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Vous méritez une thérapie féministe… et bienveillante!

27 mai 2024

Quel que soit le domaine, on nous vend la « neutralité » comme une valeur forcément saine. Une neutralité parfaite qui devrait d’ailleurs aussi se retrouver dans le domaine thérapeutique. Mais face à un monde patriarcal, dans lequel les violences sont systémiques, notamment envers les femmes et les minorités de genre, j’ai personnellement fait un choix : je suis une thérapeute ouvertement féministe.

Pour être thérapeute, il est préconisé entre autres d’être soi-même supervisé.e par un.e thérapeute. Il y a quelques années, j’ai donc commencé moi-même à « voir quelqu’un », et au bout de plusieurs rendez-vous infructueux, j’ai arrêté mon choix sur une thérapeute qui m’a aidée à transformer ma vie, et à être sûre que je prenais mes décisions pour moi.

Mais ce que je n’avais pas anticipé a été la difficulté de trouver une thérapeute qui prenait en compte dans son discours la réalité du monde dans lequel nous vivons.

Ne pas prendre en compte les violences systémiques n’est plus possible

Si tu as ouvert cet article, tu as déjà probablement croisé certains des chiffres qui suivent (et qui concernent tous la France) : en 2020, seuls 0,6% des viols déclarés par des majeur.e.s ont fait l’objet d’une condamnation ; Le collectif #NousToutes évoque 134 féminicides en 2023 ; D’après la dernière enquête du Haut Conseil à l’égalité datant de janvier 2024, 25% des hommes de 25-34 ans pensent qu’il faut parfois être violents pour être respecté ; Une femme a six fois plus de risque d’être quittée après la découverte d’une maladie grave, qu’un homme dans la même situation ; En 2022, toujours dans l’hexagone, les agressions physiques à caractère homophobe étaient en hausse de 28 % par rapport à 2021, les amenant à une tous les deux jours, selon le porte-parole de SOS Homophobie. En un an, les témoignages de transphobie ont ainsi augmenté de 27 %. Et dans 20 % des cas, cette violence s’exprime dans les commerces et les services. Refus de soins, de servir la clientèle ou de respecter le genre d’un élève à l’école. SOS Homophobie parle même sur son site d’une « transphobie du quotidien ».

Aujourd’hui, nier ces informations, et ne pas les prendre en compte, même dans le cadre thérapeutique, me parait impossible. Ne pas prendre en compte que quelqu’un, en fonction de son profil, puisse être à l’intersection de plusieurs formes de violences systémiques serait tourner le dos à bien trop d’info pour « bien » accompagner cette personne.

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De l’importance de dire d’où l’on parle

…Que j’ai été journaliste pendant près de dix ans ! Et je le suis d’ailleurs toujours, en partie, car j’ai co-fondé un média féministe et inclusif il y a trois ans et demi avec des collègues. Un média, qui m’a permis de me spécialiser sur les questions de féminisme. Et des compétences que j’ai décidé de conserver et d’inclure dans les outils d’empouvoirement que je propose dans le cadre thérapeutique.

Mais au fait, pourquoi je te raconte tout ça ? Pourquoi cet article est en « je » ?

Parce que, comme beaucoup de militant.e.s l’ont démontré (je pense notamment à l’afro-féministe bell Hooks, qui le rappelle dans ses livres ; ou au créateur de podcast Thomas Messias, qui commence chacun de ses podcasts de ‘Mansplaning’ par ce fameux « Je suis un homme blanc, hétéro, cisgenre »)  il est fondamental de dire d’où l’on parle.

Car c’est ce qui permet de reconnaitre ses privilèges, et donc aussi de montrer à son interlocuteur.ice que l’on a conscience des limites de ses propres expériences et de notre perception de la vie. Et si on se présente honnêtement, alors c’est là que la rencontre peut s’opérer réellement. Personnellement, je peux donc te dire que je suis une thérapeute, ex-journaliste spécialisée sur les questions féministes et LGBTQIA+. Également que je suis blanche, valide et issue de la classe moyenne.
Et féministe, mais ça tu l’auras compris.

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Le choix de l’écriture inclusive

Les mots ne sont pas neutres. Et j’ai reçu cette claque il y a quelques années, lors de l’interview d’une artiste féministe que j’adore. Mère, à l’époque, d’un petit garçon de cinq ans, elle me disait qu’elle avait eu un choc le jour où, se trouvant avec une amie à elle, le trio s’est mis à tout genrer au masculin pour suivre la règle d’accord majoritairement établie. Sauf que ce jour-là, cette artiste s’est tournée vers son amie, et lui a dit ceci : « Tu te rends compte, il a cinq ans, il est avec deux adultes. C’est nous qui prenons soin de lui… Pourtant pour respecter le Français on devrait dire « ils » ou encore « nous sommes contents » pour parler de nous trois. Comme si sa présence avait plus de poids que celle de deux femmes adultes ».

Il est également fondamental pour moi que tout le monde se sente inclus.e. Alors tu l’auras sans doute noté, je mets des .e après certains de mes mots. J’utilise l’écriture inclusive. Et c’est aussi la manière dont je parle.

Le but ? Pas te donner une migraine de l’espace, juste m’assurer que dans une pièce, j’inclus chaque personne qui s’y trouve. Et que, que ton pronom soit elle, iel, il, tout est ok. L’important, c’est que ce pronom soit le bon pour toi. Celui qui te permet de dire au monde ça, c’est moi ».

Autre argument pour expliquer ce choix de la parole et de l’écriture inclusive : dire ses mots au masculin comme au féminin permet d’ouvrir le champ de nos rêves, notre manière de nous projeter dans des projets, dans des possibles.

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De l’importance de la bienveillance

Dernière chose et non des moindres : oui, tu mérites un.e thérapeute qui soit bienveillant.e avec toi. Tu mérites qu’en face la personne te réponde. Tu mérites de te sentir accompagné.e et écouté.e quand tu racontes quelques chose qui est difficile pour toi, et que tu viens peut-être d’avoir le courage de dire pour la première fois. Tu mérites que cette personne prenne des nouvelles. Tu mérites d’être cru.e. Tu mérites que cette personne ait une lecture réaliste du monde dans lequel on vit. Tu mérites de dire ta vérité et qu’en face il n’y ait aucun jugement.

Ce non-jugement, je l’ai trouvé dans les thérapies dites « brèves » : ces thérapies qui utilisent la PNL (Programmation Neuro Linguistique), l’hypnose, la thérapie familiale et systémique, etc. Car toutes ces formes de thérapie ont un point commun : que la/le thérapeute se mette en « position basse » par rapport à la personne qui vient consulter.
Ce qui veut dire : partir du principe que la/le thérapeute ne sait pas mieux que la personne qui vient consulter ce qui est bon pour elle/lui/iel. Conserver une « position basse », sortir du rôle de sachant.e tout.e puissant.e, c’est aussi cette idée que nous avons chacun.e en nous des ressources inexploitées. Dès lors, un.e thérapeute specialisé.e en thérapie brève, n’est que là pour t’accompagner à raviver, trouver, retrouver, faire jaillir ces ressources dont tu as besoin aujourd’hui.

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J’ai voulu écrire cet article pour partager ma vision de la thérapie. Aussi parce que, plus haut je suis rapidement passé dessus, mais en vérité j’ai mis de longs mois à trouver la mienne, de thérapeute. J’avais rêvé d’un.e thérapeute bienveillante, à l’écoute, capable de détecter quels outils seraient les plus parlants et efficaces pour moi et… quitte à rêver, je voulais aussi qu’elle soit féministe. Finalement j’ai eu mes trois premiers critères, pas le dernier. Puis un jour, j’ai eu une révélation : et si je devenais moi, cette thérapeute que j’ai si longtemps cherchée ?

 

Sources :

 

par Jessica Martinez, praticienne en hypnose et PNL du réseau Médoucine.

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