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Ethique et déontologie en pratiques bien-être : à quoi ca sert?

23 juillet 2024

Dans les pratiques de bien-être, les questions d’éthique et de déontologie se doivent d’être centrale pour répondre avec justesse aux besoins de tous…

Ethique

L’éthique est une notion datant de l’Antiquité, venant du grec êthos, « lieu de vie ; habitude, mœurs ; caractère, état de l’âme, disposition psychique » et du latin ethicus, « qui concerne la morale, éthique ». Ce terme est parfois synonyme de morale puisque ce dernier mot a été utilisé pour traduire le concept d’éthique des philosophes grecs antiques.

Pour des philosophes tels qu’Aristote ou Kant, l’éthique a pour but de définir ce qui doit être. L’éthique exprime des énoncés normatifs, prescriptifs ou encore évaluatifs parmi lesquels on trouve des impératifs catégoriques.

Déontologie

L’auteur de ce terme est le juriste anglais Jeremy Bentham et le mot « déontologie » apparaît pour la première fois en français dans la traduction (1825) de son ouvrage « Essai sur la nomenclature et la classification des principales branches d’Art et Science ».

D’après le Larousse, la déontologie est un ensemble de règles et de devoirs qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l’exercent, les rapports entre ceux-ci et leurs clients et le public.

Différence entre déontologie et éthique

Contrairement à la déontologie qui consiste en un ensemble de normes, l’éthique s’appuie sur des valeurs qui présupposent une certaine organisation sociale ou personnelle. Réussir à faire coïncider éthique et déontologie permet donc de suivre des règles, à titre professionnel et/ou personnel, qui font que ces règles ne sont pas des contraintes ou des normes imposées, mais plutôt un fonctionnement réfléchi et personnel que l’on décline aussi bien dans sa sphère privée que dans sa sphère professionnelle.

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Déontologie et éthique : facteurs de légitimité et avantage concurrentiel

Des facteurs de légitimité

  • Avoir une formation initiale solide correspondant aux outils proposés.
  • Savoir expliquer clairement sa pratique, ce qu’on fait ou non, justifier ses protocoles.
  • Structurer sa pratique autour de principes bien identifiés : dans le cadre du bien-être du client, quels outils ou protocoles utiliser ou éviter ?
  • Réaliser une veille documentaire et technique régulière.
  • Contribuer au maillage social/humain à l’échelle locale et/ou nationale.
  • Continuer à se former afin de bien connaître la pratique orthodoxe de son outil.

Des avantages concurrentiels

  • Avoir conscience et suivre les valeurs portées par notre pratique.
  • Ne pas dériver les protocoles sans prévenir les clients, obtenir leur accord.
  • Savoir quel bénéfice est apporté au client quand on mélange deux outils de bien-être.
  • Respecter la personne accompagnée : respecter les contre-indications de nos pratiques, informer au mieux, recueillir le consentement, savoir réorienter si nécessaire.
  • Rester dans son cadre de compétence, ne pas se substituer à un professionnel de santé.
  • Garder une confidentialité et une neutralité par rapport aux échanges avec les clients.
  • Avoir conscience des limites et des possibilités que proposent nos accompagnements.
  • Ne pas nuire à l’image et à la crédibilité de la profession, ni aux personnes accompagnées.

Un moyen de rester dans un cadre consensuel

Respecter ces normes n’empêche pas le risque de poursuites judiciaires ou des attaques de notre crédibilité ou de notre réputation professionnelle.

Cependant, les respecter peut limiter les risques d’incompréhension, et donc de conflit ou d’atteintes à notre intégrité professionnelle.

Par ailleurs, c’est plus facile d’expliquer ce qu’on fait lorsqu’on a une compréhension globale des valeurs et des outils que l’on défend.

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Cadre légal des pratiques bien-être en France

En France, les pratiques liées au bien-être ne sont pas réglementées, et n’importe qui peut se réclamer de ce type de pratiques, avec ou sans formation.

N’est pas soignant qui veut

En France, le personnel de santé a le monopole et est seule habilitée à réaliser des actes médicaux ou à utiliser la terminologie médicale.

Toutefois, ces professionnels doivent suivre les instructions de leur ordre. Par ailleurs, ils ne peuvent s’installer qu’en tant que soignants. Ils ne peuvent pas mettre en avant une pratique bien-être dans le cadre de leur installation. Mais ils peuvent en utiliser de façon courante dans leur pratique médicale : hypnose, MTC…

Les praticiens bien-être ne peuvent intervenir sur ce cadre médical que s’ils sont eux-mêmes médecins ou soignants. Du point de vue sémantique, on ne peut donc pas soigner, guérir, traiter, établir un diagnostic.

Des collaborations possibles

Des passerelles existent : des soignants qui collaborent avec des praticiens bien-être dans une structure adaptée par exemple. Ou qui recommandent une pratique compatible avec le traitement prescrit.

Les praticiens bien-être peuvent intervenir à titre complémentaire auprès de personnes ayant certaines pathologies ou traitements. À la seule condition qu’ils ne se mêlent pas de la partie médicale.

Ces accompagnements peuvent consister par exemple à mieux vivre son traitement médical, par exemple sur la base des ressentis liés à celui-ci.
Ils peuvent également mobiliser les ressources internes des clients pour faciliter leur rapport à ces soins. Par exemple en limitant le stress induit par la découverte de la pathologie, ou les difficultés liées au traitement en cours ou à venir.

… Ou pas

Il est également possible de travailler sur des accompagnements relevant uniquement du développement personnel auprès de personnes n’ayant aucun problème médical.

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Conclusion

Les valeurs éthiques et les normes déontologiques sont parfois difficiles à concilier, ou mènent parfois à des cas de conscience. Certes, elles ne contribuent pas forcément à la réussite ou la reconnaissance de notre pratique auprès du grand public. Cependant, elles permettent néanmoins de préciser le pourquoi et le comment de notre pratique. Ils permettent également de pouvoir communiquer en gardant cohérence et intégrité. Ou encore de partager une expérience commune avec les praticiens relevant de notre spécialité. Et donc d’avoir une cohérence dans le langage et les pratiques utilisées. Et enfin la possibilité pour le grand public d’avoir une compréhension claire de ce que nous proposons.

Communiquer de façon transparente sur sa pratique permet également d’envisager une approche hybride des outils que l’on utilise, tant que le client est d’accord et informé de cette approche hétérodoxe.

Par ailleurs, si le secteur du bien-être vient à se réglementer un jour, les praticiens ayant déjà la base éthique et déontologique de leur pratique auront plus de facilités à se mettre à jour face à la loi.

 

par Raphaël Thiebaut, praticien en sophrologie du réseau Médoucine.

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