
Comment évaluer scientifiquement les approches de santé non médicamenteuses ? La conférence “Quelle approche pour la recherche dans le domaine des pratiques complémentaires ?”, tenue lors de la 2ᵉ édition des Assises des pratiques complémentaires le 19 février 2025, s’est penchée sur cette question essentielle. Voici un résumé des échanges.
À l’heure où les pratiques complémentaires suscitent un intérêt croissant, notamment de la part des patients, la recherche joue un rôle clé pour en valider les effets et favoriser leur intégration dans les parcours de soins. Cette conférence a permis de faire le point sur les enjeux méthodologiques, scientifiques et institutionnels liés à ce défi.
Mieux définir les interventions non médicamenteuses
Les approches complémentaires recouvrent des pratiques variées : activité physique adaptée, thérapies manuelles, nutrition, relaxation, etc. Pour pouvoir les évaluer, il est nécessaire de les encadrer par des protocoles clairs, reproductibles et rigoureux, à l’image de ceux utilisés en médecine conventionnelle.
Des regards croisés sur l’évaluation
Deux visions se distinguent souvent dans la recherche : celle issue du modèle biomédical, axée sur les données mesurables (comme les biomarqueurs), et celle plus globale du modèle biopsychosocial, qui prend en compte l’expérience vécue par le patient. Ces approches ne s’opposent pas mais peuvent se compléter.
Une évaluation qui conjugue objectivité et subjectivité
Les experts ont souligné l’intérêt d’associer des méthodes quantitatives (statistiques, essais cliniques…) à des méthodes qualitatives (entretiens, récits de patients…), afin de mieux comprendre l’impact réel de ces pratiques sur la santé et le bien-être.
Vers une reconnaissance institutionnelle
La mise en place de cadres de recherche adaptés est indispensable pour aller vers une reconnaissance plus large de ces approches. Cela permettrait à terme leur intégration dans les parcours de soins remboursés, à condition de démontrer leur efficacité et leur sécurité.
Un enjeu collectif pour la santé de demain
Le développement de la recherche sur les pratiques complémentaires suppose une collaboration étroite entre chercheurs, soignants, praticiens et institutions. L’objectif commun : répondre aux attentes des patients tout en garantissant des standards de qualité.
Intervenants :
• Grégory Ninot – Président de la société savante NPIS, directeur adjoint de l’Institut Desbrest d’Épidémiologie et de Santé Publique (UMR 1318), chargé de recherche à l’Institut du Cancer de Montpellier
• Pr Laurence Verneuil – Professeure des Universités et Praticienne Hospitalière, vice-présidente Recherche du Collège universitaire des médecines intégratives et complémentaires (CUMIC)
Modération : Solange Arnaud – Fondatrice de Médoucine
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