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Comment l’art thérapie peut aider le syndrome de Peter Pan ?

13 août 2024

«

Je veux rester un petit garçon toute ma vie et m’amuser

», cela résonne en vous ? Vous connaissez peut-être cet éternel enfant, angoissé à l’idée de devenir adulte parmi votre entourage ?

Le livre de Dan Kiley « le Syndrome de Peter Pan » nous permet de comprendre les souffrances, les colères ou les frustrations de certains hommes qui refusent de grandir. Insouciants, mais souvent tristes malgré une gaité feinte affichée, ils ne peuvent accéder à leurs réels sentiments et émotions.

Alors à quoi ressemble Peter Pan ?

Voici un bref portrait du syndrome de Peter Pan : Il prend racine dans l’enfance quand le père est absent ou tyrannique. La mère (sur qui repose la famille) prend appui sur son fils. Pour se protéger, le fils sépare son intellect de ses émotions et celles-ci vont rester bloquées alors même qu’il grandit et devient adulte.

Un peu « je m’en foutiste », angoissé, perfectionniste, il aime procrastiner.  Il n’a pas la maturité en adéquation avec son âge. Il se retrouve piégé entre l’homme qu’il refuse de devenir et l’enfant qu’il ne peut plus être.

Il ne peut exprimer ou très difficilement ses émotions. Enfant sensible, cet homme un peu narcissique manque de confiance en lui et a une nostalgie angoissante de l’enfance irrécupérable. Un Gaston Lagaffe qui fait tout pour résister aux habitudes civilisées car « l’irresponsabilité est la clé de la jeunesse éternelle ».

Ce « petit garçon », dans ses relations, va préférer « Wendy », qui représente sa mère, la sécurité, à la « fée Clochette », qui, libre, fait peur à Peter Pan car elle manifeste beaucoup d’émotions humaines (jalousie, amour). Elle agit en femme et non en mère de substitution comme Wendy qui se montre indulgente et maternelle envers Peter Pan.

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Comment se reconnecter à ses émotions par l’art thérapie ?

Pour ces garçons qui souffrent, voici un substitut de la « poussière magique ».

Pour remettre en mouvement cette stagnation de la maturation émotionnelle, il est important de pouvoir s’exprimer au-delà des mots, à travers le processus de création. Cette remise en mouvement passe par l’expérimentation artistique.

Le modelage

Modeler, peindre, créer des scénettes dans le bac de sable ou tout autre médium artistique permettra au « petit garçon » de prendre de la distance par rapport à ce qu’il perçoit de ses émotions et pourra les exprimer à travers ces outils artistiques. Potentiellement, cela permet de faire évoluer cette image de soi négative en reprenant confiance en soi.

Apprendre à ressentir, réduire cette frustration refoulée et donc diminuer cette angoisse lancinante va pouvoir se réaliser à travers l’argile, médium de prédilection pour Peter Pan. Le modelage a des vertus très bénéfiques, car il reconnecte, à travers la matière, le corps et l’esprit. Il permet de rassembler, de détruire et de reconstruire par les empreintes.

À travers ses projections infinies, l’argile permet de matérialiser la relation à la mère qui va pouvoir se faire autrement et une réparation peut alors être possible. Ce médium malléable dont les propriétés sont d’être saisissable, réceptif et sensible, bref, c’est la matière « suffisamment bonne » comme dirait Donald Winnicott avec ses 3 fonctions maternelles indispensables pour le développement de l’enfant. (la manière dont la mère soutient et porte l’enfant physiquement et psychiquement).

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Réparer à travers le jeu

Pour réparer cette image de soi négative de Peter Pan, les médiations pourront mettre en valeur des dons que la personne ne voit pas à travers ses productions. Pour cela, les jeux de rôles peuvent permettre de s’affirmer, de parler de ses peurs et suggérer des alternatives.

L’intérêt de l’art thérapie est d’utiliser une matière pour médiatiser la relation entre accompagné et accompagnant. Cette matière sert d’intermédiaire pour exprimer son vécu, ses souffrances à travers le jeu. Le jeu va susciter un éprouvé, celui d’avoir créé lui-même ce qu’il trouve dans ces objets, une sensation, voire une émotion.

Les médiations trouvent leur sens où l’intégration d’expériences douloureuses n’a pas pu être faite à l’instant T. Les mécanismes de défense mis en place alors peuvent se relâcher, car le travail va offrir une 2e chance d’intégration à ces expériences.

La posture du praticien pourra faciliter le retour d’expériences non intégrées, de les loger dans la matière, de les explorer en leur donnant une forme de symbolisation. Petit à petit, « Peter Pan » symbolise ses expériences et les intègrent différemment.

Réapprendre à communiquer pour l’entourage de « Peter Pan »

La Communication Non Violente (CNV) permet également d’accompagner l’homme ou le couple en parallèle de l’accompagnement par les arts pour s’exprimer en disant « Je » et non « tu ».  Réduire la frustration refoulée, s’exprimer pour accepter sans blesser l’autre.

Prendre conscience que pour la femme d’un Peter Pan, il est important qu’elle cesse de jouer à la maman « Wendy » en se sacrifiant pour son conjoint. C’est la clé pour pouvoir se transformer en « fée clochette ».

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Pour conclure, accorder sa patience, son respect, ne pas juger ou interpréter, écouter ses besoins tout en préservant ceux des autres sont la base de l’art thérapie humaniste et une voie pour revenir du pays du « jamais jamais ». Alors, pour se reconnecter à soi-même, essayez donc de peindre, modeler, dessiner, danser en étant accompagné par un professionnel pour revisiter les expériences et changer votre rapport au monde et à vous-même.



par Nathalie Bruyere, praticienne en art thérapie du réseau Médoucine.

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