliser avec prudence en respectant les posologies inscrites sur les contenants. Elles sont déconseillées pour les enfants avant 7 ans et pour les femmes enceintes ou allaitantes.
Les huiles essentielles les plus efficaces en cas d’infection urinaire seront : thym, sarriette, palmarosa, romarin, girofle, cannelle (éviter tout contact avec la peau), tea tree, origan. Elles devront être avalées sur un comprimé neutre, dans un peu d’huile végétale, ou sous forme de capsule déjà prête à l’emploi.

Pexels
Les mycoses
Les mycoses vaginales sont dues à un développement important de levures (micro champignons) au niveau de la paroi vaginale. L’usage de crème et d’ovule peut s’avérer nécessaire.
Il sera primordial, comme pour la cystite, d’optimiser la santé digestive et de corriger le microbiote intestinal, car il est en relation directe avec la flore intime. Une candidose intestinale sera bien souvent la cause de mycoses vaginales à répétition.
Il sera donc indispensable de faire régulièrement des cures de probiotiques contenant des souches variées (10 milliards de souches minimum) ainsi que des probiotiques spécifiques à la flore féminine en cas de cystites ou de mycoses à répétition.
Certaines mycoses surviennent particulièrement en cas de syndrome prémenstruel. On pourra les diminuer en apportant de la réglisse et alchemille pendant 20 jours avant les règles. Pour les femmes ménopausées, il conviendra de prendre astragale, réglisse et schisandra pendant 21 jours par mois. La réglisse peut être remplacée par de la cannelle en cas d’hypertension artérielle.
par Emmanuelle Chrétien Deschâtres, praticienne en naturopathie du réseau Médoucine.
Trouvez un praticien près de chez vous sur Médoucine.
À lire aussi :
